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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 20:50

IMGP1991 Rio ChuquicaraIMGP1983 Rio ChuquicaraHuamachuco - Caraz

La quête de la bonne route est toujours d'actualité. Nous avons, suivant la carte, 2 options. La première , probablement plus esthétique, traverse les montagnes sur plus de 100km. L'autre, plus simple, consiste à longer le Río Chuquicara sur une soixantaine de kilomètres avant de remonter la vallée du Río Santa. Seulement, un pont s'est effondré sur un des affluents du Chuquicara. Grosse interrogation ! Nous optons pour la seconde solution, plus aventureuse, on aime le risque...

 

Le 26 mars, vers midi, nous chargeons les sacoches et nous quittons Pallasca... au moment il commence à pleuvoir ! La descente est raide et boueuse puis l'état de la chaussée s'améliore, plus sèche. Les lacets s'enchaînent assez bien, mais Nico finit ses patins. Heureusement, plus de descentes prolongées au programme avant Huaraz ! En bas, c'est agréable. Il y a quelques nids de poule mais les montagnes se dressent majestueusement de part et d'autre du torrent bouillonnant. Nous profitons de la vue, car la chaussée est plutôt plane et agréable, rêvant à tout ce que nous pourrions gravir comme cailloux ici.

 

IMGP1993 Village des mineurs de charbon

Arrive le moment fatidique du pont écroulé. Ce n'est affluent du Chuquicara, pourtant, grossi par les pluies, il ne paraît pas aisé à franchir... Nous nous engageons avec le vélo de Nico dans le lit. Les premiers mètres sont faciles à passer, puis l'eau devient plus profonde, nous poussant de plus en plus violemment. Les sacoches commencent à prendre leur bain... A cet instant, nous sommes un peu au bord de la catastrophe, car nous n'avons pas encore passé le gros du courant. C'est alors que nous sommes interpellés par un homme sur la rive. Nous faisons difficilement demi-tour et regagnons la terre ferme. L'homme nous propose de passer en camion avec ses compagnons. Nous acceptons, bien contents de trouver de l'aide pour nous sortir de ce mauvais pas. Nous chargeons les vélos IMGP1998 Village des mineurs de charbondans la benne du camion, passons non sans peine l'obstacle et, vue l'heure tardive, acceptons qu'ils nous déposent au village suivant (tentation du diable !). Nous faisons le trajet avec 2 jeunes de Pallasca, dans la remorque. Nous montons sur les barres transversales pour mieux voir le paysage. De là-haut, nous tanguons et les vues plongeantes des précipices en aval sont impressionnantes. Soudain, nous entendons une détonation : un des pneus a éclaté (un Michelin). Nous nous arrêtons une bonne demi-heure pour le changer et nous repartons, quelques minutes seulement avant qu'ils nous laissent au pied d'une mine de charbon, où sont agglutinées quelques maisons plus ou moins délabrées. Les villageois nous invitent à monter la tente devant une des habitations. Les gamins sont très curieux et l'un deux fonce vers nous en nous criant : "Regale mi !" (Fais-moi un cadeau !). Nous stoppons vite ses ardeurs car nous n'avons pas grand chose, ni bonbon, ni jouet.

 

IMGP2030 Cañon ChuquicaraComme il fait chaud (avec la perte d'altitude, nous sommes repassés dans une zone désertique), nous laissons les portes de la tente ouvertes. Quelle bonne idée ! Enfin pour les moustiques... Le gamin de la veille nous attend et nous propose de nous accompagner un peu, jusqu'à des ruines incas. En effet, une construction se dresse au bord de la route. Il nous montre un trou, au pied, qui menait à la rive opposée par un tunnel creusé sous le río, malheureusement dont la sortie s'est écroulée. Incroyable ! Devant l'impossibilité de faire un pont, ils sont passés par dessous ! Le gamin nous IMGP2032 Cañon Chuquicaraquitte, en nous disant bien sûr que si nous revenons, il faudrait lui rapporter un vélo comme le nôtre ! Il n'y a que 5km de mauvaise route et nous retrouvons vite l'asphalte. La suite s'enchaîne bien, avec quelques ponts bien impressionnants : il faut passer sur des planches, sans se louper, car au milieu il n'y a que des traverses, avec des jours assez grands pour laisser passer un lutin !

 

 

Parfois, nous voyons des trous dans les parois. Pour un peu, ils passeraient inaperçus, mais on peut voir des murets qui les bouchent en partie. Ce sont les tombeaux traditionnels, similaires mais moins célèbres que ceux d'Otuzco. Tout le long de cette vallée, nous en repèrerons, certains très haut perchés.

