Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 19:20

IMGP5665 Titicaca

De Cusco à l'altiplano

 

Cuzco - DesaguaderoNous voilà à l'orée de notre dernière étapeà vélo de notre voyage. Notre ultime point de chute avant de revenir en France, sera La Paz. Nous longeons l'aéroport de Cuzco, la circulation est dense, comme toujours aux abords des agglomérations. L'incivilité ou plutôt la bêtise de certains conducteurs nous énervent, ils n'hésitent pas à s'arrêter devant nous en nous faisant des queues de poisson ou s'amusent à nous frôler. Nous répliquons par des coups sur leur carrosserie.

 

IMGP5281 PikillaqtaAprès 30 km, un colombien, Hugo, voyageant également à vélo, nous double aisément. Il est assez peu chargé ("version light") et vient de passer deux mois à Cuzco. Il continue vers Juliaca puis Arequipa. Après la première partie en faux-plat descendant, nous amenant à 3100m, nous entamons ce qui doit être notre dernier gros col. Nous passons à côté IMGP5288 Pikillaqtade Pikillaqta (la citée de la puce), construite par la civilisation Wari (pré-inca, 600-900 après JC). Cet empire avait pour capitale Wari, à 25 km au nord d'Ayacucho (ou Huamanga en quechua). Cette cité fut le symbole et le centre administratif le plus important de l'état Wari dans la province de Cuzco. Elle comprenait à la fois un centre cérémoniel et le lieu de résidence des nobles, des prêtres et des travailleurs temporaires (intérim, CDD...). On peut y voir des murs aux pierres ajustées, comme quoi cette technique n'était pas une innovation des incas ! 

 

IMGP5331 Route...Nous rejoignons la vallée d'Urcos, ville bordée par une jolie lagune, et par là même, le río Vilcanota que nous allons suivre plusieurs jours, jusqu'à ses sources. En fin de journée, après 77 km, nous retrouvons Hugo, couché au soleil sur le bord de la route, casque de baladeur sur les oreilles. Avec lui, nous campons dans les ruines d'une hacienda appartenant à un péruvien de Lima et une espagnole de Cordoue.

IMGP5307 Raqchi 

Pendant le petit-déjeuner, notre ami nous raconte qu'il a eu la peur de sa vie durant la nuit : l'esprit de la maison lui aurait rendu visite (et lui aurait donné des fessées...) !!! A notre départ, il fait sa séance de méditation quotidienne, tranquille, alors que la veille il s'amusait de savoir que nous ne pédalions pas avant 8h30/9h.

 

 

IMGP5374 Bornes !!!Le paysage se jaunit au fil des kilomètres, c'est l'époque de la moisson (blé, avoine). Beaucoup n'ont pas de machines et récoltent à la main, faisant des gerbes coupées à la faucille puis des meules rondes, comme dans nos imagiers. La vallée est assez ouverte et les montagnes environnantes sont plutôt érodées et petites malgré l'altitude où nous nous trouvons (3700m). Après Combapata, où la veille les villageois bloquaient de la route pour dénoncer la privatisation de l'eau (ils ont bien raison !), nous rentrons sur un large plateau, toujours entourés de moyennes montagnes. Dans le village de Raqchi se situe le temple le plus grand et le plus beau construit en mémoire de Wiracocha Pachayachachi (faiseur du monde). Il est formé de 4 nefs de 92m de long et 25m de large. A l'intérieur de la structure, se trouve un mur médian formé de pierres sculptées et d'adobe de plus de 12m de haut. La structure est complétée par 22 colonnes cylindriques IMGP5327 Pont amazonienqui soutiennent les toits de ce temple de plus de 2300m2de superficie. Nous campons peu après la ville de Sicuani où nous avons rejoint Hugo qui flânait au bord du río. Si vous zonez sur la photo, vous verrez de petits personnages, mais pas sûr que Bart soit d'époque !

 

Moins de 40km nous sépare de l'Abra La Raya à environ 4310 m d'altitude (comme souvent les différentes infos ne coïncident pas : 4338, 4321, 4312...). Mais pour les kilomètres, c'est parfois aussi difficile que pour l'altitude de s'y retrouver ! Nous passons le long de sources d'eau chaudes, village bien nommé Agua Calientes (eaux chaudes !). Pour traverser le torrent, un pont amazonien en corde !

 

IMGP5345 Abra de La RayaLes cultures se raréfient pour laisser place à la pampa avec quelques sommets faiblement enneigés aux alentours. Le vent est toujours de dos, ce qui nous arrange bien. Au passage du col, nous quittons la région de Cuzco pour entrer dans celle de Puno et sur le fameux Altiplano. Après une petite descente, nous nous arrêtons pour le repas et Hugo, à cours de tout, profite bien de notre pain ! Nous roulons sur la grande plaine menant au Lac Titicaca, seulement quelques collines émergent. A part une partie sur la côte, vers Chiclayo, c'est la première fois du voyage que nous enchaînons les kilomètres à plat et cela, alors que nous sommes à 3900m d'altitude. Le soleil est accablant la journée, sans être chaud ; par contre, dès qu'il se couche, le froid se fait intense.

 

IMGP5405 Rio Pucará vers JuliacaNous trouvons refuge auprès de pauvres éleveurs : quelques moutons, une ou deux vaches et une maison en adobe. Ils fabriquent eux-mêmes leurs briques de terre crue. Notre compagnon colombien tente vainement de planter deux bouts de bois dans le sol sec pour installer son hamac. Il voyage sans tente ni sac de couchage. Heureusement les gens de la ferme lui prêtent des couvertures pour améliorer sa nuit. Il nous propose de préparer à manger avec notre réchaud, car il lui reste peu d'essence et pas de quoi en racheter. Nous acceptons mais il semble surpris que nous ne préparions rien de notre côté. Le dîner est frugal : 250g de pâtes à trois...

 

IMGP5393 Flamands rosesAu matin, nous partons une nouvelle fois avant lui mais cette fois-ci avec l'espoir de ne plus le revoir ! Il profite un peu trop de notre gentillesse à notre goût. Après un arrêt à Ayaviri, où les villageois fêtent des mariages tout le mois d'août, nous poursuivons le long du río Pucará où Pauline aperçoit ses premiers flamands roses (orientée par son compagnon, parce qu'elle a la tête dans le guidon !). Le paysage change peu mais les kilomètres défilent. Nous trouvons refuge pour la nuit près d'une ferme tenue par 2 femmes : elles ont un beau troupeau de moutons, avec beaucoup d'agneaux, quelques lamas et quelques vaches.

 

Le soleil réchauffe vite l'atmosphère de début de journée. En guise de petit-déj', nous assistons à l'exécution d'un mouton ainsi qu'à un cours sur son anatomie. Pauline ne se sent pas au mieux −pas à cause du mouton...− et nous pensons nous arrêter à Juliaca. Sur le chemin, un colectivo frôle de tellement près Nico qu'il lui arrache la fermeture de la sacoche arrière, nous sommes furieux, surtout qu'un peu plus loin, un jeune s'amuse à lui lancer une pierre. Il y a des jours où l'envie de rentrer se fait pressante.

 

IMGP5425 Mouton avant...Plus loin, nous faisons une rencontre qui nous redonne du baume au coeur : Michel et Sonia, 2 suisses. Ils voyagent également à vélo depuis 1 an. Ils ont visité la France, l'Espagne, Cuba, l'Argentine, le Chili, la Bolivie et finissent mi-septembre en Equateur. Michel a parfois aussi des envies de péruanicide... Sonia nous tempère en nous disant que la vie est comme ça par ici. Nous nous quittons, chacun dans notre direction. Nous atteignons le terme de notre étape, Juliaca, ville bien peu jolie. Nous y trouvons tout de même un hôtel avec une douche brûlante très agréable.

 

 

Sillustani

 

IMGP5557 Sillustani

 

IMGP5547 Chulpa écroulé SillustaniIMGP5493 Chulpa SillustaniLe lendemain, nous faisons peu de bornes pour nous rendre à Sillustani. Le site est un grand cimetière des époques pré-inca et inca. Les tombes, en forme de tours (Chulpas), se trouvent sur une presqu'île du majestueux lac d'Umayo. Pendant que certaines continuent les fouilles archéologiques, d'autres, malgré les interdictions,  trouvent une utilisation contemporaine à ces pierres empilées... L'endroit invite à la quiétude de part sa beauté et sa tranquillité. Les ancêtres andins n'avaient pas choisi n'importe quel endroit pour leur dernière demeure.

 

Sur le chemin, nous rencontrons des vaches aux moeurs spéciales : elles semblent beaucoup aimer le bain ! Nous voyons aussi de  petites haciendas, à l'architecture typique, qui offrent le gîte. Nous préfèrons le conort de notre tente.  

 

IMGP5458 Gîte SillustaniIMGP5573 Vaches dans le bain SillustaniNous trouverons à camper à l'Université agricole de Puno, entourés d'alpagas et de moutons. Près du site, nous pouvons également admirer les Warus-Warus , système d'irrigation datant de 1300 avant JC, qui permet d'augmenter les rendements sans utiliser d'engrais. Les peuples andins étaient vraiment des experts en agriculture intensive !

IMGP5483 Place rituelle inca Sillustani

 

 

Le lac Titicaca et la frontière péruano-bolivienne

 

IMGP5613 Baie de PunoL'axe Juliaca - Puno est l'un des pires que nous ayons emprunté. L'attitude des péruviens sur la route désespère Nico. Nous sommes sans arrêt klaxonnés et frôlés de vraiment trop près, puisqu'ils se croient invicibles. Pauline préfère faire du tire aux pigeons avec les voitures doublant face à nous. La vue sur le Lac Titicaca, superbe, compense notre peine. Il se trouve à 3812 m d'altitude, fait 175 km de long (204 km suivant les infos), 284 m de profondeur et couvre 8340 km2 (ou 8562 km2...). 4388 km2pour la Haute-Savoie, 5915 km2 pour la Seine et Marne, 27.6 km2pour le lac d'Annecy et 581 km2pour le lac Léman. Y'en a qui aiment les chiffres...

 IMGP5648 Vue real Titicaca

Nous passons assez vite Puno, puis nous suivons les berges du lac par Chucuito, la Cordillère Real en toile de fond avec l'Illampu et l'Ancohuma. Après 90 km, nous campons vers Cutiri, accueillis par une très gentille famille. Ils nous proposent de dormir entre 4 murs mais nous préférons notre tente (plus de 100 nuits passées dedans depuis le début du voyage). Ils sont étonnés et pensent que nous allons geler. Par ici, le dialecte a changé, on est passé du quechua à l'Aymara. Leur drapeau, bien que gardant les couleurs de l'empire inca (Tiwantinsuyo), est un damier, représentant .

IMGP5659 Titicaca 

Peu après notre départ, vers Juli, nous échappons de peu à l'imbécibilité d'un chauffeur de bus. A la sortie d'un virage, il empiète au 3/4 sur notre voie et nous loupe de peu... Nous avons qu'une hâte, c'est de quitter ce pays, ce qui est bien dommage. La rive est encore très jolie jusqu'à Pomata, ville philosophique de l'Altiplano..., nous apercevons la Isla Del Sol et Copacabana. Nous avons une pensée pour la maman de Nico qui n'a pas pu voir ce lac. Pauline fait beaucoup de photos pour lui en faire profiter un maximum.

 

IMGP5657 TiticacaNous nous arrêtons à Pomata pour prendre notre dernier almuerzo péruvien. Nico se fait accoster par une soeur de Saint-Vincent de Paul qui connaît quelques mots de français. Nous reprenons notre chemin, direction Desaguadero. Cette route est moins fréquentée et plus courte jusqu'à La Paz, que celle de Copacabana,et surtout nous permet de passer à côté du site de Tiwanaku. Les derniers kilomètres pour rejoindre la

frontière sont un peu pénibles avec le vent de face, mais nous

IMGP5682 Guaqui

sommes déterminés ! Les formalités administratives se passent bien, nous avons passés quasi 6 mois au Pérou et nous avons d'emblée 90 jours de visa en Bolivie alors que nous allons y rester que 15 jours. Nous continuons jusqu'à Guaqui, la route est agréable et les paysages sur le lac aux lueurs du soir sont superbes. Ça sera pas si mal pour aujourd'hui car nous cumulons plus de 100km à 3800m d'altitude, l'acclimatation semble bonne ! 

 

 

 

Tiwanaku

 

IMGP5747 Ovation porte de la Lune Tiwanaku

 

IMGP5739 Pachamama TiwanakuBolivie - Desaguadero La PazUne petite heure de pédalage nous amène à Tiwanaku (ou Tihuanaqu ou Tiawanaku, comme vous voulez, ici il y a souvent plusieurs orthographes pour un même lieu...). Ce site est la capitale Aymara ou de la civilisation Tiwanaku qui a existé sur plus de 2000 ans pour s'éteindre vers 900 après JC. Elle est une des origines de l'empire inca, comme la civilisation Wari.

 

IMGP5703 TiwanakuPour ce qui est des ruines, seuls le temple Kalasasaya, où l'on peut voir la porte du soleil, et le temple semi-souterrain sont intéressants. Le premier se compose de pierres impressionnantes, tandis que le deuxième comporte, insérées dans les murs, 120 têtes de pierre volcaniques anthropomorphes. Le reste n'est que ruines à moitié découvertes. Nous vous conseillons de prendre un guide pour mieux comprendre le site comme l'ont fait des amis. Quant aux musées, l'ancien est assez sommaire. Nous apprenons tout de même des hippocampes peuplent le lac Titicaca, preuve IMGP5686 Tiwanakuqu'il était probablement relié à l'océan dans des temps anciens. Par contre, le nouveau est carrément pitoyable : déjà en travaux car tout s'effondre... Par chance, la grande statue représentant la Pachamama, déesse de la terre, le Bennett, est accessible.

