Partager l'article ! Ayacucho - Cuzco en passant par Choquequirau: Ayacucho-Abancay Cette ville d'Ayacucho a son charme ...
Ayacucho-Abancay
Cette ville d'Ayacucho a son charme
avec ses multiples églises, sa place d'armes, ses rues piétonnes et l'architecture du centre. Nico prend
sur lui pour aller visiter le musée d'anthropologie qui se révèle intéressant tout compte fait. Il retrace l'histoire de l'homme sur le continent sud-américain, ses modes de vie successifs,
ses différents peuples : Wari, Chavín, Tiwanacu, Cupisnique, Lambayeque, pour finalement arriver aux Incas et à la conquête espagnole. On trouve des restes archéologiques sur ce
continent, datant de l'homme de pierre (30000 avant JC). Le musée expose de belles poteries
aux motifs parfois surprenants (on croirait du Geluck !), certaines d'usges courant et d'autres richement décorées probablement d'utilité rituelle, ainsi que des crânes déformés ou trépanés, pour des motifs religieux ou médicaux. Le plus fou
est de savoir qu'ils réussissaient à guérir certains troubles neurologiques ! De la même façon que les égyptiens, les
peuples sud-américains momifiaient leurs morts, laissant derrière eux des corps bien conservés, aidés aussi par le climat frais et sec.
Nous sommes de retour à l'hôtel à temps, ouf !, pour voir Uruguay-Hollande. Il faut de la culture pour tous !
Un cruel dilemne s'impose à nous, sachant les 400 km de piste qui
nous attendent jusqu'à Abancay. Nous décidons à partir en
vélo mais après 30 km de montée très très
poussiéreuse et vaincue par les spasmes abdominaux, Pauline fait du camion-stop nous entraînant sur la voie de la facilité, non moins poussiéreuse. Nous descendons du camion aussi blancs que la
route... Nous réenfourchons les vélos jusqu'à une petite lagune à plus de 4000m pour poser la tente. Certains courageux se lavent même dans le lac à l'eau presque tiède.
Au réveil, Pauline toujours malade, nous nous limitons à la grande et très belle descente sur Ocros. Sur la place du village, nous
assistons aux exercices de défilé militaire des élèves du primaire. C'est
plutôt folklorique surtout que les profs se prennent au sérieux pour épater les gringos. Pas motivés pour continuer à bouffer de la poussière, ni pour affronter
les hordes de moscas enragées, nous prenons le bus le lendemain à 11h pour Abancay avec une correspondance à Andahuaylas. Nous débarquons de nuit dans un hôtel, devant lequel sèche de la
cochenille. Nico réclame une serviette pour la douche, le veilleur lui propose la sienne pour 1 sol. On finit par lui en filer une de la taille d'un gant de toilette...
Nous prenons le petit-déjeuner au marché chez une mamita, très rigolote, du nom de Josia. Quand nous voulons la payer avec un billet de 100 soles, elle nous répond que pour le prix elle nous laisse son échoppe ! Un papy essaye de marier sa fille à Nico ensuite, ce qui amuse bien la galerie...
Choquequirau
Le 09 juillet, nous entamons la montée au col
qui surplombe Abancay. Chemin faisant, Nous croisons une 2CV décapotable ! 2 jeunes français, Quentin et Tristan, sont partis de Saïgon où ils ont
récupéré la voiture laissée en 2006 par une autre équipe lors d'un
précédent voyage (Paris - Saïgon). Ils comptent
rejoindre Paris. Nous avançons encore quelques petits kilomètres lors de cette courte journée de vélo pour nous arrêter dans un endroit bien vert. Un gamin, Yoel, coupe l'herbe à cyu, l'alfalfa,
sous l'oeil attentif de son grand-père. Nous mettons la tente juste à côté...
