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Le peuple de l'Inca voyait grand :
Quosqo signifie, en queshua, le "nombril du monde". L'histoire ne nous dit pas s'ils ont raison... Quoiqu'il en soit, cette ville est chargée de son passé. A chaque coin de rue, on y trouve des
monuments, principalement de l'époque de la Conquista. Les espagnols, un peu fainéants, ont cependant gardé les fondations et le
soubassement des murs précolombiens pour y asseoir leurs propres édifices : maisons bourgeoises, églises, couvents...
L'empire des fils du soleil fut plutôt court, pour autant que leurs descendants s'y retrouvent aujourd'hui. Il n'y eut que 14 Incas (le mot Inca signifiant "chef"). Voilà pour les repères :
Le 22 juillet, après une journée repos (forcée pour
Nico à cause du "mal de ventre"), nous partons à l'assaut de la culture ! Première étape : sexywoman, euh... Sacsayhuaman ou Saqsaywaman! Surplombant la cité, ce site se compose de grandes
murailles, aux pierres énormes et ajustées de telle façon qu'on ne peut rien glisserentre ! Nous montons le long de la route, contournant la billetterie. En effet, il faut s'acquitter d'une
taxe pour entrer dans les ruines, construites entre les règnes de Tupac Yupanqi, Waynaqhapaq et Washar (de 1471 à 1530).
Comme nous n'avons pas envie de nous défausser de nos
soles, nous regardons le site de loin. Outre les énormes pierres, on remarque facilement que c'était probablement un centre rituel. D'ailleurs, les chrétiens ont construit non loin de là une
grande statue blanche, les bras levés au ciel : un saint ou un Christ ? L'endroit est propice à la religion. Puisque la balade est longue, nous interpellons un gardien, lui demandant notre
chemin. Il nous fait traverser le site, puis nous nous mêlons à la foule et redescendons en ville, tout en longeant les gigantesques murailles. Nous avons vu beaucoup du lieu, pour pas un peso !
Nous lirons dans un guide que Sacsayhuaman aurait été aussi un dépôt militaire et qu'une lagune artificielle aurait été construite à des fins rituelles.
L'après-midi, nous visitons le musée Inca, un peu bazar et
où il est interdit de faire des photos ! Quelques momies, des poteries et des explications sur le Machu Picchu et Choquequirau. Rien de transcendant ! Sauf peut être la modélisation de Moray, un
site agricole où une technique avait été mise au point pour cultiver des plantes de régions plus chaudes. Des terrasses s'étagent de façon concentriques permettant qu'au centre, la
température s'élève (gain d'environ 5ºC/terrasse). Plus d'explications ici...
Le soir nous passons à la Casa Elena, un bel hôtel tenu par un français et sa femme, à la recherche de renseignements sur les conditions en montagne. Yves nous reçoit très gentillement et nous propose une journée de grimpe dimanche, sans lui car il a laissé de côté la montagne pour se consacrer au parapente ! Nous parlons un bon moment. Un couscous à l'alpaga conclue la journée.
Nous commençons paresseusement cette nouvelle journée,
surtout Pauline qui apprécie de boire des cafés avec Marie la Bretonne sur la terrasse ensoleillée ! Nous visitons les marchés artisanaux, à la recherche d'une ceinture pour le pantalon de
Pauline. Au final, nous achetons le cordon qui attache toutes les ceintures d'une petite mamie de vendeuse. "Modèle unique" nous dit-elle !
L'après-midi, nous croisons fortuitement Marie que nous entraînons visiter le couvent de la Merced. Nous y voyons un beau bâtiment, avec des peintures pas toujours catholiques ! Beaucoup traitent des enfers, avec des représentations monstrueuses de gens se faisant dévorer et/ou torturer. Le clou du spectacle est pour beaucoup le merveilleux trésor : tabernacles, encensoirs, custodes (porte-hostie)... Une de ces dernières pèse 22kg, dont une bonne partie en or, ornée de plus de 1500 diamants et 600 perles. On vous passe les rubis et autres pierres précieuses. Cependant nous sommes loin de ces considérations vénales et pour nous, le meilleur consiste en le fabuleux dallage de pierre d'une des salles, qui nous aura permis des glissades magistrales !
Nous terminons par la visite de l'église, où se déroule la
messe. Les péruviens font une très forte consommation d'eau bénite d'ailleurs! Les Jésus sont
sanglants et d'autres sont entourés de peluches ou autres donations symboliques pour qui veut s'attirer les bonnes grâces du ciel. Durant la nuit, pas de chance, Nico est de nouveau malade. Nous
loupons le rendez-vous avec le Club Andino, club de montagne cusquénien. Nous ne connaîtrons pas les falaises du coin, ni même les montagnes car nous décidons de ne pas tenter d'ascension
compte-tenu des maladies récurrentes. Le pauvre Nico repasse une journée entière au lit !
Le lundi, ça va un peu mieux. Nous mangeons au marché avec Marie et nous y trouvons le bonheur de Nico : un beau Wiphala, aux couleurs de tawantinsuyo. Traduire : drapeau représentant l'arc-en-ciel de l'empire inca réuni. Ce sont des bandes de couleur
horizontales, tandis que les différentes régions (ou suyo) avaient un drapeau en damier, représentant eux aussi l'arc-en-ciel.
Le soir, c'est encore luxe. Nous mangeons de nouveau avec l'amie Marie au Kukuli puis nous complétons notre repas par quelques crêpes-dessert. Au petit-déjeuner, rebelotte: nous finissons la pâte, à grand renfort de chocolat. Marie boucle ses bagages
alors que nous partons visiter les "salinas", dans la vallée sacrée.
Nous traversons la ville en plein milieu des festivités. C'est la "semaine patriotique", mieux que la fête nationale, qui dure elle déjà deux jours (28 et 29 juillet). Ça permet aux perúnaos de faire plus de défilés, dont ils sont très friants, et de boire aussi plusieurs soirs d'affilé ! Il y a même les pompiers ! Coucou David !
Nous prenons le bus pour Urubamba puis sur quelques kilomètres un collectivo, qui nous dépose au pied du sentier. Nous ne faisons que croiserles promeneurs ! Beaucoup
se font déposer à l'autre entrée... tandis que nous, après une bonne demie-heure de balade, nous débouchons sur les salines, sans passer par la case "billet". Encore 10 soles d'économie ! L'eau
d'un ruisseau passe sur les différentes terrasses et dilue le sel du sol, alors
récolté par les exploitants. Les 4000 bassins étaient exploités avant même les incas.
La fin de journée se passe à préparer notre départ pour le jour suivant et la soirée à discuter avec des seine-et-marnais qui reviennent en famille du Machu Picchu, par les chemins détournés de Santa Teresa. Ce sont de grands voyageurs qui ont pris le trans-sibérien lors d'un périple.
On nous a dit...