 

Après cette visite, un peu décevante, nous reprenons la route jusqu'à Tambillo, en passant le col Lloco Lloco à 4038m. De là, nous pouvons IMGP5775 Dernier col Llloco LLocoadmirer la plaine menant à El Alto, l'Altiplano continuant plus au sud et toute la cordillère Real, de l'Illimani à L'Illampu en passant par le Huayna Potosí entre autres. Seulement 50 km nous sépare de La Paz. Les émotions sont mitigées, nous sommes tristes d'être à la fin du voyage et heureux de bientôt retrouver nos familles et la douceur de la France. Nous profitons de notre dernière soirée sur la "route".

 

IMGP5729 Porte du Soleil Tiwanaku

 

LA PAZ !!!!!!!

 

IMGP5801 Ovejas TambilloLe froid est toujours vif au matin et seuls les premiers rayons, vers 6h30/7h (heure péruvienne !), nous permettent d'envisager de sortir du sac du couchage. Les boliviens sont beaucoup moins virulents (que leurs voisins péruviens) sur la route, par contre il y a IMGP5833 Illampu Tambillotoujours autant d'animaux écrasés. Les chiens sont les plus nombreux mais nous avons également vu une vache et un âne. C'est vrai que ces animaux débouchent  fréquemment et très rapidement sur la voie et qu'il est difficile de les éviter...

 

IMGP5865 Ladron La PazIMGP5856 LajaL'arrivée sur La Paz se fait bien, nous sommes doublés par un groupe de motos-taxi anglais que nous avions déjà vus au Titicac. Puis un camion en panne : le conducteur est resté au voalnt tandis que sa moitié a plongé dans le moteur ! L'Illimani et le Huayna Potosí domine majestueusement la capitale bolivienne qui débute par El Alto. Cette ville, située à 4000m d'altitude, regroupe la population pauvre de la mégapole. C'est sûrement le seul quartier pauvre à être situé sur les hauteurs par rapport aux zones riches ! Sa traversée n'en finit pas mais en pleine journée, nous sommes peu inquiétés. Est-ce à cause des avertissements en forme de pantin proclamant que tout voleur sera linché et brûlé ?  L'arrivée au-dessus de la cuvette de La Paz est impressionante. La citée s'étale sur des kilomètres et remontent de partout les flancs de la vallée. Nous trouvons assez vite un hôtel dans le IMGP5869 La Pazquartier touristique, les vélos sont mis au placard... Pauline aurait bien aimé continuer ; de son côté, Nico a plus besoin d'autres plaisirs sans mettre une croix sur ce moyen de transport pratique, écologique et assez valorisant tout de même (!). Pour nos 10 derniers jours, nous allons commencer par bien nous reposer, profiter de cette si particulière capitale et pourquoi pas envisager une ascension pour nous dégourdir les jambes !

 

 

IMGP5848 Gamin au fouet

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 20:33

IMGP4508 Mantaro

 

Jauja - AyacuchoFinis les matchs de foot à Jauja : nous repartons le mardi 29 juin, juste avant l'anniversaire d'Alain, de Mireille et de Françoise. Nous empruntons la route rive gauche du Mantaró et les kilomètres défilent avec plaisir, puisqu'il nous faut 2h pour atteindre Huancayo, à une bonne quarantaine de bornes. La ville semble plutôt agréable. Cependant, nous ne nous arrêtons que pour demander renseignements à la police quant à la direction à prendre.

 

IMGP4476 PampacruzA la sortie de cette grande agglomération, nous nous trompons ce qui rajoute 5 km à notre compteur. Pause déjeuner pour profiter du bon pain de Jauja, juste avant d'attaquer la montée, car la route fait faux-bond au Mantaró. Bien que la côte soit raide, les paysages nous ravissent : le blond des blés mûrs contraste avec le rouge de la terre. Vers 15h30, après Cullhuas, nous trouvons un terrain d'herbe derrière des maisons. Nous n'y rencontrons que 2 enfants, Edmilia (8 ans) et son frère Rafael (12 ans), avec lesquels nous entamons un match de foot, difficile pour nous car nous sommes à 3650m. Nico va acheter du Kola Real à "déguster" ensemble pour nous IMGP4487 Champs Acostamboremettre de nos efforts. 

 

Le reste de la famille rentre des champs un peu plus tard : la maman et l'oncle, le père travaillant à la mine vers Arequipa, rentre rarement. Du coup, la tante s'arrête discuter, ainsi que les voisins. Ils sont intéressés et agréables, surtout que pour une fois, on nous appelle tio et tio (tonton et tata) plutôt que gringo et gringa !

 

 

IMGP4482 Abra TelleriaLe lendemain, il ne reste que 9 km avant le col, abra de Telleria, à 3911m. S'en suit une descente vertigineuse, d'abord fraîche puis la température s'élève quand nous rejoignons le Mataró, à la vallée encaissée. Nous allons jusqu'à IMGP4491 Descente vers le MantaroIzcuchaca, oú nous hésitons un peu : soit remonter à Huancavelica, soit continuer à suivre le fleuve. Nous optons, après le repas, pour la deuxième solution. Nous quittons le goudron  pour la terre. Encore 20km avant de trouver refuge devant la maison d'un couple aux nombreux enfants. Ils nous offrent une brassée de grenades. Nous passons la nuit surveillés par un drôle d'oiseau...

 

IMGP4498 IscuchacaRéveil au clairon, joué par le fils qui s'en va à l'école, à la demande d'un petit malin qui veut en tirer une du lit ! Au petit-déjeuner, le monsieur nous offre un peu de cancha, maïs grillé. Nous partons vite pour profiter de la fraîcheur matinale. La piste devient de plus en plus mauvaise : la poussière infernale, parfois sur plusieurs centimètres d'épaisseur, nous étouffe quand nous croisons d'autres véhicules et piège nos roues, provoquant des dérapages. Nous passons devant un barrage, interdiction de faire des photos, l'armée veille ! Plus bas, l'eau est donc beaucoup plus propre. Nous regardons pour trouver un coin où se baigner mais c'est peine perdue : un ruisseau à l'onde douteuse salit notre rêve... Nous nous arrêtons pour le pique-nique mais la pause sera de courte durée : nous sommes véritablement assaillis par les moscas, les mouches piquantes. Nous mangeons en marchant, habillés malgré la chaleur et nous repartons aussi sec. Malheureusement, la fin de l'étape est éprouvante. La vallée est comme un four et IMGP4526 Polila piste s'élève sur la rive gauche pour desservir quelques pauvres maisons. Pauline commence à être malade, ce qui n'arrange rien. Heureusement que son compagnon vient l'aider ! Ce n'est pas comme ces satanées piqueuses qui profitent de notre lenteur pour se régaler... Dans la dernière côte, Vomito fait son grand retour !!!

 

Nous trouvons une "auberge" à 8 soles la nuit, à Anco - La Esmeralda : douche froide et hygiène relative, mais c'est la moins pire. Nico mangera tout seul ce soir-là... Mauvaise nuit. La basse-cour de 5 à 6 filles qui a envahi la chambre de notre voisin, piaille à qui mieux-mieux jusqu'à ce que Nico, à 1h du matin, les prie de se taire.

 

IMGP4546 PoliLa journée suivante, Pauline reste une bonne partie du temps au lit mais elle arrive à remanger. La chambre est une zone tranquille, sans moscas, qui ici, persistent dans le village-même. Dans l'habitation jouxtant la nôtre habite un être un peu spécial : Poli, un perroquet androphobe. Si les filles arrivent à l'approcher, Nico reçoit des coups de becs à chaque tentative pour le toucher. Nico part ensuite chercher un "net". Pas de ligne téléphonique dans le village ! Il finit dans les bureaux de la mairie qui sont connectés grâce au satellite. Il apprend que la Hollande a battu le Brésil ! Pour le dîner, nous mangeons au restaurant "les camionneurs" (los camioneros), à l'image de la patronne aux gros bras ! Nous mettons le réveil pour partir au plus tôt, tactique pour éviter les insectes.

 

IMGP4512 Mantaro7h45 : départ ! Nous nous sommes badigeonnés de répulsif mais son effet est de courte durée, même s'il fonctionne 8 heures durant dans les cas normaux. La piste joue aux montagnes russes : montée-descente montée-descente... Vers 11h, nous atteignons Mayocc, rebaptisée par Nico "l'enfer des moscas". Elles pullulent : impossible de rester dehors. C'est le dernier village avant Huanta. Aussi, malgré l'heure précoce, nous mangeons à l'abri, un menú. Au moment de repartir, la manoeuvre de la remorque fait céder une des pièces, probablement fragilisée par les maintes secousses. Par bonheur, nous rencontrons un homme âgé chez qui le soudeur du coin travaille. Il nous fait une réparation rapide pour 10 soles, nous permettant de poursuivre notre journée.

 

IMGP4564 hospedaje HuantaNous puisons dans nos réserves pour en finir -ça monte sur 15 des 30 km- et retrouver le goudron, promis par le Routard à partir de Huanta jusqu'à Cuzco. Il fait toujours chaud et la poussière nous colle à la peau. Nous arrivons vidés à destination à plus de 16h. Objectif : coca et pain, avant même de trouver un hôtel. Nous sommes sur la place d'armes, où viennent discuter 2 jeunes frères, cireurs de chaussures le week-end. Peu après, nous rejoint un vendeur de glace, un deuxième, puis un moto-taxi et un débarquement de jeunes filles gloussantes. Ahhhhh ! Nous nous enfuyons à l'hôtel, sur la même place, envahi par des bambous, les cactus et des chats. Pour fêter nos retrouvailles avec le goudron, nous mangeons des lasagnes à la pizzeria !

 

La sortie de Huanta est une grosse montée, qui démarre raide pour nous chauffer les cuisses et se calme ensuite. Un moto-taxi nous interpelle : ce sont des allemands, Daniel, reporter et Vanhart, mécano, qui veulent aller dans cet engin, en 3 semaines, jusqu'au Paraguay. Ils ont quitté Lima il y a 5 jours, déjà avec quelques soucis mécaniques, même si leur véhicule est neuf. Daniel a déjà fait en vélo Alaska - IMGP4570 Campo de HuantaUshuaïa, il y a 2 ans avec sa copine. Ils nous prévient que la prochaine portion, Ayacucho - Abancay, a été la plus dure de tout le voyage : 400 km en terre ! Le Routard nous a trompé : pas de goudron pour la suite ! Nous sommes écoeurés...

 

La montée se termine par un col aux environs de 3000m et nous nous faisons plaisir dans une belle descente, jusqu'au fond de vallée, où nous retrouvons le duo terrible : chaleur et moscas, jusqu'à à Ayacucho, la ville aux 37 églises et berceau du célèbre "Sentier lumineux", qui semble reprendre.

 

 

P.S. Bon anniversaire à Anne-lise et bon rétablissement à David !

IMGP4573 Allemands

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 22:04

 IMGP4302 Bosque de Piedras - Huayllay

 

  Huanuco - Jauja

IMGP3886 Huanuco-AmboNous déjeunons au café San Luis, déjà testé la veille au soir, pour déguster à nouveau les "tamales" et les "humitas" (spécialités à base de maïs). Puis nous sortons rapidement de Huanuco, direction Junín. La route est un peu fastidieuse au soleil, encadrée de flancs de montagnes secs de type marocain. Nous pique-niquons les pieds dans le caniveau sous les klaxons des véhicules, façon péruvienne, un peu pénible, de se saluer... Pauline fait un bout de route avec un jeune laveur de voitures en vélo et quelques kilomètres plus tard, nous nous arrêtons boire un coup dans un bled où Nico peut apercevoir quelques instants du match déplorable de l'équipe de France face au Mexique. Nous pédalons encore un peu pour trouver un emplacement propice au campement dans une petite forêt. Le jeune garçon, de la maison proche, nous vend des grenades et plus tard il reviendra avec des patates et de l'avocat à nous offrir. Il nous fait bien rigoler parce qu'il appelle Nico "tío" (tonton).

 

IMGP3895 Colibri Huanuco PerúIMGP3922 Ancien moulin Cerro de PascoAu matin, c'est sa petite soeur qui vient nous chercher pour un petit-déjeuner à base de patates frites que seule Pauline s'enfilera (deuxième service après l'avoine au chocolat !). Nico se laisse juste tenter par une tisane pour calmer ses maux de ventre, la journée sera difficile pour lui. Nous mangeons tard dans un routier très classe à la télé gigantesque, mais sans football. Nous passons quelques villages miniers pour finir à la Quinua (village qui tire son nom des arbres à écorces antigel, les quinuales).

 

Une gentille dame nous accueille dans son jardin, elle possède une ferme de cuyes (cochons d'inde). Son fils, accompagné de 2 copains borrachos (ivrognes), perturbera son début de nuit ainsi que le nôtre. Nous continuons notre ascension vers le plateau de Junín, route encadrée de superbes falaises et surplombant un torrent autrefois utilisé pour moudre le grain, et nous arrivons, 24km plus haut, IMGP3932 Col Cerro de Pascoà un col à 4400m. La température change !

Bien couverts, nous attaquons la descente, jalonnée de villages miniers, en évitant Cerro de Pasco. Motivés par la carotte, nous poussons jusqu'à Canchacucho, porte du Bosque de Piedras de Huayllay. Dès l'entrée du village, nous sommes arrêtés par Percy et Liz devant l'office du ministère de l'environnement. Notre hôte est un des gardiens du "sanctuaire national" de Huyallay et sa femme, institutrice en vacances, l'a rejoint pour une semaine. Ils nous accueillent et nous permettent de camper derrière la maison (accessoirement, ils accueillent aussi un nid de souris qui viennent se servir allègrement dans nos sacoches).

 

 

IMGP4008 Bosque de Piedras - HuayllayAu petit jour, nous sommes réveillés en fanfare. Non, non, ne rigolez pas, la tradition, lors de la fête annuelle du village, est de rassembler ainsi tous les habitants pour le petit-déjeuné arrosé de Piña Colada et autres cocktails locaux. Après la visite de la rue principale en dansant (oups...) nous faisons la rencontre de Maruja, maire du village et guide touristique. Au menu : soupe de pâtes, suivie de "mote" (maïs cuit à l'eau) et de pachamanca (viande d'alpaga ou de mouton, cuite sous la terre, parfois pendant 15 jours). Bien rassasiés, nous nous esquivons pour aller grimper avec notre guide. Maruja nous fait la visite des voies puis surpervise nos essais d'un oeil attentif. Le rocher est absolument somptueux, pleins de trous engendrés par l'érosion dans cette roche à 90% volcanique (10% de IMGP4272 El Basco - Bosque de Piedras - Huayllaysable et de craie). Seul l'équipement laisse parfois à désirer, disons qu'il faut aller chercher le premier point.  