Le jour suivant, nous en finissons avec ce col (3970m) de 1600m de dénivelé et 36km de long dont nous pouvons admirer les
sommets enneigés de la Cordillère Vilcabamba, le Salcantay étant son point culminant (6271m). De là, nous plongeons vers Cachora, village de départ pour le site inca de Choquequirau ou Choquicarao (ou comme tu veux l'écrire, car ici,
l'orthographe c'est plutôt du style aléatoire) et nous arrivons juste à temps pour voir la finale Hollande - Espagne, qui n'atteint pas des sommets (c'est du foot !). Nous rencontrons
Vincent et Marine, revenant du site,
subjugués par l'énergie qui en ressort. Faut dire que le San Pedro (cactus hallucinogène) les a bien aidés... Le soir nous sommes invités à fêter la vierge du Carmen, arrosés de Chicha. Nous nous
esquivons rapidement pour nous reposer en vue de la rando du lendemain.
Pour débuter, un vol de perroquets nous surprend ! Un long plat de 12 km mène au mirador Capuliyoc, jolie vue sur le rio
Apurimac, puis nous rejoignons la Playa Rosalina, vers 16 h, après 10 km de descente en plein Nord donc en plein cagnard. La nuit est douce et agréable. On regretterait presque d'avoir pris
les sacs de couchage...
Au réveil, nous sommes attendus de pieds fermes par les moscas embusquées devant la moustiquaire et nous ne traînons pas dans la montée raide pour en réchapper. Ce versant-là, ombragé par la selva (forêt),
offre une fraîcheur bien agréable. A Marampata, nous cherchons un menú qui nous est proposé à 10 soles ou l'oeuf
à 1 sol (au lieu de 4 pour le même prix...) : nous mangeons notre pic-nic ! Au détour du chemin, nous apercevons enfin les ruines. Une heure nous permet de relier ce dernier village au camping du site où nous nous reposons
le reste de la soirée.
La visite du site commence par de majestueuses terrasses qui étaient des zones de cultures auparavant. Puis nous débouchons sur la place
principale. Un petit tour par la maison des prêtres (casa del Sacerdote), on évite la maison de la puce
(pikiwasi), on ne sait jamais, et descente vers d'autres terrasses ornées de lamas blancs. Nous
terminons la balade par les ateliers et les
habitations pour les riches. Celles des basses classes de la société n'avaient que le soubassement des murs en pierre, le reste de la construction étant en
adobe (brique de terre crue). Une fin de descente de nuit nous permet de rejoindre le camping de Santa Rosa, tenu par l'agréable et
le perspicace Julian.
Au matin, nous croisons Kamil, un polonais rencontré la veille. Il visite le Pérou en 15 jours. C'est un batelier naviguant entre son pays, l'Allemagne et la Hollande. Nous espérons le rejoindre à Cuzco. La mule de son arriero s'est fait mordre par un vampire (chauve-souris). Une dernière journée harassante nous ramène à Cachora où nous nous reposons deux jours à l'hôtel, non sans avoir attrapé des puces en mangeant un papipollo.
Cachora-Cusco
Un taxi-collectif (8 pers. dans une Corolla) nous évite la
partie de piste et nous profitons d'une très longue descente jusqu'au Río Apurimac (lit du fleuve à 2000 m d'altitude) où nous sommes assaillis par les moscas. Et là, la montée recommence pour 12
km et 400 m de dénivelé gagnés sur l'étape suivante. Nous sommes accueillis par Marcelino qui nous propose son jardin pour camper. Sa femme nous offre un papipollo pour le dîner.
Le réveil est avancé pour profiter de la fraîcheur matinale et de la léthargie de certains insectes... A la sortie de Limatambo a été érigé le site de Tarawasi où nous pouvons admirer les premiers murs de pierres jointes. Après 36 km de montée et 1300 m de
dénivelé, nous avons l'énorme satisfaction de déboucher au col. Malheureusement, il manque 50 km jusqu'à Cuzco et nous en ferons seulement 20 pour finir dans un champ infesté de
puces. Encore une victoire du monde des insectes sur celui des hommes !
Après un guerre rangée contre les malvenues, une demi-journée nous permet de gagner la très belle citée de Cuzco où nous faisons la connaissance d'un couple de lauzannois ainsi que de Marie, la bretonne.
On nous a dit...