 

 

IMGP2043 Usine désaffectée Rio SantaNous débouchons, après trente bornes, toujours grandioses d'ailleurs, sur un bled lugubre à la confluence de 2 torrents : Chuquicara. Des policiers ont indiqué la direction de Huaraz à Nico par un chemin caillouteux à l'air tellement piteux qu'il ne IMGP2045 Campement minier Rio Santales croira qu'après lecture de la carte. Nous mangeons dans un restaurant miteux, dans les cris stridents d'un perroquet neurasthénique qui se plume consciencieusement le ventre. Dépités de ne pas poursuivre sur le goudron, nous repartons bien alourdis de nos réserves d'eau, puisqu'ici, rien ne pousse et que nous ne pouvons puiser dans le Río Santa, qui déleste de leurs ordures tous les villages depuis Huaraz. La chaleur reste supportable grâce à un fort vent remontant la vallée, d'autant plus appréciable qu'il nous pousse, comme une main dans le dos. C'est le seul agrément de cette portion, car la piste est une des pires parcourues depuis le début du voyage ! Très douloureuse pour les fesses... De chaque côté, nous sommes encadrés par les montagnes de caillasses, où seuls quelques cactus gigante parviennent à survivre. De temps à autre, une ligne carbonifère barre le paysage, parfois accompagnée par l'entrée abandonnée d'une mine. Nous en trouvons une assez importante dans le temps, où nous montons le camp. Personne, à part quelques rares véhicules... La lune donnera à ce lieu un air mystérieux, fantasmatique.

 

IMGP2061 Cascade Rio SantaAu réveil, notre évolution reprend sur cette fichue piste qui ne s'améliore pas. Certains pensent même à jeter le vélo dans le río ! Vient une bonne surprise, qui efface un peu notre fatigue : une cascade, digne de la pub Tahïti douche ! Nous nous débarrassons de nos frusques pour nous faire masser les épaules quelques instants, un délice.

Petite erreur à la bifurcation, vite corrigée et pause repas sous des acacias. Peu à peu, les flancs verdissent de quelques buissons épineux. Nous grimpons ensuite une belle petite côte, chaleur écrasante, pour déboucher sur Yuracmarca, village où les habitants ont un drôle d'air, pas bien engageant. Alors que nous nous mettons en quête d'un coin IMGP2065 Yungaipampa Rio Santapour dormir, nous rencontrons un motard américain. Nous parlons un peu et il repart, avalant les mètres jusqu'à la prochaine épingle en 2 secondes, tandis que nous le regardons, pensant qu'il nous faudra bien 5 minutes pour la même distance... Juste au-dessus, nous trouvons un beau stade, au lieu-dit Gibraltar, à l'herbe grasse, camping idéal ! Personne... Tant pis... Quand il n'y a pas le droit, on prend le gauche ! Dans la soirée, nous discutons avec l'agent de sécurité qui garde l'entrepôt juste à côté et, pour la première fois, des flics viennent contrôler nos papiers pendant leur ronde.

 

IMGP2072 Cañon del PatoNous nous endormons sereins et bien gardés pour cette nuit ! (et exceptionnellement propres, car nous nous sommes servis de la douche à l'air libre des vestiaires). En réalité, nous ne sommes qu'à 5 minutes de Huallanca, où se situe une des plus grandes centrales hydro-électriques du pays et où débute le fameux Cañon del Pato (canyon du canard). Pas de bol, nous nous apercevons que le pneu de la remorque est à plat. Nous y trouverons une douzaine d'épines et la chambre à air nécessite 4 rustines pour tenir le coup ! Après ce contre-temps, nous nous engouffrons dans la gorge. La route, ponctuées de multiples tunnels (35 en tout ), ne nous laisse pas serein : une seule voie, ce qui n'empêche pas les péruviens de rouler à tombeau ouvert. La majesté du site est cependant au rendez-vous, avec de grandes cascades sur la rive d'en face, à nous faire envie de les essayer en canyoning...

IMGP2076 Cañon del PatoA la sortie du défilé a été construit, en 1913, un barrage, formant une grosse cascade. Nous avalons un repas sec (pain sec, thon sec, tomates sans jus...) au premier endroit ombragé. Nous sommes enfin dans la vallée encadrée par les Cordillères Noires (à l'ouest) et Blanche (à l'est). Elles ne se laissent pas dévoiler facilement, mais nous aurons la satisfaction de découvrir, de temps en temps, au travers d'une trouée dans les nuages les premiers sommets enneigés (Champara, Santa Cruz). Nous filons sur les derniers kilomètres jusqu'à Caraz où nous trouvons un petit hôtel bon marché, juste avant l'orage du soir. Pour fêter notre arrivée, nous nous offrons un bon "resto", mais pas de chance, nous attendons longtemps avant d'être servi par ces voleurs (ils gonflent l'addition, comme si nous ne savions pas compter !).

Plus qu'une mission maintenant : GRIMPER !

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Published by Nikopol - dans vélo
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commentaires

mam 09/04/2010 22:03



pas encore lu mais juste regardé les photos car il est tard je vais me coucher, je reviens sur le site demain



Nikopol 16/04/2010 19:06



Y'en a encore un...


Bisous