Après cette première session, nous rentrons en catimini (pour éviter la beuverie) juste à temps avant un violent orage de grêle. Nous troquons nos cordes contre le savon pour nous rendre aux bains thermaux de la Calera. Au passage, nous faisons la rencontre de Nestor et Alba, 2 espagnols, en voyage vers le sud et Leo et Alba, 2 catalans, qui restent sur le site, grimper quelques jours. Comme à Monterrey, on a le choix entre la piscine et les bains publics où nous nous décrassons après avoir bravés l'eau brûlante. De retour, bien délassés, nous nous écroulons dans notre tente.

 

IMGP4188 Bosque de Piedras - HuayllayPour le deuxième jour de grimpe, nous invitons Liz, Percy, leur fille Ximena et Jose, le 2èmegardien, à se joindre à nous. Nous récupérons la corde de couenne de Maruja, IMGP4140 Bosque de Piedras - Huayllayainsi que Leo et Alba. Nous posons une corde dans un 5+ où les débutants s'essayent chacun leurs tours. Après une bonne séance, tout le petit monde va manger un almuerzo puis nous revenons seuls pour finir par 2 belles longueurs.

 

C'est l'ultime jour de fête à Canchacucho, les noceurs sont clairsemés, on compte plus de musiciens que de danseurs... Nous passons prendre Leo et commençons par les voies de la veille. Puis notre ami hispano-colombien équipe une belle fissure, avec nos jeux de friends réunis, que l'on gravit en moulinette. S'en suit une superbe longueur en 6b+ où il est préférable de grimper que d'assurer, vu la caillante. La session nous achève par une voie en toit courte et physique. Pour le dîner, on achète du gâteau au chocolat pour se refaire les bras ! Le soir même, nous passons une agréable soirée avec Jose qui s'avère être un ornithologue averti (ou un fanatique de piafs pour d'autres...) et nous renseigne sur les différents volatiles et autres rencontrés depuis Quito.

 

IMGP4330 Bosque de Piedras - HuayllayNico s'envoit la lessive à l'aube et à l'eau glaciale en ayant une pensée pour nos aïeux qui faisaient ça dans les torrents. Nous partons pour la visite des peintures rupestres du Bosque avec Alba et Leo mais on aura beau chercher, à part 3 graphitis, on ne trouvera que des blocs à grimper. La journée au grand air, frais, nous creuse et nous faisons du stop pour Huayllay pour nous envoyer un "pollo a la pobre" (poulet, riz, frites, bananes, saucisses, oeufs...) arrosé de Cabernet Sauvignon chilien. Nous nous motivons pour aller aux bains thermaux pour un ultime récurage avant le vélo du lendemain.

 

Huanuco - Jauja surAprès nos adieux à Jose, nous revenons sur nos pas pour récupérer la route de Cerro de Pasco à Junín. Nos amis catalans nous doublent en taxi, ils poursuivent vers le nord, Panama, Nicaragua, Mexique. Après une halte restaurative à Ninacaca dont l'église au toit de chaume est surprenante, nous continuons le long IMGP4386 Iglesia Ninacacadu lac de Junín. C'est l'habitat du zambulador, canard endémique, de la grenouille géante, mesurant jusqu'à 50cm (cuisses à tester !), ainsi que des flamands roses et des oies andines. Nous faisons une seconde pause à Carhuamayo pour que Nico confirme son retour à SNR en octobre. Choix cornélien mais guidé par les raisons de l'avenir. Nous débusquons un endroit paisible au bord du lac, derrière une maison abandonnée voir hantée car nous entendons des bruits de pas au grenier. Le vieux du coin la désosse avec son tournevis et sa pince et nous demande 10$ pour dormir à côté. Après de rudes négociations, il rentre chez lui, tournevis entre les jambes. Nous passons une nuit fraîche, gardés par un vieux lama

 

 

IMGP4406 Maison hantéeNotre sortie de tente affole les ibis du lac mais rien ne vient nous réchauffer pour cette journée de vélo. Junín s'avère être une ville laide et sans intérêt. Un peu après, nous longeons le champ de bataille de Chacamarca où est érigé un obélix en mémoire d'une bataille entre les péruviens et les espagnols, 1erpas vers l'indépendance du Pérou. "La plus grande oeuvre que Dieu IMGP4422 Lama - Lago de Junínait commandé aux hommes" proclame un panneau... La route file, s'enfoncent petit à petit dans une vallée aux falaises calcaires pour aboutir à La Oroya, fabuleuse citée pétrochimique. Nous passons notre chemin pour achever cette de étape de 90km à côté de la station de pesage du ministère des transports. Nous nous endormons, berçés par le moteur du groupe électrogène, des aboiements d'un chien et les gaz des camions.

 

IMGP4451 La OroyaAu réveil, Nico a des tendances meurtrières envers ce chien stupide. Nous enchaînons rapidement les kilomètres le long du fleuve Mantaro, qui s'écoule tranquillement vers l'Amazonie, Pauline aperçoit un cimetière haut perché dans une des nombreuses grottes de la vallée, ce qui lui donne des envies de pillages archéologiques. La gorge s'élargit, le lit du fleuve s'aggrandit et les pentes des collines environnantes se couvrent de reliquat de terrasses pour aboutir à la plaine de Huancayo. Nous optons, pour nous reposer, pour Jauja, première capitale péruvienne décrétée par l'empire espagnol. Nico fait de l'oeil à la propriétaire de l'hôtel, sans savoir qui elle est, et par la même, nous dégotte une chambre avec la télé pour les matchs de la coupe du monde, à prix modique.

 

Voilà, il faut quand même vous avouer quelque chose. Pour pouvoir faire autant de kilomètres, nous nous dopons... Et nous avons essayé déjà de nombreux fournisseurs !

IMGP3915 Dopant 

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 16:11

IMGP3695 HugoLes derniers moments à Huaraz nous paraissent longs, nous n'avons qu'une envie : reprendre la route et voir du paysage. Heureusement nous avons la chance d'aller faire du bloc à Huanchac avec Hugo. Nous devions monter à Pitec avec sa voiture mais le gardien, prévenu à l'avance, n'est pas là pour lui ouvrir son garage... De notre côté, cela IMGP3704 Jeu de la rampefait trois jours que nous nous réveillons avec les pieds dans l'eau, à cause d'une fuite à l'étage. Tout le charme péruvien condensé dans ces deux anecdotes.

 

Nous commençons par nous échauffer sur un bloc que nous avions déjà reconnu. Mais là, Hugo nous montre les techniques, c'est beaucoup plus facile, quoi que, en fait ça semble plus facile parce qu'en action ça se complique... Nous finissons sur le haut du site par une voie en surplomb, un départ assis où Nico s'acharne et un jeu à partir d'une rampe. Belle session de blocs, la compagnie d'Hugo y est pour beaucoup et nous le remercions de tous ses précieux conseils prodigués, ainsi que ceux de Karine, sa femme, pendant ce séjour à Huaraz.

 

Huaraz - HuanucoJeudi 10 juin, nous revoilà sur les vélos ! Adieu la famille Castro ! Nous connaissons la première partie de l'étape grâce à nos passages aux Nevados Gueshgue et à Antacocha. Nous faisons la pause déjeuné à Recuay en parlant de foot avec les jeunes du village. L'un d'eux connaît les joueurs de l'OL, Nico essaye de donner la réplique pour ne pas paraître trop ridicule.

 

IMGP3719 Péage CatacL'après-midi, nous passons par Catac où commence la découverte de nouveaux paysages. C'est plutôt sec (la pampa) mais la Cordillière Blanche et les massifs du IMGP3743 Cordillera HuayhuashPongos / Gueshgue sont superbes en toile de fond. L'ancien péage de la route nous sert de refuge pour la nuit, nous campons juste derrière. Depuis quelques temps, ils ne font plus payer tellement l'état de la route est honteuse.

 

IMGP3738 Montée à ConocochaLa nuit est fraîche et le soleil du matin nous réchauffe agréablement. Nous suivons le Río Santa que nous avions longé depuis Chuquicara voilà plus de 2 mois. Les sommets principaux de la Cordillère Blanche disparaissent petit à petit, avec le Huantsan (6395m) en dernier (1èreascension par Lionel TERRAY), pour laisser place à ceux de la Cordillère Huayhuash avec le majestueux Yerupaja (6634m).

 

IMGP3748 Gallina de agua - Conococha PerúNous atteignons le village de Conococha (4050m) sous le col de la Fortaleza (4080m), dernier rempart pour descendre sur la côte et rejoindre Lima. Après un menú bien mérité, nous prenons la route de Chiquían en passant un grand plateau, vent de face, à côté de la lagune Conococha, source du Río Santa. On peu y voir beaucoup d'oiseaux et notamment des ibis et des poules d'eau. Nous nous cachons derrière le mur d'enceinte d'une ferme à moutons dont les habitants sont étonnés que nous n'allions pas à l'hôtel. Un de leurs chiens veillera sur nous toute la nuit...

 

IMGP3781 Vallée de ChiquíanLe reste de la montée est plutôt court (6km) pour atteindre un col à 4250m, bifurcation pour Chiquían. Nico y a une connaissance (Abner, lors d'un précédent voyage avec Tibo et Didier), mais le détour de 30km nous rebute. La vue sur Huayhuash est splendide, ses sommets sont effilés et IMGP3815 Cruz del Sursouvent peu faciles. Le spectacle est complété par des cultures qui s'étagent en terrasses, entre couleur des blés mûrs et quinoa... Une grande descente nous ramène à 3600m à l'entrée d'une gorge. La route est essentiellement fréquentée par les camions de la mine Antamina.

 

IMGP3819 Sous YanashallaNous nous arrêtons manger à Pachapaqui, où nous voyons des puyas raimondis plantés sur la place..., et où nous rencontrons deux jeunes frères qui montent 2 vaches avec leurs veaux dans les pâturages, 20km plus haut. Ils ont vu un canadien passer par ici il y a quelques temps. Nous le savons maintenant en Bolivie en compagnie de nos amis Unaï et Juan.

 

Deux heures de pédalage dans l'après-midi nous amène à un plateau à 4200m où nous plantons la tente à côté de maisons typiques. Le papi du coin veut nous acheter notre tente... s'il savait son prix en soles... Dès la tombée de la nuit, le froid se fait vif si bien que les gamelles gèlent lors du retour de la vaisselle au torrent.

 

IMGP3824 Abra de YanashallaAu réveil, nous allons chercher à quelques centaines de mètres les premiers rayons de soleil pour déjeuner puis nous continuons notre ascension du col Yanashalla : 35km de montée pour culminer à 4620m à l'alti, 4720m sur la carte. L'inclinaison de la route s'accentue sur les 500 derniers mètres ce qui les rend particulièrement pénibles. Nous nous équipons pour descendre sur Huallanca, en passant à côté d'une ville minière. Nico apprend le résultat - nul -  de l'équipe de France face à l'Uruguay, c'est déjà mieux que contre la Chine... A notre surprise, seule la partie entre Huallanca et La Uníon est en terre, nous avions comme info de la piste jusqu'à Huanuco, tant mieux ! Nous campons pour la nuit entre des ruines de maisons, le sommeil ne se fait pas prier.

 

IMGP3856 ChuquisPendant le petit-déjeuner, un chien vole notre fromage ! Nico part à sa poursuite mais sans résultat, heureusement son vieux maître n'est pas loin et le rappelle à l'ordre. Notre bien récupéré, nous continuons notre "descente" le long du Río Huayhuash jusqu'à sa confluence, à Tingo Chico (3050m), avec le Río Marañon, grand affluent de l'Amazone. La remontée de ce fleuve est très agréable, les vallées rencontrées depuis Conococha sont assez sauvages, nous voulons dire par là que peu de forme de modernisme les ont modifiées mis à part les mines. Un petit mot sur ces dernières qui appartiennent à des compagnies étrangères sous la "bienveillance" de gouvernements corrompus. Les pauvres péruviens n'en touchent aucun bénéfice, pire encore, ils ont droit IMGP3859 Transport scolaire - Huacutoà la pollution de leur rivière.  Quelques mines artisanales subsistent : extraction à la pioche du minerai et transport par des mules ou des chevaux, notamment du charbon et du fer. Nous pouvons voir aussi de nombreuses traces de l'architecture inca, en particulier des ouvrages militaires et des ruines de fermes et d'enclos, parfois encore utilisés. Nous quittons petit à petit le lit du Marañon pour arriver à Huacuto où les villageois nous logent dans une cabane en bois à côté de l'église. La route est toujours en asphalte mais nous avons du mal à croire qu'elle ne date que d'un an, déjà des trous la ponctuent, nous en aurons l'explication plus tard.

 

IMGP3879 Corona Del IncaLe lendemain, après avoir assisté au départ scolaire, 20km sont nécessaires pour atteindre le col à Ayapitec : 4000m d'altitude, 1000m de dénivelé sur 50km (nous sommes parés pour le Tour de France !). Les paysages s'enchaînent, réservant parfois quelques surprises  au détour des virages... Tout proche se trouve la Corona Del Inca (couronne de l'Inca) où se trouve des vestiges de maisons de cette époque. Nous tombons par hasard sur la France... Comme quoi, on peut retrouver son pays dans des circonstances étranges... Nous Le début de la descente sur Huanuco est en terre puis nous arrivons à un bouchon causé par un chantier. Les ouvriers veulent bien nous laisser passer à condition de faire IMGP3882 Franceattention à la machine (les gringos passent à vélos, les cholos restent sur le quai !). La première rencontrée, son chauffeur est courbé sur le volant et fait la sieste, nous sommes hilares. Heureusement, un peu plus bas, d'autres ouvriers sauvent l'honneur ! Nous comprenons enfin pourquoi leurs routes se détériorent si vite : ils tassent 20-30cm de terre et de pierres au rouleau compresseur et coulent directement 1cm (seulement) de goudron par-dessus, le tour est joué ! 5km plus loin à peine, d'autres ouvriers sont déjà en train de boucher les premiers trous sur la route neuve... Après le col, 55km de descente nous amène à Huanuco (ville au meilleur climat du monde, certain se demande où est la neige ?...) où nous allons un peu nous reposer après ces 6 jours de vélo et d'où nous vous donnons ces nouvelles.

