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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:36

IMGP3436 Cascade Tranca Ruritracé 2Nous voilà repartis pour les Nevados Gueshgue. Une très belle arête, repérée par Hugo (www.caillouaventure.com), nous attire et la fatigue, lors de notre premier passage, ne nous avait pas permis de la tenter. A Catac, un taxi veut bien nous monter, il s'appelle Emilio et c'est le neveu de Theo, le monde est petit... Le sol s'est quelques peu asséché et il nous dépose plus haut que son oncle, c'est toujours ça de gagné. Nous connaissons le chemin et nous ne nous attardons pas pour être le plus tôt au campement et nous reposer en vue du lendemain. Les Puyas Raimondi sont toujours à leur place, mais ô surprise, il y en a 3-4 en fleurs ! Chose rarissime apparemment, nous projetons de les voir de plus près à la descente.

 

IMGP3374 Arête Los sobrinos lever de soleilIMGP3395 Vue sur la lagune Los sobrinosLes précipitations ont dû se faire vraiment rares, de petites lagunes sont complètement à sec à cause du soleil andin, vraiment puissant dans ces latitudes. Un peu plus tard, un troupeau de "cornos" (vaches et taureaux à cornes) a remplacé les chevaux. Nous arrivons à notre campement à 14h30, après 3h de marche. La dénivelée est peu importante (environ 300m de 4250m à 4550m) mais les distances dans cette Cordillère valent facilement les vallées des Ecrins. Heureusement, nous avons échappé à la pluie. Malgré le temps menaçant, notre objectif semble en conditions. Donc l'excitation s'amplifie à chaque coup d'oeil : vivement demain ! Comme prévu, en fin d'après-midi, il commence à pleuvoir, nous dînons vers 18h pour nous coucher à 20h.

 

IMGP3378 1er pas de mixte de los sobrinosAu réveil, à 3h30, il pleut toujours... Nous remettons notre ascension au lendemain. A 7h, il fait assez beau mais la neige est descendue et a plâtré les montagnes environnantes jusqu'à 4800m environ. La journée se passe en grande majorité dans la tente, entre parties de rami et lecture. Dans ces contrées, où il n'y a pas de prévisions météo, il est judicieux de prévoir un jour supplémentaire en nourriture et d'être patient. De plus, cela nous permet de se reposer et de s'acclimater un peu plus. Côté météo, c'est pas mieux que la veille. Il pleut et neige même IMGP3385 Surplomb de los sobrinosdès le début d'après-midi jusqu'à l'altitude de notre tente. Même rituel que la veille, repas à 18h, sans grande faim après cette journée d'activité intense... A notre coucher, à 20h, la pluie a cessé ; espérons que cela tienne toute la nuit.

 

IMGP3397 Avant-dernière longueur Los sobrinosA nouveau, réveil à 3h30. Cette fois-ci, nous nous levons. Départ à 4h30 sous un ciel étoilé. Après un quart d'heure de marche, nous apercevons une lumière en contre-bas. Le doute nous envahit. Que fait quelqu'un ici à cette heure, si ce n'est pour nous piller la tente ? Un peu plus tard, Nico fait demi-tour. Le vol de notre réchaud ou de nos sacs de couchage marquerait probablement la fin du voyage, sans parler d'une nuit à venir sans protections. Il n'y a plus de lumières et personne aux alentours de la tente. C'est réconforté qu'il reprend sa montée dans les traces de Pauline.

 

IMGP3393 Petit dièdre Los sobrinosA 8h, nous atteignons le pied des difficultés, à presque 5000m. Le temps est radieux, on se croirait à l'automne dans les Alpes avec ces 10cm de neige fraîche qui recouvrent le terrain. Par chance, le versant E de l'arête est quasi sec, nous le rejoignons par des gradins en mixte (rocher enneigé). Une dalle bien fissurée nous permet de revenir sur le fil de l'arête, puis une longueur (protégée par un friend : coinceur mécanique) et une désescalade en mixte (habituez-vous à ce mot, il sera servit à toutes les sauces) nous amenent à la brèche caractéristique. A ce niveau, nous hésitons. L'arête se complique (dalles enneigées), le couloir versant W semble difficile et les rochers secs du côté E ne peuvent IMGP3390 Casse-croûte los sobrinoss'atteindre que par un rappel. Nous optons pour les dalles. Nico les déneige avec le piolet pour les passer en faisant quelques ancrages. Puis un pendule lui permet de rejoindre un couloir formé de deux dièdres. Une pierre coincée dans une fissure fait office d'assurage, quelque peu précaire, pour gravir plus sereinement le dièdre de gauche. C'est au tour de Pauline, elle se sert du piolet pour passer la dalle, Nico la mouline plus bas que prévu pour récupérer la sangle se trouvant autour de la pierre (qui a sauté...) et passe le dièdre la fleur au piolet.

