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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 20:33

IMGP4508 Mantaro

 

Jauja - AyacuchoFinis les matchs de foot à Jauja : nous repartons le mardi 29 juin, juste avant l'anniversaire d'Alain, de Mireille et de Françoise. Nous empruntons la route rive gauche du Mantaró et les kilomètres défilent avec plaisir, puisqu'il nous faut 2h pour atteindre Huancayo, à une bonne quarantaine de bornes. La ville semble plutôt agréable. Cependant, nous ne nous arrêtons que pour demander renseignements à la police quant à la direction à prendre.

 

IMGP4476 PampacruzA la sortie de cette grande agglomération, nous nous trompons ce qui rajoute 5 km à notre compteur. Pause déjeuner pour profiter du bon pain de Jauja, juste avant d'attaquer la montée, car la route fait faux-bond au Mantaró. Bien que la côte soit raide, les paysages nous ravissent : le blond des blés mûrs contraste avec le rouge de la terre. Vers 15h30, après Cullhuas, nous trouvons un terrain d'herbe derrière des maisons. Nous n'y rencontrons que 2 enfants, Edmilia (8 ans) et son frère Rafael (12 ans), avec lesquels nous entamons un match de foot, difficile pour nous car nous sommes à 3650m. Nico va acheter du Kola Real à "déguster" ensemble pour nous IMGP4487 Champs Acostamboremettre de nos efforts. 

 

Le reste de la famille rentre des champs un peu plus tard : la maman et l'oncle, le père travaillant à la mine vers Arequipa, rentre rarement. Du coup, la tante s'arrête discuter, ainsi que les voisins. Ils sont intéressés et agréables, surtout que pour une fois, on nous appelle tio et tio (tonton et tata) plutôt que gringo et gringa !

 

 

IMGP4482 Abra TelleriaLe lendemain, il ne reste que 9 km avant le col, abra de Telleria, à 3911m. S'en suit une descente vertigineuse, d'abord fraîche puis la température s'élève quand nous rejoignons le Mataró, à la vallée encaissée. Nous allons jusqu'à IMGP4491 Descente vers le MantaroIzcuchaca, oú nous hésitons un peu : soit remonter à Huancavelica, soit continuer à suivre le fleuve. Nous optons, après le repas, pour la deuxième solution. Nous quittons le goudron  pour la terre. Encore 20km avant de trouver refuge devant la maison d'un couple aux nombreux enfants. Ils nous offrent une brassée de grenades. Nous passons la nuit surveillés par un drôle d'oiseau...

 

IMGP4498 IscuchacaRéveil au clairon, joué par le fils qui s'en va à l'école, à la demande d'un petit malin qui veut en tirer une du lit ! Au petit-déjeuner, le monsieur nous offre un peu de cancha, maïs grillé. Nous partons vite pour profiter de la fraîcheur matinale. La piste devient de plus en plus mauvaise : la poussière infernale, parfois sur plusieurs centimètres d'épaisseur, nous étouffe quand nous croisons d'autres véhicules et piège nos roues, provoquant des dérapages. Nous passons devant un barrage, interdiction de faire des photos, l'armée veille ! Plus bas, l'eau est donc beaucoup plus propre. Nous regardons pour trouver un coin où se baigner mais c'est peine perdue : un ruisseau à l'onde douteuse salit notre rêve... Nous nous arrêtons pour le pique-nique mais la pause sera de courte durée : nous sommes véritablement assaillis par les moscas, les mouches piquantes. Nous mangeons en marchant, habillés malgré la chaleur et nous repartons aussi sec. Malheureusement, la fin de l'étape est éprouvante. La vallée est comme un four et IMGP4526 Polila piste s'élève sur la rive gauche pour desservir quelques pauvres maisons. Pauline commence à être malade, ce qui n'arrange rien. Heureusement que son compagnon vient l'aider ! Ce n'est pas comme ces satanées piqueuses qui profitent de notre lenteur pour se régaler... Dans la dernière côte, Vomito fait son grand retour !!!

 

Nous trouvons une "auberge" à 8 soles la nuit, à Anco - La Esmeralda : douche froide et hygiène relative, mais c'est la moins pire. Nico mangera tout seul ce soir-là... Mauvaise nuit. La basse-cour de 5 à 6 filles qui a envahi la chambre de notre voisin, piaille à qui mieux-mieux jusqu'à ce que Nico, à 1h du matin, les prie de se taire.