 

IMGP3884 Entrée Huanuco

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 20:50

IMGP1991 Rio ChuquicaraIMGP1983 Rio ChuquicaraHuamachuco - Caraz

La quête de la bonne route est toujours d'actualité. Nous avons, suivant la carte, 2 options. La première , probablement plus esthétique, traverse les montagnes sur plus de 100km. L'autre, plus simple, consiste à longer le Río Chuquicara sur une soixantaine de kilomètres avant de remonter la vallée du Río Santa. Seulement, un pont s'est effondré sur un des affluents du Chuquicara. Grosse interrogation ! Nous optons pour la seconde solution, plus aventureuse, on aime le risque...

 

Le 26 mars, vers midi, nous chargeons les sacoches et nous quittons Pallasca... au moment il commence à pleuvoir ! La descente est raide et boueuse puis l'état de la chaussée s'améliore, plus sèche. Les lacets s'enchaînent assez bien, mais Nico finit ses patins. Heureusement, plus de descentes prolongées au programme avant Huaraz ! En bas, c'est agréable. Il y a quelques nids de poule mais les montagnes se dressent majestueusement de part et d'autre du torrent bouillonnant. Nous profitons de la vue, car la chaussée est plutôt plane et agréable, rêvant à tout ce que nous pourrions gravir comme cailloux ici.

 

IMGP1993 Village des mineurs de charbon

Arrive le moment fatidique du pont écroulé. Ce n'est affluent du Chuquicara, pourtant, grossi par les pluies, il ne paraît pas aisé à franchir... Nous nous engageons avec le vélo de Nico dans le lit. Les premiers mètres sont faciles à passer, puis l'eau devient plus profonde, nous poussant de plus en plus violemment. Les sacoches commencent à prendre leur bain... A cet instant, nous sommes un peu au bord de la catastrophe, car nous n'avons pas encore passé le gros du courant. C'est alors que nous sommes interpellés par un homme sur la rive. Nous faisons difficilement demi-tour et regagnons la terre ferme. L'homme nous propose de passer en camion avec ses compagnons. Nous acceptons, bien contents de trouver de l'aide pour nous sortir de ce mauvais pas. Nous chargeons les vélos IMGP1998 Village des mineurs de charbondans la benne du camion, passons non sans peine l'obstacle et, vue l'heure tardive, acceptons qu'ils nous déposent au village suivant (tentation du diable !). Nous faisons le trajet avec 2 jeunes de Pallasca, dans la remorque. Nous montons sur les barres transversales pour mieux voir le paysage. De là-haut, nous tanguons et les vues plongeantes des précipices en aval sont impressionnantes. Soudain, nous entendons une détonation : un des pneus a éclaté (un Michelin). Nous nous arrêtons une bonne demi-heure pour le changer et nous repartons, quelques minutes seulement avant qu'ils nous laissent au pied d'une mine de charbon, où sont agglutinées quelques maisons plus ou moins délabrées. Les villageois nous invitent à monter la tente devant une des habitations. Les gamins sont très curieux et l'un deux fonce vers nous en nous criant : "Regale mi !" (Fais-moi un cadeau !). Nous stoppons vite ses ardeurs car nous n'avons pas grand chose, ni bonbon, ni jouet.

 

IMGP2030 Cañon ChuquicaraComme il fait chaud (avec la perte d'altitude, nous sommes repassés dans une zone désertique), nous laissons les portes de la tente ouvertes. Quelle bonne idée ! Enfin pour les moustiques... Le gamin de la veille nous attend et nous propose de nous accompagner un peu, jusqu'à des ruines incas. En effet, une construction se dresse au bord de la route. Il nous montre un trou, au pied, qui menait à la rive opposée par un tunnel creusé sous le río, malheureusement dont la sortie s'est écroulée. Incroyable ! Devant l'impossibilité de faire un pont, ils sont passés par dessous ! Le gamin nous IMGP2032 Cañon Chuquicaraquitte, en nous disant bien sûr que si nous revenons, il faudrait lui rapporter un vélo comme le nôtre ! Il n'y a que 5km de mauvaise route et nous retrouvons vite l'asphalte. La suite s'enchaîne bien, avec quelques ponts bien impressionnants : il faut passer sur des planches, sans se louper, car au milieu il n'y a que des traverses, avec des jours assez grands pour laisser passer un lutin !

 

 

Parfois, nous voyons des trous dans les parois. Pour un peu, ils passeraient inaperçus, mais on peut voir des murets qui les bouchent en partie. Ce sont les tombeaux traditionnels, similaires mais moins célèbres que ceux d'Otuzco. Tout le long de cette vallée, nous en repèrerons, certains très haut perchés.

 

 

IMGP2043 Usine désaffectée Rio SantaNous débouchons, après trente bornes, toujours grandioses d'ailleurs, sur un bled lugubre à la confluence de 2 torrents : Chuquicara. Des policiers ont indiqué la direction de Huaraz à Nico par un chemin caillouteux à l'air tellement piteux qu'il ne IMGP2045 Campement minier Rio Santales croira qu'après lecture de la carte. Nous mangeons dans un restaurant miteux, dans les cris stridents d'un perroquet neurasthénique qui se plume consciencieusement le ventre. Dépités de ne pas poursuivre sur le goudron, nous repartons bien alourdis de nos réserves d'eau, puisqu'ici, rien ne pousse et que nous ne pouvons puiser dans le Río Santa, qui déleste de leurs ordures tous les villages depuis Huaraz. La chaleur reste supportable grâce à un fort vent remontant la vallée, d'autant plus appréciable qu'il nous pousse, comme une main dans le dos. C'est le seul agrément de cette portion, car la piste est une des pires parcourues depuis le début du voyage ! Très douloureuse pour les fesses... De chaque côté, nous sommes encadrés par les montagnes de caillasses, où seuls quelques cactus gigante parviennent à survivre. De temps à autre, une ligne carbonifère barre le paysage, parfois accompagnée par l'entrée abandonnée d'une mine. Nous en trouvons une assez importante dans le temps, où nous montons le camp. Personne, à part quelques rares véhicules... La lune donnera à ce lieu un air mystérieux, fantasmatique.

 

IMGP2061 Cascade Rio SantaAu réveil, notre évolution reprend sur cette fichue piste qui ne s'améliore pas. Certains pensent même à jeter le vélo dans le río ! Vient une bonne surprise, qui efface un peu notre fatigue : une cascade, digne de la pub Tahïti douche ! Nous nous débarrassons de nos frusques pour nous faire masser les épaules quelques instants, un délice.

Petite erreur à la bifurcation, vite corrigée et pause repas sous des acacias. Peu à peu, les flancs verdissent de quelques buissons épineux. Nous grimpons ensuite une belle petite côte, chaleur écrasante, pour déboucher sur Yuracmarca, village où les habitants ont un drôle d'air, pas bien engageant. Alors que nous nous mettons en quête d'un coin IMGP2065 Yungaipampa Rio Santapour dormir, nous rencontrons un motard américain. Nous parlons un peu et il repart, avalant les mètres jusqu'à la prochaine épingle en 2 secondes, tandis que nous le regardons, pensant qu'il nous faudra bien 5 minutes pour la même distance... Juste au-dessus, nous trouvons un beau stade, au lieu-dit Gibraltar, à l'herbe grasse, camping idéal ! Personne... Tant pis... Quand il n'y a pas le droit, on prend le gauche ! Dans la soirée, nous discutons avec l'agent de sécurité qui garde l'entrepôt juste à côté et, pour la première fois, des flics viennent contrôler nos papiers pendant leur ronde.

 

IMGP2072 Cañon del PatoNous nous endormons sereins et bien gardés pour cette nuit ! (et exceptionnellement propres, car nous nous sommes servis de la douche à l'air libre des vestiaires). En réalité, nous ne sommes qu'à 5 minutes de Huallanca, où se situe une des plus grandes centrales hydro-électriques du pays et où débute le fameux Cañon del Pato (canyon du canard). Pas de bol, nous nous apercevons que le pneu de la remorque est à plat. Nous y trouverons une douzaine d'épines et la chambre à air nécessite 4 rustines pour tenir le coup ! Après ce contre-temps, nous nous engouffrons dans la gorge. La route, ponctuées de multiples tunnels (35 en tout ), ne nous laisse pas serein : une seule voie, ce qui n'empêche pas les péruviens de rouler à tombeau ouvert. La majesté du site est cependant au rendez-vous, avec de grandes cascades sur la rive d'en face, à nous faire envie de les essayer en canyoning...

IMGP2076 Cañon del PatoA la sortie du défilé a été construit, en 1913, un barrage, formant une grosse cascade. Nous avalons un repas sec (pain sec, thon sec, tomates sans jus...) au premier endroit ombragé. Nous sommes enfin dans la vallée encadrée par les Cordillères Noires (à l'ouest) et Blanche (à l'est). Elles ne se laissent pas dévoiler facilement, mais nous aurons la satisfaction de découvrir, de temps en temps, au travers d'une trouée dans les nuages les premiers sommets enneigés (Champara, Santa Cruz). Nous filons sur les derniers kilomètres jusqu'à Caraz où nous trouvons un petit hôtel bon marché, juste avant l'orage du soir. Pour fêter notre arrivée, nous nous offrons un bon "resto", mais pas de chance, nous attendons longtemps avant d'être servi par ces voleurs (ils gonflent l'addition, comme si nous ne savions pas compter !).

Plus qu'une mission maintenant : GRIMPER !

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 01:10

IMGP1875 Vue du col de QuesquendaA Huamachuco, la police nous a renseigné sur le chemin, mais ils ne sont pas de la région. Ils ont juste entendu parlé de grève de mineurs avec altercations parfois violentes. Ils ne nous disent rien sur les narco-trafiquants comme l'avait indiqué un ancien flic rencontré à Ichocan. Ils ne savent pas grand chose en fait. Au poste comme au syndicat d'initiative, ils sont étonnés par notre carte plus précise que les leurs... C'est pour dire, car la nôtre n'est pas des plus justes... Bref, nous nous décidons de tenter la route des montagnes malgré tout, pour éviter le détour de la côte et ses moustiques. Un des gars de l'office du tourisme nous propose de nous accompagner en moto, au moins au départ. RDV pris pour 9h30 sur la place d'armes, avec lui et aussi Gerd, un allemand rencontré au marché.

 Huamachuco - Caraz

Interruption petite annonce : Gerd, la soixantaine, habitué des pays étrangers (a vécu en Afrique du Sud, France, Angleterre, Hollande, Equateur...) et vivant depuis 7 mois à Huamachuco, cherche une bonne amie, propre si possible, pour partager sa vie. Attention Gerd est un gros fumeur mais touche une rente mensuelle d'Allemagne et parle plusieurs langues (l'espagnol, le francais, l'allemand, l'anglais). Il monte un restaurant pour touristes dans le centre ville. Candidates nous contacter...

 

IMGP1880 Neige de QuesquendaAu rendez-vous, ce samedi 20 mars, auquel nous sommes en retard de 10 min nous fait remarquer la ponctualité allemande, nous ne retrouvons que Gerd, qui nous explique que notre accompagnant s'est désisté... Tant pis, nous n'en sommes que soulagés et nous partons un peu plus allégrement alors que notre copain du jour semble un peu inquiet de nous voir nous enfoncer dans les montagnes. Bonne surprise, la route est au départ goudronnée, car c'est l'axe principal qui mène à Trujillo. Une bonne montée nous permet de sortir de la ville et une grande descente nous fait changer de cuvette. Nous ne prenons pas la 1èrebifurcation qui pourrait nous mettre sur la bonne voie, afin de profiter un peu plus du goudron et un passage à plus de 4000m. Les réjouissances se terminent vite et nous attaquons la remontée vers le col de Quesquenda. Au loin, nous apercevons la mine de Comarsa qui fait une énorme travée jaune au milieu du paysage. De temps à autre un énorme nuage de poussière s'élève au-dessus d'elle, suivie par une grosse détonation.

 

IMGP1883 Coucher de soleil QuesquendaLa côte n'en finit pas, nous nous élevons graduellement, même si la route s'aplanit un peu. Au col, à plus de 4000m ( mais sur la carte il est indiqué plus bas), des nuages noirs s'amoncellent. Nous amorçons notre descente, juste avant de nous mettre à l'abri pour nous protéger de l'orage sous l'avancée d'une maison. Les éléments se déchaînent en tempête de grêle, blanchissant le paysage. Nous frappons à la maison mais les habitants ne nous répondent pas. Alors nous nous réfugions sous un appentis, au milieu des fers à béton. Très rassurant, alors que la foudre frappe les sommets alentours... Malgré tout, nous sommes trempés et la température a rapidement chuté. La couche de grêlons s'épaissit sur la route pour atteindre 5 cm. Nous tambourinons à la porte car les précipitations continuent de plus belle. Les propriétaires nous ouvrent, faisant semblant de ne pas comprendre ce que nous voulons. Ils nous laissent entrer, sans nous proposer une place près du feu. Pas la peine d'afficher des images religieuses dans la maison pour aider aussi peu les autres ! Dès que le déluge cesse, nous repartons, en sens inverse ! En fait, nous avons loupé la bifurcation ! et nous avons surtout repéré une maison juste à côté du croisement où les occupants avaient l'air plus aimables.