 

 

IMGP3399 Longueur finale Los sobrinosLe prochain passage difficile est un surplomb suivie d'une fissure obliquant vers la droite, le tout en mixte. Deux friends sécurisent le passage où il est avantageux d'être grand. Nous arrivons sous des toits qui nous ne semblent pas franchissables. Après quelques recherches, nous trouvons une vire nous ramenant dans la face E. Nous la suivons sur une cinquantaine de mètres. Pauline a la fringale et tape le casse-croûte, le ciel s'est voilé et il commence à neigeoter. Nico ne perd pas de temps et continue pour rejoindre l'arête par un passage en surplomb : physique l'escalade en granit à plus de 5000m... alors que sa compagne engouffre au plus vite le reste de son sandwich. Nous traversons, vers la gauche, un couloir d'éboulis et nous nous tenons à suivre le fil jusqu'au sommet évinçant la solution la plus simple car Nico trouve cela plus esthétique. Chacun ses goûts, surtout à ces altitudes... Un premier dièdre donne IMGP3402 Cairn du sommet los sobrinosaccès au final où nous choisissons de passer dans un petit tunnel puis de suivre par un second dièdre enneigé dans son fond. Une vire vers la droite nous amène à la dernière longueur : un grand dièdre fermé par un surplomb d'où l'on s'échappe par la gauche par une série de fissures obliques assez physiques. Superbe final pour sortir directement à cette antécime rocheuse du sommet principal des Gueshgue.

 

IMGP3406 Descente Los sobrinosNous sommes vraiment heureux d'avoir gravi cette très belle arête et, dans un sens, c'est une chance, car le retour en arrière aurait été problématique. Il est 12h15, heure du thé. Nous profitons du paysage et entamons la IMGP3425 Viscachas Tranca Ruri Péroudescente vers 13h. Le soleil refait son apparition, le glacier est bien enneigé et cache assez bien les crevasses. Pauline y passe une jambe, première expérience de ce type pour elle, qui plus est en Amérique Latine ! Nous rejoignons la rive droite du glacier pour en sortir par une crevasse, chose peu orthodoxe mais efficace ! Nous atteignons les bords IMGP3432 Pongos y lunade la lagune Pamparaju par une succession de moraines et cerise sur le gâteau, nous apercevons 2 viscachas peu farouches qui se laisseront approcher pour une séance photos. Emilio nous donnera le planning d'une journée de ces petits mammifères : réveil à 6h, repas jusqu'à 7h, sieste jusqu'à 15h-16h puis dîner pour conclure cette journée éprouvante ! Il est 15h30 quand nous atteignons la tente, heureusement non pillée. Avons-nous vu une étoile se reflétant dans une petite mare ou était-ce bien une personne, le berger du coin ? Fin de journée farniente, à boire un maximum pour éviter les maux de tête et les courbatures. Le repos du grimpeur ne se fait pas tarder en soirée !

 

IMGP3460 Puya Raimondi Tranca Ruri PérouLe taxi nous attend vers 12h aux pieds des lagunes Gueshguecocha, nous ne tardons pas pour entamer la descente. Un petit détour nous permet d'admirer un Puya en fleur. Nico file pour tenter de pêcher une truite dans l'embouchure d'un lac. Essais infructueux pour cause de matériel inadéquate et manque de temps, ce n'est jamais la faute du pêcheur, bien sûr ! Pendant ce temps, Pauline chasse les animaux armée de l'appareil photo  : grillon ou sauterelle à l'air étrangement exubérant, mouette d'altitude ou encore une sorte d'oie (ou un canard)...Nous apprécions, pour cause, la descente en voiture, surtout en compagnie du sympathique Emilio. Il est pour le Brésil à la coupe du monde !

Il semblerait que nous ayons fait la première de cette arête. Comme de bien entendu, il est normal de la nommer, nous voulons la dédier à nos chers petits neveux (Anaïs, Estelle, Alessandro, Clément et la merveille à venir !) : Los Sobrinos Locos (surtout, qu'ils gardent toujours un peu de folie dans leur vie).

Cette voie aurait très bien pu aussi s'appeler : "Privés de bisous", ce dont est Pauline depuis 5 jours à cause de l'état diarrhéique de Nico...

IMGP3492 Bergère en rose et ses moutons Tranca Ruri

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Published by Nikopol - dans montagne
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commentaires

bebert 01/06/2010 21:39



Salut les loulous,


un peu de temps entre la pose de placo pour aller sur le site.


bonne arête à ce que j'ai pu lire.ben ça donne envie de partir, quoi, vu toutes les péripéties que vous vivez...toujours la niaque pour les sommets? ça doit commencer à en faire quelques uns là!
et dire que pendant tout ce temps, j'ai pôa fait 2000m de dénivelé!!ouarf ouarf


hasta luego



Nikopol 05/06/2010 19:43



salut bébert !


on en a finit avec les sommets, on reviendra...


on se repose en faisant un de grimpe, à plus de 4000m... et on a fait les dénivelés pour toi !!! tu nous aidera à poser le plaquo à notre retour !


à bientôt le grand voyageur



michel 28/05/2010 21:03



Alors, comment s'appelle cette arête ? Sobridos Locos?


L'avez vous déclarez ?!!!


 



Nikopol 31/05/2010 19:31



Nous l'avons mise sur le site de montagne Camp to Camp !


Bises