 

IMGP4546 PoliLa journée suivante, Pauline reste une bonne partie du temps au lit mais elle arrive à remanger. La chambre est une zone tranquille, sans moscas, qui ici, persistent dans le village-même. Dans l'habitation jouxtant la nôtre habite un être un peu spécial : Poli, un perroquet androphobe. Si les filles arrivent à l'approcher, Nico reçoit des coups de becs à chaque tentative pour le toucher. Nico part ensuite chercher un "net". Pas de ligne téléphonique dans le village ! Il finit dans les bureaux de la mairie qui sont connectés grâce au satellite. Il apprend que la Hollande a battu le Brésil ! Pour le dîner, nous mangeons au restaurant "les camionneurs" (los camioneros), à l'image de la patronne aux gros bras ! Nous mettons le réveil pour partir au plus tôt, tactique pour éviter les insectes.

 

IMGP4512 Mantaro7h45 : départ ! Nous nous sommes badigeonnés de répulsif mais son effet est de courte durée, même s'il fonctionne 8 heures durant dans les cas normaux. La piste joue aux montagnes russes : montée-descente montée-descente... Vers 11h, nous atteignons Mayocc, rebaptisée par Nico "l'enfer des moscas". Elles pullulent : impossible de rester dehors. C'est le dernier village avant Huanta. Aussi, malgré l'heure précoce, nous mangeons à l'abri, un menú. Au moment de repartir, la manoeuvre de la remorque fait céder une des pièces, probablement fragilisée par les maintes secousses. Par bonheur, nous rencontrons un homme âgé chez qui le soudeur du coin travaille. Il nous fait une réparation rapide pour 10 soles, nous permettant de poursuivre notre journée.

 

IMGP4564 hospedaje HuantaNous puisons dans nos réserves pour en finir -ça monte sur 15 des 30 km- et retrouver le goudron, promis par le Routard à partir de Huanta jusqu'à Cuzco. Il fait toujours chaud et la poussière nous colle à la peau. Nous arrivons vidés à destination à plus de 16h. Objectif : coca et pain, avant même de trouver un hôtel. Nous sommes sur la place d'armes, où viennent discuter 2 jeunes frères, cireurs de chaussures le week-end. Peu après, nous rejoint un vendeur de glace, un deuxième, puis un moto-taxi et un débarquement de jeunes filles gloussantes. Ahhhhh ! Nous nous enfuyons à l'hôtel, sur la même place, envahi par des bambous, les cactus et des chats. Pour fêter nos retrouvailles avec le goudron, nous mangeons des lasagnes à la pizzeria !

 

La sortie de Huanta est une grosse montée, qui démarre raide pour nous chauffer les cuisses et se calme ensuite. Un moto-taxi nous interpelle : ce sont des allemands, Daniel, reporter et Vanhart, mécano, qui veulent aller dans cet engin, en 3 semaines, jusqu'au Paraguay. Ils ont quitté Lima il y a 5 jours, déjà avec quelques soucis mécaniques, même si leur véhicule est neuf. Daniel a déjà fait en vélo Alaska - IMGP4570 Campo de HuantaUshuaïa, il y a 2 ans avec sa copine. Ils nous prévient que la prochaine portion, Ayacucho - Abancay, a été la plus dure de tout le voyage : 400 km en terre ! Le Routard nous a trompé : pas de goudron pour la suite ! Nous sommes écoeurés...

 

La montée se termine par un col aux environs de 3000m et nous nous faisons plaisir dans une belle descente, jusqu'au fond de vallée, où nous retrouvons le duo terrible : chaleur et moscas, jusqu'à à Ayacucho, la ville aux 37 églises et berceau du célèbre "Sentier lumineux", qui semble reprendre.

 

 

P.S. Bon anniversaire à Anne-lise et bon rétablissement à David !

IMGP4573 Allemands

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Published by Nikopol - dans vélo
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commentaires

Alessandro 13/07/2010 22:39



coucou Tata et Tonton !


le perroquet est très beau


gros bisous


ps j'ai maintenant 3 dents



Nikopol 18/07/2010 19:43



Ben c'est bien bonhomme ! Tu vas bientôt pouvoir manger des papas fritas !


Bisous Tonton et Tata



michel mathieu 10/07/2010 09:22



Voilà déjà un bon circuit accompli, malgré tous les  soucis (santé, mécanique ...) vous avancez à bonne allure. A combien de  coups de pédales se trouve la Bolivie ?


A bientôt le plaisir de lire votre aventure.


mam



Nikopol 18/07/2010 19:45



Nous restent 700km pour La Paz en Bolivie. Encore un effort et c'est l'aéroport !


Bisous