IMGP1885 Chez les Riquelme QuesquendaPour la première fois, nous faisons du vélo sur la neige, enfin pas vraiment mais cela ressemble un peu. A la maison en question, nous demandons carrément l'asile à la famille Riquelme, qui nous installe deux chaises prestement devant le poële à charbon. Nous mettons les pieds directement dessus ! Un vrai bonheur ! Ces gens sont vraiment gentils. Ici, c'est leur "maison de campagne". Román, le père, y reste avec une des filles Suleimana toute la semaine, alors que la mère Adriana ne vient que le week-end. Durant la semaine, elle habite Huamachuco avec les 6 de leurs 12 enfants qui vont encore à l'école (la dernière a 6 ans, les plus grands travaillent comme agriculteurs). Pendant ce temps, Román s'occupe des bêtes (vaches, chevaux, alpagas...) Il travaillait avant comme conducteur à la mine de Comarsa, mais a été renvoyé suite à un accident en vélo. Il cumule car en février dernier, il s'est fait opérer de l'appendicite et ne cessant pas ses activités, il a toujours mal au niveau de la cicatrice (il se soigne à la coca !).

IMGP1896 Femme au chapeau QuesquendaLa jeune fille est un peu timide avec nous, tandis que les parents discutent, elle s'occupe de toutes les basses besognes : cuisine, entretien du feu (il faut faire des boules avec le charbon trempé pour le sécher), nourriture des chiens... Elle doit avoir au plus 16 ou 17 ans. Elle nous prépare une bonne soupe, dont nous aurons droit à 2 assiettes. Après un dernier lait d'avoine, ils nous prêtent des couvertures que nous étalons au sol sur le tarp et nous nous enfilons dans nos sacs de couchage, tout juste réchauffés ! Ici pas d'électricité, on se couche tôt.

 

IMGP1890 Champara vu de QuesquendaLe réveil se fait à la lueur du jour. Les Riquelme nous offrent encore la couvert. Pour le petit déjeuner, soupe et maïs grillé. Il fait frais dehors, mais le ciel est clair. Nico est tout fou et pour cause : on aperçoit au loin la Cordillère Blanche enneigée. Nous repartons revigorés par cette chaleureuse rencontre. La route est maintenant en cailloux et terre, assez bonne cependant. Des ruisseaux courent de tous côtés, alimentés par la fonte des grêlons. Nous descendons en direction de la mine, vers Coñachugo, tout petit hameau à la croisée de plusieurs chemins. Nous ne savons quelle direction prendre (va trouver un panneau dans la cambrousse !) jusqu'à l'arrivée d'un motard qui nous renseigne judicieusement : la route la plus belle et la plus facile passe par Tembladora mais les mineurs en grève la bloquent. Restent deux routes, qui plongent sur Cachicadán, les deux mauvaises et augmentant le dénivelé. Nous partons sur celle à flanc de montagne. Très chaotique, par endroits les ponts sont effondrés. Nos patins de frein fument encore une fois, s'usant trop rapidement avec la boue et l'humidité.

IMGP1907 Descente vers CachicadánCachicadán, petit village perdu, possède des sources d'eau chaude mais nous poursuivons notre route, en direction d'un nouveau col. C'est dur après plus de 40 km de descente, de gravir ce chemin dans la chaleur. Petit à petit, nous gagnons du terrain, encouragés par la beauté du paysage verdoyant. Après deux essais infructueux, nous trouvons un très bon emplacement, à côté des maison de Francisco et son frère. Si nous montons la tente, ils nous serviront à dîner (et à déjeuner le lendemain). Ils sont particulièrement intrigués par la tente et les matelas auto-gonflants, qu'ils ne trouvent pas bien épais. .. C'est pour cela qu'on préfère l'herbe !!!

 

IMGP1914 Cavalier AlgallamaAu moment de repartir le lendemain, Francisco nous fait remarquer que le pneu de la remorque est crevé. Nous réparons sous les yeux d'une petite bonne soeur, la mère Maria, israélite. Nous lui apprenons quelques mots de francais (ils rigolent beaucoup avec "cochonnet") et nous échangeons nos points de vue sur la religion et l'écologie. La petite mère ne veut pas nous laisser partir, mais il nous faut poursuivre notre route.

IMGP1919 Comarsa vue d'AlgallamaNous traversons le plateau d'Algallama et c'est reparti pour le secouage de pruniers afin de descendre à Angasmarca. La journée a débuté tard et il est l'heure de manger quand nous arrivons à la cité minière. Nous profitons d'un almuerzo (Nico moins car il tombe sur une patte de poule en mangeant sa soupe) mais nous ne pouvons repartir car l'enterrement d'un mineur bloque la circulation, d'autant plus que beaucoup sont saouls, augmentant les risques d'échauffourées. Le cortège se disperse au bout d'une heure, sans grand incident, mais nous sentons la tension de la population contre la société Comarsa. A priori, les conditions de travail sont plutôt dures et surtout, ces grosses entreprises polluent sans vergogne, notamment l'eau, comme à Yanacocha. Les habitants d'Angasmarca, en aval de la mine, en font les frais.

Nous redémarrons en milieu d'après-midi, sur une route pas bien meilleure. Après notre grosse journée de la veille, nous manquons un peu de peps', alors au premier emplacement serein, cachés par les eucalyptus, nous plantons la tente.

 

IMGP1945 Virages sous MollepataIMGP1927 Vers AngasmarcaC'est un peu la restriction d'eau, car nous n'avons pas fait le plein à Angasmarca (et pour cause). Nous repartons au matin quasiment à sec. Après quelques virages en pente bien raide pour nous échauffer, Pauline rencontre un jeune, Mariano, d'environ 7 ans, en retard pour l'école. Il faut dire qu'il a 1h de marche pour y arriver... Plus loin, Nico tombe sur une dame et ses deux grands fils. Ils nous proposent leur robinet (pas de mines au-dessus de nos têtes) et nous offrent des figues de Barbarie, les fruits du tuna, rafraîchissantes. Nous poursuivons notre ascension, le ciel devenant de plus en plus menaçant. La pluie commence à tomber alors que nous entrons dans un village. Nous nous installons sous le porche de l'église pour notre pique-nique. La pluie cesse, mais au moment de repartir elle se décide à nous accompagner un moment. Heureusement, les vêtements sèchent vite après l'averse, d'autant que nous nous attaquons à un petit col, suivi comme il se doit d'une petite descente vers Mollebamba. La pluie redouble, nous nous abritons sous un toit avec quelques dames. Le hameau se termine par une belle côte , sitôt gravie que la pluie rejoue sa partie. De nouveau, nous patientons pendant le plus gros du IMGP1954 Camp de Mollepatachagrin du ciel. L'architecture des maisons, toujours en pisé, change un peu, la partie centrale s'ouvre sur un balcon. Nous nous décidons à continuer, car il commence à se faire tard, quitte à nous faire rincer, ce qui ne manque évidemment pas.

Au croisement suivant, nous nous fourvoyons, heureusement pas plus de 1 ou 2 km à flanc de montagne. La descente vers Mollepata est vertigineuse, le village n'offre rien d'agréable, alors nous continuons jusqu'à trouver un emplacement en bordure de route (pas du tout fréquentée : 2 véhicules pendant la soirée) et non loin d'un ruisseau, pour un petit décrassage, des hommes et des vélos...

 

IMGP1955 Coucher de soleil MollepataLe 24 mars, après 5 jours de pédalage, c'est un peu la journée IMGP1967 Les mêmes virages, vus d'en face, Mollepatade trop pour Pauline. Pour terminer la descente jusqu'au Río Chupicará, cela va encore, mais dans la remontée sur le versant opposé, elle "coule une bielle" et pousse le vélo. Il faut dire aussi que le soleil se montre particulièrement violent aujourd'hui et surtout y'avait pas de bananes au petit-déjeuner, élément fatal à la déroute. Au dernier virage, nous mangeons tout ce qui reste de nos sacoches (et qui ne se cuisine pas) et nous repartons laborieusement. Les nuages moutonnent un peu, ce qui facilite la tâche et la route traverse maintenant en pente douce vers les quelques maisons de Shinbol, où nous reprenons nos libations, agrémentées de gâteaux et enfin de bananes salvatrices (cela vaut l'énergie nucléaire des mandarines d'Abner !). L'après-midi, le cheminement se poursuit à allure modérée, pour atteindre Pallasca, perché sur un éperon montagneux. Un seul hôtel est ouvert, bon marché (10 soles, soit 2,50euros environ) car n'ayant pas de lit double, nous ne payons que pour le lit simple utilisé ! Petit hic, la résistance de la douche ne fonctionne pas. C'est donc douche glacée à l'eau des montagnes. Nous nous offrons un jour de "repos" (lessive, courses, nettoyage des vélos), dans l'auberge à la peinture de Napoléon... pour reprendre des forces avant la suite de nos aventures sur la route du charbon... IMGP1981 Napoléon Hôtel de Pallasca

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 01:56

IMGP1282 Puerto Eten
Un peu plus de mer...

Nous projetons de quitter le Pacifique ce matin du 28 janvier, mais nous avons passé la veille sur le net, pour répondre aux mails et écrire l'article du blog... Nous avons donc passé la journée enfermés devant l'écran et nous n'avons pas profité de la baignade... Alors nous décidons de rester un jour de plus... En plus, la compagnie de Mike le suisse, IMGP1351 Puerto Etend'Elisa sa femme et de la petite Mélanie est agréable...
Et puis, c'est tellement rare de trouver tant de propreté... Nous passons donc la journée à la plage, nous faisant rouler dans les vagues... Nous profitons...

Le Lendemain, ce sont les trente ans de Pauline, alors, nous décidons de... rester un jour de plus... Bouquet de fleurs au saut du lit... Mike et Elisa ont lancé un pari sur notre motivation à quitter leur hôtel : il gagne une bière.
Du coup, ils nous invitent pour le midi à partager leur table et le soir, nous leur faisons des crêpes, que Mike arrose d'un Pisco Sur, cocktail du coin, de rouge chilien et de bonne musique : Ska P, King Kora, les Rolling Stones, Manu Chao...


Le jour suivant, Mike gagne encore le pari... La tête est un peu lourde, nous avons discuté tard dans la nuit et attendu l'innondation prévue due aux répliques du tremblement de terre du Chili. Ce suisse est de très bonne compagnie. Malheureusement, nous devons échanger en espagnol car il est d'origine allemande. Son père, caporal dans l'armée, a fui son pays en 1936, pour échapper au nazisme, et est resté au Pérou, où il a fondé sa famille, jusqu'à l'effondrement de l'économie suite à un coup d'état. D'où les attaches de Mike à ce pays, où il a pris sa retraite.

Nous profitons de cette journée de plus pour un peu de culture, en commençant par un film en français, chance inouïe(Banlieue 13) et en continuant par une visite, guidée par un employé de la mairie, de la gare désaffectée de Puerto Eten... Cela rappelle à Nico son travail, car il retrouve des machines bien connues dans l'atelier de maintenance des trains : fraiseuses, rectifieuses et gros tours. Nous pouvons voir aussi plusieurs locomotives, la plus vieille de 1867, et des wagons à l'abandon, entamés par l'air marin. Les entrepôts étaient immenses pour stocker sucre et riz qui étaient exportés en grandes quantités via les bâteaux. Un grand ponton permettait aux trains de décharger les marchandises directement sur les cargos.

Malheureusement, la même crise qui a fait fuir la famille de Mike en Suisse, a ruiné le pays. La junte militaire qui avait pris le pouvoir à délaisser l'agriculture et le pays ne s'en est toujours pas relevé. Notre guide nous éclaire aussi sur les cultures pré-colombiennes de la région, vieilles de 5000 ans, Lambayeque, Mochica et Cupisnique. Ces derniers étaient les habitants de Puerto Eten et de ses environs et n'ont pas été englobés dans l'empire Inca. La théorie veut qu'ils soient d'origine polynésienne ou chinoise et ils avaient un mode de vie propre, tourné vers la mer. Le Cerro qui domine le village porte encore leurs traces : mines d'or, lieux de prière (culte de la lune), chemins empierrés...
Une petite baignade clôt la journée : les vagues sont énormes, 3 mètres au moins, et nous "surfons"... C'est impressionnant la puissance des flots ! Parfois, ils nous écrasent, d'autres fois nous sommes aspirés derrière les rouleaux. La mer est d'autant plus grosse que la lune est pleine et que les tremblements de terre successifs doivent avoir quelqu'influence.

Puerto Eten - Cajamarca
C'est reparti ! (la perte du pari)

Le 2 mars, Mike perd son pari et nous faisons nos bagages. Après sept kilomètres, nous retrouvons la Pana' et ses camions, avec le vent de face.
IMGP1381 Via ChepenLe paysage est lunaire.
Sorti des zones irriguées à proximité des embouchures de fleuve, le sable est le roi du désert, ponctué par de grands champs d'ordures.
Les décharges sauvages sont habitées par des hommes qui vivent du tri des immondices, à l'odeur amplifiée par la chaleur torride. Au loin, des montagnes des cailloux, parsemées de cactus...
Nous rencontrons un jeune, en petite moto, qui fait demi-tour pour discuter un moment avec nous. Il est d'origine de Cajamarca et nous invite à l'appeler quand nous y serons. Il aime la compagnie des étrangers et a rencontré il y a trois ans environ le couple qui a suivit le chemin de l'Inca, de la frontière colombienne à Santiago du Chili.

Un peu plus loin, les patronnes du restaurant où nous nous arrêtons, nous informent que nous sommes précédés par un brésilien en vélo. Nous ne le rattraperons pas...
Une pause pour manger une pastèque et nous nous engageons sur la route de Chérrepe. Nous renonçons à passer la nuit au bord de la mer car la route est trop défoncée. Nous demandons donc à des paysans, en train de récolter leur riz, si nous pouvons passer la nuit dans le champ près de leur maison. Ils nous offrent des bananes et des mangues.IMGP1389 Bananier - Pacanguilla Perú Dans ces régions de rizières, nous sommes vite assaillis par les moustiques. Dans la tente, de nouveau la guerre, mais cette nuit, nous la perdrons, malgré la pluie.
La pluie d'ailleurs transforme le champ sablonneux en champ de boue. Nous devons lutter sur les 200 mètres de sentier pour sortir nos vélos, complètement encrassés de paille et de terre qui bloquent les roues au niveau des patins de freins. Un homme en vélo aussi nous suit sur le chemin qui nous ramène à la Panaméricaine. Il nous déconseille de laver nos vélos dans le premier ruisseau rencontré, pollué par les ordures, et nous indique un peu plus loin une eau "plus propre". La différence n'est pas flagrante, mais bon...

Nous démontons les sacoches pour plonger les Bad Boy directement dans la mare. Et là, nous voyons que Nico a crevé... La chambre à air de rechange  que nous avions achetée à Cuenca se révèle inadaptée : valve trop grosse. Donc petite séance bricolage avec les rustines, secoués par le déplacement d'air des camions et assisté d'un homme qui a arrêté sa moto-remorque pour nous aider. Il se moque de Nico, qui a de la boue sur le visage. On voit la paille dans l'oeil de son voisin et pas la poutre dans le sien... Sa femme, son fils et lui sont crasseux, probablement de ces gens qui vivent dans les décharges. Ils transportent des bouteilles en plastique, des chaussures et d'autres déchets qu'ils pourront revendre à Chiclayo. Crasseux, mais généreux...

Nous pouvons enfin repartir et le ciel se dégage pour laisser le grand astre nous écraser. Nous passons Chepen puis Guadalupe pour bifurquer vers l'Est. Des ruines bordent la route, toujours au milieu des détritus, jusqu'à La Ciudad de Dios, où nous quittons la Panaméricaine pour la route de Cajamarca, un peu moins fréquentée et encadrée par les rizières. Le contraste est saisissant entre le fond de vallée, très vert, et les sommets alentours, ensablés par les vents de la mer. Nous nous arrêtons pour nous baigner dans le Jepetepeque, à la couleur turquoise bien qu'on ne puisse pas voir ses pieds dans 50 cm d'eau tiède : quelle pureté !IMGP1403 Grenadier - Ventanillas Perú

Nous remontons le long de ce cours d'eau, que nous traversons par un pont suspendu pour trouver refuge à Ventanillas (Lucarne), qui doit son nom à une fenêtre dans une des montagnes sus-jacentes. Les habitants ne savent pas trop où nous pourrions dormir, mais un professeur du collège nous ouvre les portes de son établissement, pour une installation royale. Il nous fait aussi une visite guidée, assisté par un jeune, Miguel, des ruines de temples Mochica et nous montre des cactus : le Gigantes et le Tuna, ce dernier servant de support à la culture des cochenilles. IMGP1429 Cactus Tuna - Cochenille - Ventanillas PerúCes acariens sont utilisés comme colorant alimentaire rouge. Et oui les végétariens, si c'est marqué "cochenille" sur le paquet de barquettes à la fraise, vous mangez des bêtes...

Nico et Miguel se font piquer par un enculados, genre d'hyménoptère qui fait de vilains gonflements. Ça change des encudos... Nous sommes rejoints par les enfants du village pour la séance photo avec Telmo le prof. Ils veulent tous être pris...

La nuit est plus fraîche : nous sommes à 250 mètres d'altitude, ça doit être ça... Nous repartons plus dispos que la veille, après avoir gaulé quelques maracuyas (fruits de la passion) et nous remontons la vallée, barrée un peu plus loin par un grand barrage.IMGP1446 Barrage Tembladera

Les montagnes se couvrent de plus en plus de végétation : les cactus laissent la place aux buissons, les rizières sont aussi entrecoupées de plantations de manguiers, de vignes, de cheremoya (un autre fruit indescriptible)...
A Tembladera, nous déjeunons à un étal dressé dans la rue, pas cher et très bon. Puis nous nous arrêtons pour nous tremper dans un ruisseau, mais l'eau est trop chaude pour nous rafraîchir.
Nous continuons, dépassons quelques villages sans pouvoir trouver de quoi mettre notre tente. Nous poussons jusqu'à Chilete, et en désespoir de cause, nous prenons une chambre d'hôtel. Bilan : bruit et moustiques... On est mieux dans notre maison de tissu.
L'étape suivante est difficile, faute de sommeil, d'autant que la pente s'accentue après Magdalena. Nous faisons beaucoup de pauses, pour manger des fruits ou faire quelques courses. Les pentes sont de plus en plus arborées, nous jubilons de nous retrouver dans un environnement plus "alpin".

IMGP1515 GloriaDes convois de camions nous dépassent, chargés de lait (ça, ça va), de terre aurifère (ça, ça va aussi) et surtout de produits pétroliers et chimiques (alors là, ça va plus... Ils vont polluer la terre avec toutes leurs mines).
Heureusement, ils sont plutôt conciliants avec nous, dépassant sans trop nous frôler.
Lorsque la pente devient raide, nous abandonnons la partie et trouvons un emplacement devant une belle maison de styleIMGP1464 Glou-glou - San Juan Perú colonial.
Les habitants sont de nouveau très généreux et nous offrent bananes, raisins et cheremoyas.


Nuit reposante, mais Nico est de nouveau malade... Il pédale quand même avec courage pour gravir cette grande côte qui nous mènera à l'Abra El Gavilan à 3050m. Quelques courses à San Juan pour nous ravitailler en Péru Cola et biscuits, nous nous reposons un moment sous les arbres. Le temps est idéal pour rouler, jusqu'à rentrer dans le brouillard, comme c'est souvent le cas vers les cols de la cordillière.IMGP1468 San Juan

Les odeurs des pins et des feux de bois rappellent celles de Haute-Savoie...
Nous sommes heureux, d'autant qu'au fil de la journée, l'état de Nico s'améliore, bien que vidé.
Nous nous décidons à trouver un coin à squatter lorsqu'au virage suivant, nous tombons sur le col ! Victoire, après 32 kilomètres de montée !
Nous empruntons un chemin de terre pour nous installer à flanc de montagne, avec vue (bouchée) sur la cuvette de Cajamarca. Dans l'air résonnent des fracas de rochers et des tirs de mine, exploitations obligent.
Nous dégageons un coin de ses cailloux pour dresser notre camp et nous sourions en enfilant notre pull ! Il fait enfin froid !

Pendant la nuit, la tempête se déchaîne et des trombes d'eaux se déversent du ciel en colère. Pauline se réveille et constate que la tente prend l'eau, par les trous des fourmis, même colmatés...
Cela ne dérange pas son voisin... Au lever, nous prenons soin de bien rester sur nos matelas, c'est la piscine ! En fait, nous avons monté la tente à l'emplacement d'une flaque... Les pas doués... Le  brouillard se lève et nous pouvons voir Cajamarca sous nos pieds. Nous faisons sécher nos affaires avant d'entamer la descente vers la plus grosse ville de la Sierra Norte. La route est un peu chaotique, il y a des mines tout le long. La vue ressemble un peu à la Suisse.

Dans la cité, nous trouvons une "auberge", fréquentée par de jeunes européens surtout, qui travaillent dans des associations ou pour la coopération. Les bénéfices vont à une organisation qui accueille des enfants le samedi et le dimanche, mais nous ne savons pas pour quelle raison. Par contre, nos voisins ne sont pas les as du ménage. Le seul qui en soit content, c'est le chat : il peut voler les restes dans l'évier !!! Et nos draps ont déjà servis... Enfin, ce n'est pas trop cher, en plein centre ville et avec de quoi cuisiner.
Cajamarca est une belle ville coloniale, avec de grands monuments religieux et on y trouve PAIN ET FROMAGE ! Vrai pain, comme de la baguette ! Le fromage n'a pas beaucoup de goût, mais c'est déjà ça comme dit Alain S. Et pour le plus grand bonheur de Nico, il y a aussi du beurre SANS sel... Nous trouverons de l'Elle et Vire, mais trop cher pour notre bourse. Après une journée calme, nous repartons cet après-midi, pour grimper à El Chipche, sur la route d'Otuzco. Nous n'avons pas les cotations, mais nous ferons avec... La suite bientôt !

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 19:38

On a retrouvé le goudron ! (En suivant les fleuves Chinchipe et Tabaconas)

IMGP1096 Rio ChinchipeSan Ignacio - Puerto EtenRepos terminé, affaires empaquetées, over-dose de TV calmée, nous quittons San Ignacio, riche bourg minier (zone aurifère). Quelques coups de pédale pour sortir de la cuvette... Nous espérons trouver de l'asphalte rapidement comme l'indique notre carte, mais non... C'était bien bitumé, avant... La négligence de l'Etat péruvien a laissé les cailloux regagner le terrain. Nous sommes secoués dans la chaleur moite par la descente vers le Rio Chinchipe, qui nous offre ses eaux rafraîchissantes à midi, tant pis pour la pollution au mercure (merci les exploitants des mines). Nous suivons le cours du fleuve, bordé de cultures d'ananas, de IMGP1105 Camping au bord du Chinchipepapayes et de bananes.

Nico a des problèmes récurrents de porte-bagages. La vis cassée est restée dans le filetage et lorsqu'il l'a remonté, il n'a pas pu le fixer correctement, si bien qu'il vient parfois frotter contre le pneu... Nous bricolons une attache avec une ficelle, ce qui nous permet d'avancer jusqu'à trouver une solution pour sortir cette fichue vis.

Le soir venu, nous installons notre campement dans un champ en rive droite. Le bain nous débarrasse de la sueur poussiéreuse et nous cuisinons sur les galets, dans le brouhaha des rapides. L'ambiance magique pousse à la contemplation : le violet du soleil couchant cisèle les feuilles en noir, le souffle du courant apaise et le grondement des flots puissants couvre les bruits. Dans la tente, nous retrouvons la touffeur de l'épais air tropical. Plus besoin de nos sacs de couchage ultra-performants...

La nuit pluvieuse nous rend flemmards : pas envie de patauger dans la boue... Mais à l'arrêt des ondées, plus d'excuses, alors nous plions bagages. Le paysage se transforme : les collines s'aplanissent, parfois écroulées par les farallones (sorte de cheminées des fées) et les bords du fleuve se découpent en rizières nourricières. En chemin, nous doublons des cavaliers. L'homme nous offre des maduros (bananes normales, pas plantains). Puis nous sommes arrêtés par des hommes en armes ! Ils nous demandent une contribution, car ils gardent la route contre les bandits. Heureusement que le montant est au bon vouloir, sinon, nous aurions plutôt eu l'impression de nous faire braquer !!!

IMGP1115 Puerto LimonIMGP1118 Enfin le goudron

Quelques "ports", au nom d'agrumes (Puerto Limón ou Puerto Naranja) permettent de passer le fleuve par des bacs. Pas de pont, c'est trop large, trop tumultueux et probablement trop cher pour desservir les villages reculés. Et enfin, à l'horizon, LE GOUDRON ! Le bonheur quoi, en ligne de mire ! Le plaisir est un peu gâché par les interpellations incessantes de tous ceux qui nous appellent : "Hi gringo !" Si encore ce n'étaient que les enfants, mais les adultes sont encore plus virulents... C'est la première fois que nous subissons ce genre de racisme. Notre rancoeur est apaisée par la générosité de certains lors de la pause "casse-croûte" (sans croûte, parce que le pain, c'est plutôt de la brioche). Cette fois, une dame nous offre une énorme papaye, après quelques mots échangés.

IMGP1126 Rizières - FarallonesLe soleil ne nous laisse pas de répit, mais la large plaine, presque plate, nous permet de bien avancer, avec l'espoir d'atteindre Jaén avant le soir. Nous quittons le Chinchipe pour remonter un moment le Tabaconas, un de ses affluents, avant de le traverser. Au torrent suivant, nous ne tenons plus. Nous abandonnons nos vélos pour nous tremper dans l'eau claire et tiède. Du coup, nous rencontrons deux cousins, Naïl et Daniel, qui traînaient sur le pont au-dessus de nos têtes. Séance photo, en leur promettant d'en mettre une d'eux sur le blog... Finalement, Cesar, le père de Naïl, nous permet de monter la tente dans une pièce inoccupée à l'avant de sa maison. En contre-partie, nous préparons le dîner : spaghetti au thon. Tout le monde en profite, même le chat Limón, puisque Pauline la maladroite renverse le plat... IMGP1130 Quebrada CesarCarmen, chipie de la famille, apprécie beaucoup le poisson et se régale. C'est la seule fille de la famille, en-dehors de la grand-mère, actuellement absente, car la maman a déserté le foyer pour en créer un autre... Réchauffés, si besoin était, par le repas et les portes fermées (lutte anti-moustiques ou encudos, porteurs de la dengue), la soirée se prolonge en discussions avec Cesar, au regard sur le monde assez juste, malgré une forte empreinte religieuse et l'absence de moyen d'information ( a priori pas de TV ni de radio dans la maison).

IMGP1142 Casa de CesarPour le petit déjeuner, c'est au tour de la famille Aguillera de nous régaler, complètant notre avoine par une omelette et des plantains. Notre départ de Cruz Shumba est retardé. Pauline a prêté son vélo aux enfants, qui ont déréglé le dérailleur et tordu quelques dents de pignons. Première et dernière fois que nous nous risquons à laisser nos fidèles amis dans des mains inconnues. Une bonne demie-heure de bricolage arrange les dégâts.
Notre incertitude sur la qualité de la route et la chaleur oppressante influencent notre choix. A Bellavista, nous décidons de rejoindre au plus vite les vagues de la mer, par le goudron, plutôt que de passer par les montagnes de Chachapoyas. Courte journée de plat pour atteindre Jaén, grosse ville boueuse et malsaine. Petit passage sur le net (nous avons enfin l'idée d'écouter de la musique en même temps que de surfer sur le web), avant que Nico parte à la recherche d'une solution pour sa vis cassée. Il erre dans les rues, de ferrailleurs en magasins vides, jusqu'à tomber sur trois ados en vélo, qui le baladent pour trouver LE sauveur ! Il soude une tige au filetage bloqué et le dévisse. Petit malin... Nico fait ensuite des courses de vélos dans les rues de la ville avec Miguel, Sergio et Lymer. Ils nous demandent si nous leur permettons de nous accompagner demain un moment. Rendez-vous pris pour 10h30. Un petit restau au cuisto sympathique  clos la soirée, avant la nuit à l'hôtel de luxe, bien négocié à 20 sol (5.20€).


La vallée du Chamaya

IMGP1146 Cyclistes de JaenNous quittons Jaén escortés par 8 (!) bikers. Le plus dur est vite accompli : un petit col nous fait sortir du bassin de cette capitale provinciale. La descente est une véritable course avec les jeunes, nous rigolons bien. Nous buvons un coup de Péru Cola avec eux et ils nous lâchent peu après, pas fous, quand la pente s'accentue. Nico signe un autographe à l'un d'entre eux... C'est le début de la célébrité... Nous ne roulons pas beaucoup car nous trouvons une canalisation qui déverse son trop plein à bon débit pour nous arroser. Le soleil, lorsqu'il se montre, est toujours de plomb, à la stricte verticale à midi, puisque nous sommes aux environs du sixième parallèle.
Petites montées et descentes s'alternent, tranquillement. La vallée dans laquelle nous nous enfonçons, s'orne toujours de rizières aux échassiers blancs et pourvoyeuses en encudos. Difficile de trouver un endroit où dormir entre les terres gorgées d'eau. L'ancien tracé de la route nous offre une fois de plus de quoi monter la tente à l'abri des regards, malheureusement pas à l'abri des moustiques. Sitôt montée, nous nous y enfermons, car les virulents attaquent même de jour et sous la pluie ! La popote du soir est une séance de torture par piqûres...
IMGP1160 Pucara
Au petit jour, nous sommes meurtris par le sol en concassé de cailloux. Nous nous levons tôt, décidés à profiter un maximum de la clémence des températures matinales, pour la plus grande satisfaction de Nico, qui milite pour le réveil et contre les grasses mat' ! Il est vrai que nous enchaînons bien les kilomètres ce matin mais à 11heures, nous avons déjà faim... Nous nous faisons arnaquer dans un petit boui-boui de Pucará. Moralité : ne JAMAIS oublier de demander le prix du repas AVANT de le manger (et déjà comme ça, c'est pas gagner qu'ils n'essaient pas de saler l'addition).



IMGP1165 Escuela de YermaLes arbres se font plus rares, remplacés par une végétation de buissons secs. La terre devient aride et rougeâtre, peuplée de chèvres. Pour un peu, nous nous croirions au Maghreb. Dépaysant, après les rizières thaïlandaises... Au soixantième kilomètre pile, nous avisons un pont qui enjambe le Rio Chamaya, malgé l'heure précoce. Nous discutons avec les villageois de Yerma, sous l'arbre à palabres (ambiance africaine persistante). Ils nous proposent rapidement de nous installer dans l'école, inutilisée en cette période de grandes vacances. Nous investissons donc le bâtiment de terre et nous filons faire un tour dans l'onde pure et saisissante d'un torrent, juste en amont de sa confluence avec les eaux brunes du Chamaya.  Nous avons prévu une salade de riz pour le dîner, mais elle n'aura pas le temps de refroidir et nous la mangerons encore chaude... Les efforts nous affament comme des ogres !

IMGP1181 Cuello PorcullaSamedi, jour de repos, permet aux habitants d'échanger un peu plus avec nous. Notre réchaud fascine... Quelques averses nous font hésiter mais nous sommes pressés de nous faire chahuter par les vagues du Pacifique. Les gouttes nous apporteront un peu de soutien pendant ce début d'étape. Les rives sont maintenant desséchées et le fleuve est réduit à un menu ruisseau, toujours sale, à cause des gravières et des travaux de la route. D'ailleurs, nous sommes bloqués un moment par ces derniers, au bas de la montée de 16 km qui mène au  col, l'Abra Porculla (ou Porcuya), à 2145 mètres d'altitude, qui nous fera passer au versant littoral du pays.

Le feuillage d'un acacia nous protège pour le midi et nous suons pour gagner en hauteur sous un ciel très dégagé. Au changement de versant, changement de climat : la verdure remplace les buissons sur les flancs montagneux et un dense brouillard à l'odeur d'embruns nous bouche la vue et nous mouille, comme une bouffée de mer. Nous sommes fatigués donc moins attentifs. Pauline ne voit pas une bouteille, qui la fait chuter lorsqu'elle passe dessus. Le bus suivant l'évite de justesse. Ouf ! Plus de peur que de mal, seul le short neuf en a pris un coup... A la première occasion, nous nous arrêtons, juste en amont de Limón de Porcuya. Pour nous remettre de notre montée, agapes à profusion ce soir : thé (clou de girofle et cannelle, de toute façon, c'est le seul qu'on trouve ici...), cacahuètes à potage, plantains frites et riz à la soupe de fèves !!! Repas de rois...

La côte pacifique

IMGP1185 Camping PorcullaLe ciel finit par se découvrir et laisse apparaître les étoiles. Nous profitons du lever du soleil, aux belles couleurs. La blancheur de la mer de nuages contraste avec le vert sombre des plantes et l'ocre de la terre. Moment béni des dieux... Le début de l'étape est facile : 30 km à crisper les doigts sur les freins, mais pas trop fort, épargnés des crampes par une pente modérée. Nous émergeons du brouillard et nous faisons une petite pause culturelle, au début de la plaine, à Boliches, pour voir des pétroglyphes (de vieux graffitis, somme toute...). Plus de photos dans l'album...



IMGP1189 Abra de Porculla
Vers midi, nous nous arrêtons manger à Motupe, vilaine ville. La route commence à être fréquentée et les gros bus se croient tout permis face aux petits cyclistes... Il y en aura même un qui, trop pressé pour attendre que nous ayons fini de passer une zone de travaux, nous poussera dans le fossé ! Colère !!!

IMGP1212 PetroglypheL'objectif, c'est Jayanca, mais arrivés sur place, pas d'hôtel correct... Alors, bien que nous ayons dépassé les 90 km, nous poursuivons dans la forêt sèche, sortie du sol sablonneux. Nous ne sommes pas loin du désert de Sechura. Le bled suivant est encombré par une fête, avec un défilé qui a investi les rues... Nous continuons donc jusqu'à Tucumé, où nous voudrions visiter ses pyramides. A 110 km au compteur (au calcul en fait, nous n'avons pas de compteur...), nous finissons par trouver une chambre, a priori la dernière du village à un prix abordable.

Nous passons une nuit affreuse : une fois la musique du bal arrêtée, la télé du voisin prend le relais et nous nous IMGP1245 Pyramides de Tucumebattons toute la nuit avec les moustiques. Sans compter qu'il fait au moins 30º et que Nico est encore malade... Réveil ensuqué et précoce (toujours les voisins, décidément pas très respectueux)... Nous visitons les pyramides, ville précolombienne, une partie au pas de course, encudos obligent... Le musée est intéressant, avec de belles maquettes et des explications sur les modes de vie des civilisations successives. Les constructions étaient en terre, étayées par des pieux de bois et servaient de lieux publics : temples avec cimetières, marchés etc etc... Et puis, il y a de beaux lézards à la tête bleue ! Rien à voir avec les Incas ou les Lambayèques, mais ça nous a beaucoup plus !!!


IMGP1254 PimentelSéance culturelle accomplie, nous nous dirigeons vers la plage : seulement 50 km (vent de face, merci la mer...), pour Pimentel, cité balnéaire la plus proche de Chiclayo, la capitale départementale de Lambayeque. Sur la route, les gens nous abordent de moins en moins, probablement habitués aux touristes, et ceux qui le font, c'est pour discuter de façon sympathique sur notre voyage. Par contre les prix s'envolent, comme sur toutes les côtes !


Nous trouvons un hôtel correct, un peu cher pour la petite chambre, mais nous sommes à 1 minute de la plage à peine. Tout compte fait, nous ne profitons pas beaucoup de la chambre... Le matelas ne sent pas la rose, il fait trop chaud... Nous investissons, à la surprise du gardien, la terrasse qui sert de lavanderie pour y passer la nuit sur nos matelas de camping. Nous y passons trois nuits, les journées étant dévolues aux habituelles réparations de vélos, lessive, net, baignades... L'océan n'a de pacifique que le nom ! Ses rouleaux en font une plage prisée des surfeurs, mais ici, ça sent trop le tourisme. Le temps de profiter un peu des churros fourrés à la confiture de lait et nous migrons vers le Sud, vers d'autres ports.


IMGP1263 Santa RosaNous dépassons Santa Rosa et Eten.
En bordure des villes, nous rencontrons des bidons-villes de natte et de sacs de riz. Le bord de route est jonché de détritus, probablement les poubelles de Pimentel et de Chiclayo. Un vrai massacre, à l'odeur pestilentielle.
C'est bien dommage lorsque l'on voit la beauté des paysages, le contraste entre l'aridité du sable et la puissance de la mer nourricière, peuplée au loin de chalutiers.
Arrivés à Puerto Eten, nous trouvons une petite pension, impeccablement tenue par un suisso-péruvien. C'est la première fois depuis le début du voyage que nous nous trouvons dans une ambiance aussi propre. Presqu'un soulagement...
Nous profitons encore ce soir de la quiètude des lieux.
Ce petit coin authentique aura été un havre réparateur, pour nous préparer à la remontée vers les montagnes de Cajamarca.IMGP1264 Santa Rosa

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 23:59

IMGP1019 YanganaLe parc Podocarpus

La journée de bus entre Cariamanga et Vilcabamba (c'est bizarre tous ces noms en "bamba", à priori, cela signifie "pampa" en quechua), cette journée nous a permis de souffler et c'est avec plus d'entrain que nous remontons en selle, du pain frais de chez Rom' dans les sacoches. Enfin, Nico a encore eu mal au ventre toute la nuit, mais pour une fois, il n'a pas vomi... La voie grimpe tranquillement, bien que le temps soit plutôt lourd, puis se raidit pour arriver à Yangana. Des jeunes nous interpellent avec des "Hello gringo !" moqueurs, ce qui énerve un peu Pauline. Nous avançons un peu plus loin pour prendre notre repas sur le trottoir. Une famille vient nous voir, nous parlant un peu anglais et français. C'est marrant de discuter avec des gens qui ont un regard plus étendu que leurs propres frontières. C'est encore plus drôle quand ils nous demandent ce que c'est ce truc que nous mangeons... Ben, du pain...
Reprise de l'ascension. Le revêtement passe du bitume à la terre et après un premier col, nous amène à une cuvette verte d'herbe, bordée de toutes parts par les arbres luxuriants du parc Podocarpus (variété de résineux endémiques). Nous nous dirigeons vers le mauvais temps : les nuages se sont accrochés au relief  que nous envisageons de traverser. D'ailleurs, il commence à pleuvoir, bien qu'il fasse toujours chaud.
IMGP1026 Chantier PodocarpusPlus haut, des hommes refont la route : "La revolucion-vial" (révolution de la route) du président Correa. Nous patientons un moment que les pelleteuses veuillent bien nous laisser nous embourber dans le champ de boue du chantier. Au passage, nous nous renseignons sur la suite. Une petite descente et c'est plat ! Tu parles... OK pour la petite descente, mais ensuite, c'est grande montée, terre détrempée et chutes de pierres constantes, Nous devons pousser tellement c'est raide et mauvais. En plus, il pleut carrément et maintenant que nous voudrions nous poser, nous sommes pris en sandwich entre la falaise amont et la jungle aval...
IMGP1029 Camp PodocarpusNous sommes sauvés par un pylone électrique qui nous offre un terrain de camping.  Le pauvre Nico est toujours malade, tellement tiraillé par les spasmes abdominaux qu'il ne peut pas monter la tente. Nous nous déshabillons dehors et nous nous enfilons dans nos sacs de couchage. Pas de courage pour faire à manger. Nous dînons des biscuits et des fruits (bananes pour Nico, car contrairement aux croyances locales, ce n'est pas lourd à digérer...).
Le plus dur, après le petit déjeuner, c'est de remettre les fringues et les chaussures mouillées, surtout les 10 premières minutes quand rien n'est encore réchauffé... Pas envie de quitter notre nid douillet mais il le faut bien. Nous traversons quelques guets, un au pied de la "valle de los muertos" (vallée des morts). Il bruine, la route s'aplanit, mais ne pas avoir bien manger la veille nous pénalise et nous manquons d'influx dans les raidillons. Bientôt, nous amorçons une plongée vertigineuse vers Valladolid, bien secoués par la caillasse. Au village, c'est le festin : nous fêtons la fin du Podocarpus par un almuerzo, avec une truite pour Pauline.IMGP1030 Route Podocarpus
L'après-midi, nous ne pouvons pas échapper à la pluie, qui creuse des ornières. Nous nous enfonçons parfois jusqu'aux chevilles dans la gadoue collante. D'autres fois, impossible de pédaler dans les montées, les pneus restent scotchés au sol. Partout, les ruisseaux grondent et nos montures, comme nous, souffrent.
A l'étape Palanda, nous trouvons une pension bien tenue et, les vélos nettoyés, nous passons sous la douche tout habillés pour nous décrotter. Nous installons la tente sur le toit dans l'espoir de la faire sécher.




Le jour le plus long...

IMGP1051 Palanda
La pluie nous réveille pendant la nuit et nous attendons la fin du déluge pour récupérer nos affaires. Évidemment, tout est imbibé d'eau... Nous repartons, objectif Zumba à environ 40 km. Rapidement, la boue nous macule de nouveau. A plusieurs endroits, des engins de chantier oeuvrent pour dégager ou reconstruire une voie praticable : de gros glissements de terrain suite aux intempéries de la nuit barrent la chaussée. Ça dégringole toujours puisque nous échappons de peu à une chute de pierres dans une zone instable. Et nous nous faisons rincer...
IMGP1052 Glissement de terrain PalandaAvec toutes ces épreuves, une vis du porte-bagage de Nico casse et en réparant, nous forçons, faisant céder la soudure réalisée à Chunchi. Galère ! Un bout de ficelle servira de réparation provisoire jusqu'à la prochaine ville. Du coup, ambiance tendue...
Nous ne nous arrêtons pas pour manger, grignottant seulement fruits et biscuits vers 16h. A chaque fois que nous demandons si Zumba est encore loin, les passants nous répondent : "Una cuestita y despues es plano" (une petite côte et après, c'est plat). Tu parles, ils n'ont pas la même notion du dénivelé que les cyclistes, surtout ceux en voiture... On devrait leur prêter un vélo un jour pour leur montrer si c'est plat... Nous comptons deux côtes vraiment pénibles, où même pousser est difficile.IMGP1059 Subida Zumba
Dans certains coins, nous sommes attaqués par des nuées de mouches piquantes et d'aoûtats, malgré la couche de boue. La route n'en finit pas aujourd'hui. Vers 18h, nous faisons une pause "Ducales" (sorte de biscuits comme des Tuc). Nous hésitons à trouver un coin où passer la nuit, vers un hameau. Mais le temps nous est compté dans ce pays et nous poursuivons, à la frontale. Au bout d'une heure et demie, nous sommes contrôlés à un poste militaire, une pré-douane, qui annonce l'entrée de la ville. La première pension fait l'affaire, tant pis si les draps, pas propres, nous obligent à dormir dans nos sacs à viande. Hamburgers pour changer du riz-poulet et vite au lit, épuisés par presque 9h de pédalage dans des conditions difficiles.


Débarquement au Pérou (et chez les cafards...)IMGP1048 Mariposa

7 février 2010 : ultime jour du visa équatorien et départ difficile, les cuisses raides... La route est encore pire que les jours précédents - nous ne pensions pas que cela puisse être possible... - jonchée de pavasses et creusée par une chenille qui nous précède. Le premier torrent est en crue, les flots marrons grondent sous le pont de tôle.  Nous sommes rapidement bloqués, quelques virages plus loin, par une énorme coulée de boue, qui a entraîné un pan de forêt de 50 mètres au moins et créé une petite retenue d'eau. La chenillette que nous entendions rouler, commence juste à déblayer une zone pour construire une autre route. D'autres gens qui patientent pour passer en moto, nous aident à organiser un portage le long de la coulée. Il fait très chaud, 26ºC à l'ombre au moins. De nombreux papillons croisent notre chemin : bleus, azur-rouge-noir, verts et noirs, parfois grands comme la main de Nicolas. Pas de bol, ce sont seulement les bruns qui veulent bien se poser !... C'est beau et ça distrait un peu. Nous descendons de temps en temps de nos vélos pour pousser. Difficile d'enchaîner les étapes, le Pérou se paie cher.
IMGP1063 Eboulement ZumbaEn haut de notre plus grande côte de la journée, des gens nous offrent des uabas, sortes de gros haricots de 50 cm à 1 m, contenant des fèves entourées de pulpe juteuse et douçatre. Sympa.. A El Choro, pause déjeuner sur la place du village. Des gamins, de 6 ans environ, en guenilles, viennent discuter avec nous, puis sortent un portable dernier cri pour nous prendre en photo ! C'est la modernité !
Sur la carte, rien n'est détaillé aux alentours de la frontière : un trait à la règle relie Zumba-Ecuador à Namballe-Perú. Nous nous faisons contrôler à un poste militaire, suivons un moment une piste qui parcourt le sommet d'une crête, avant de perdre rapidement de l'altitude en rejoignant le rio Blanco Canchis, qui délimite les pays. Heureux, nous tendons nos passeports aux douaniers, en short de foot (!), savourant leurs mines quand ils voient la date échéance. Hé oui ! Nous évitons 200 $ d'amende par personne...
IMGP1067 PucapambaNous enjambons l'énorme fleuve par le Puente del Integracion, en zone franche... Coté péruvien, nous nous asseyons dans le bureau de la "migracion", pour remplir la fiche informative sur nos motivations à venir dans cette contrée. Le fonctionnaire nous interroge un peu. Que buvons-nous pendant l'effort ? (ben, de l'eau, on va pas boire de la bière) Combien de temps avons-nous mis depuis Quito ? (90 jours pile-poil)  Combien de temps nous voulons rester ? (6 mois, on a mis beaucoup de temps pour l'Equateur, et le Pérou c'est encore plus grand...) Est-ce notre bonne tête ou le peu d'envie de nous garder dans son IMGP1070 Douane La Balsabureau pour entendre le plaidoyer de deux fous qui macèrent dans leurs chaussettes mouillées depuis 4 jours (la honte on avait, tellement ça sentait), toujours est-il qu'il nous met 183 jours d'office, le maximum autorisé. La classe ! Même pas besoin d'aller quémander du rab dans les dédales de l'administration de Lima...
Heureux comme des papes, nous donnons un dernier coup de rein pour atteindre Namballe, décidés à prendre du repos. Un seul hôtel dans le village, décoré de Winnie. Mais c'est pas l'ourson qui l'habite, ni même son copain Tigrou (coucou Raph). Ici, c'est Cafardland ! L'horreur ! Pas de douche, pas de draps dans le lit et de l'eau jaune sort du robinet !!! Nous laissons la chambre aux vélos et opérons un repli stratégique sur le toit, où nous dormirons sous la tente.




Dernier effort...

IMGP1075 Nueva EsperanzaDès le lendemain, nous fuyons. Pas de kilométrage sur la carte pour aller jusqu'à San Ignacio, mais renseignements pris auprès d'un chauffeur de taxi, il y a 50 km et une seule côte. En fait, la côte fait 34 km, nous nous en rendrons compte plus tard. Nous passons la journée à espérer qu'au prochain virage, nous déboucherons sur le col. Une fois, Nico débouche surtout sur un énorme taureau noir, qui se met à courir dans sa direction. Bon réflexe, il descend de vélo et le mastodonte stoppe pour le regarder passer d'un air méfiant.
La pause de midi est écourtée pour cause de mouches, qui nous harcèlent, nous et nos sandwichs en dernier vrai pain avant nous ne savons quand... Nous suons sang et eau, à tel point que nous nous arrêtons pour reprendre notre souffle, même quand nous poussons nos montures. C'est encore plus rude cette canicule, que le froid ou la pluie. Pas possible d'atteindre San Ignacio aujourd'hui, les pentes abruptes des collines n'offrent pas d'emplacement pour la nuit. Nous comptons sur le stade de foot du prochain hameau. Il est au sommet de la fameuse côte !
Nous rencontrons Aymer, qui nous fait asseoir devant le magasin de sa mère pour que nous nous reposions. Attroupement d'enfants ! Nous en comptons une vingtaine venus voir "les gringos" (c'est un peu pénible comme nom, surtout que ça veut dire américain). Nous demandons à Aymer où nous pouvons passer la nuit, puisqu'il n'y a pas d'hôtel et que le stade boueux est occupé par un match. Il nous invite chez lui, pour le gîte et le couvert. Nous sommes un peu gênés... En parlant, nous apprenons que son cousin a des ruches. Nico part pour acheter du miel (fleurs de uabas et de caféier) , mais il reviendra avec une bouteille gratuite. Nos hôtes, vraiment généreux, nous ont préparé une plâtrée de spaghettis, que nous partageons à la table familiale, avec Abigail 3 ans et Karen 7 mois (qui mange aussi des spaghettis !!!). Ils nous conduisent pour la nuit à l'étage. Leur maison de terre battue de briques de pisé est plus propre que l'hôtel de ciment de la veille.IMGP1090 Tempo
Pour le petit déjeuner, rebelotte Isabel, l'épouse, nous sert comme des rois : riz, banane plantain, fromage et lait d'avoine. Si l'accueil est partout le même au Pérou, nous serons grandement redevables à son peuple. Moins de 17 km nous mènent à San Ignacio. La route, toujours en cailloux, est sillonnée par des motos, certaines transformées en taxi : un chauffeur sur la selle et 3 passagers plus bagages sur la banquette aménagée à l'arrière. Les déco' sont superbes : un éventail qui va de la pin up à Batman... Le pire, c'est que ce sont quasiment toutes des 125 !
Au bout du chemin, nous trouvons notre récompense : il y a des glaces au Nesquick !!! Et un hôtel sans trop de bestioles... Nous nous reposons depuis quelques jours dans ce coin tranquille, pour reprendre des forces et débroussailler les moutons...

IMGP1083 Mouton avant tonte
IMGP1086 Pendant la tonteIMGP1087 Mouton après la tonte

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article
4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 01:19

IMGP0928 Paysage VilcabambaNuit très reposante avant de prendre la route. Nous faisons le trajet inverse pour retourner à Malacatos. De là nous prenons le plus court chemin jusqu'à Cariamanga où se trouve la plus grande paroi ouverte d'Equateur. Le paysage est beaucoup plus sec qu'à Vilcabamba. IMGP0936 Malacatos
Une descente nous permet de rejoindre le fleuve Catamayo que nous traversons avant d'attaquer les premiers lacets du col qui nous permettra de changer de vallée.
La route, peu fréquentée, est pasée de l'asphalte à la terre, ce qui nous demande plus d'efforts pour avancer. La chaleur et le soleil sont écrasants et c'est à grosses goûttes que les mètres sont grapillés.

Vers 16-17h, un bassin de récupération d'eau nous attire pour, dans un permier temps, remplir nos gourdes. Un peu en aval, un emplacement idéal pour poser la tente surplombe la vallée, nous n'y résistons pas. Après un bain dans le bassin et un repas bienfaiteur, nous nous affalons de fatigue.

Le réveil est dur, nous reprenons nos vélos alors que nous n'avons pas encore assez récupéré des efforts de la veille. Le col n'est pas aussi près que nous le pensions et une bonne heure et demie nous permettent de l'atteindre.
IMGP0959 Col PurunumaLe paysage change, les cultures fleurissent plus de ce côté, le vert reprend le dessus sur le rouge de la terre.
Après une petite descente, nous déjeunons au village de Pùrunuma où la seule personne qui nous interpelle demande de l'argent pour ses pauvres jambes. A-t-il pensé aux nôtres ?... La digestion aidant..., nous passons notre deuxième col du jour sous un soleil toujours aussi rude.

Malheureusement, sur les routes en terre, les descentes sont aussi difficiles que les montées, les avants-bras et les freins fument. A Gonzànama, nous retrouvons enfin le bitume qui nous permet d'enchaîner les kilomètres. A 17h il est temps de trouver une place de camping mais après plusieurs refus, nous continuons jusqu'à Cariamanga.
Aux portes de la ville, nous recontrons Mosaïn, un vététiste du coin, qui nous amène directement à Rodrigo, notre contact pour les voies d'escalade. Il est 18h30 lorsque nous nous posons enfin après 7h d'effort. Nous sommes fourbus.
Rodrigo nous présente son ami Gilbe qui nous prête sa villa pour notre séjour !
Nous en profitons allégrement.IMGP0985 Villa Cariamanga

Le lendemain nous sert à un repos bien mérité et à l'entretien des vélos.
Nous sommes prêts pour aller affonter la voie du Cerro Ahuaca. Durant la nuit, Nico tire son ticket pour les toilettes... La place est réservée mais à partager avec une grenouille. De plus les peu d'heures de sommeil sont perturbées par le bourdonnements d'un moustiques et les aboiements d'un chien stupide (comme beaucoup ici...).


Au matin, nous nous motivons tant bien que mal pour grimper sous les projecteurs de Rodrigo et de la télévision locale (Cariamange TV) ! Caméra en main, ils nous filment sur les 3ères longueurs. Nous sommes des stars...
Nous remontons le sentier dans les bois qui mène au pied de la paroi, sans problème, si ce n'est la frayeur de Nico devant un joli serpent d'un mètre environ... La 1ère longueur met un peu la pression : quelqu'un a volé le premier spit ! Nous sommes bien dans une dalle... C'est du 5+, comme la 2ème longueur d'ailleurs.
IMGP0992 MultidiversionLes points sont assez nombreux, surtout dans les 3ème et 4ème longueurs : un bon 6a+, suivi du crux. Seulement il y a 2 possibilités : celle de gauche, plutôt 6c, celle de droite, pas évidente non plus, suivi d'un méchant pas d'adhérence, qui met les nerfs du 1er de cordée à l'épreuve. Le reste de la voie est plus débonnaire, quoique joli. Nous sommes au sommet après 2h45 d'escalade ! Le pauvre Nico, les entrailles tiraillées et la soif ardente, n'est pas au mieux...

Nous empruntons le sentier de descente mal marqué, au milieu de la végétation luxuriante (et agressive). Un petit combat, puisque plus fatiguant que la voie...


De retour à "notre" résidence, à peine le temps de grignotter que Rodrigo arrive pour nous interviewer. Non content de ses propres capacités, il fait appelle à Gabriel Llama, reporter de ... Cariamanga TV ! Eh oui !
Nous allons passer au JT le soir. En récompense, nous allons déguster un verre de jus de canne fermenté...
Nous nous couchons épuisés, certainement à cause de tous ces flashs...
La grenouille a déménagé dans la cuisine, le moustique, lui, devait se trouver à son aise dans la chambre, puisqu'il nous tient encore compagnie...
Nous passons voir Rodrigo pour échanger films et photos et nous nous empressons de pédaler pour Amaluza.

La 1ère partie de la route est en gravier et goudron frais. Nous sommes goudronnés... Nos vélos rutilants aussi... Petit col, la terre et le concassé de roche remplace les gravillons, c'est un peu mieux mais nos montures et cavaliers sont mis à très rude épreuve, d'autant que la chaleur est devenue tropicale. Suées vite empoussiérée. Nous espérons le goudron un peu plus loin mais Soeur Anne ne voit rien que la route qui poudroie.

A 20km d'Amaluza nous décidons de retourner en bus à Vilcabamba. A cela plusieurs raisons : le temps qui presse pour passer la frontière, la route qui n'ira pas en s'améliorant au-dessus d'Amaluza à cause de sa non- fréquentation et des pluies qui commencent à sévire. Le bus nous ramène à Cariamanga en 2 petites heures ce que nous avons fait péniblement en 6h avec une grande partie de descente... Faut dire qu'ils ne vont pas de pieds morts sur le champignon, impossible de tenir debout dans le bus...

Le lendemain nous arrivons à Vilcabamba, notre point ultime atteind en vélo de ce côté de la montagne. Après une bonne soirée passée à nouveau chez Rom', nous prenons de nouveau la direction du sud. L'amende de 200$ par personne commence à nous pendre au nez, il nous faut boucler les 135km jusqu'au Perou en 4 jours !

Repost 0
Published by Nikopol - dans vélo
commenter cet article