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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 01:10

IMGP1875 Vue du col de QuesquendaA Huamachuco, la police nous a renseigné sur le chemin, mais ils ne sont pas de la région. Ils ont juste entendu parlé de grève de mineurs avec altercations parfois violentes. Ils ne nous disent rien sur les narco-trafiquants comme l'avait indiqué un ancien flic rencontré à Ichocan. Ils ne savent pas grand chose en fait. Au poste comme au syndicat d'initiative, ils sont étonnés par notre carte plus précise que les leurs... C'est pour dire, car la nôtre n'est pas des plus justes... Bref, nous nous décidons de tenter la route des montagnes malgré tout, pour éviter le détour de la côte et ses moustiques. Un des gars de l'office du tourisme nous propose de nous accompagner en moto, au moins au départ. RDV pris pour 9h30 sur la place d'armes, avec lui et aussi Gerd, un allemand rencontré au marché.

 Huamachuco - Caraz

Interruption petite annonce : Gerd, la soixantaine, habitué des pays étrangers (a vécu en Afrique du Sud, France, Angleterre, Hollande, Equateur...) et vivant depuis 7 mois à Huamachuco, cherche une bonne amie, propre si possible, pour partager sa vie. Attention Gerd est un gros fumeur mais touche une rente mensuelle d'Allemagne et parle plusieurs langues (l'espagnol, le francais, l'allemand, l'anglais). Il monte un restaurant pour touristes dans le centre ville. Candidates nous contacter...

 

IMGP1880 Neige de QuesquendaAu rendez-vous, ce samedi 20 mars, auquel nous sommes en retard de 10 min nous fait remarquer la ponctualité allemande, nous ne retrouvons que Gerd, qui nous explique que notre accompagnant s'est désisté... Tant pis, nous n'en sommes que soulagés et nous partons un peu plus allégrement alors que notre copain du jour semble un peu inquiet de nous voir nous enfoncer dans les montagnes. Bonne surprise, la route est au départ goudronnée, car c'est l'axe principal qui mène à Trujillo. Une bonne montée nous permet de sortir de la ville et une grande descente nous fait changer de cuvette. Nous ne prenons pas la 1èrebifurcation qui pourrait nous mettre sur la bonne voie, afin de profiter un peu plus du goudron et un passage à plus de 4000m. Les réjouissances se terminent vite et nous attaquons la remontée vers le col de Quesquenda. Au loin, nous apercevons la mine de Comarsa qui fait une énorme travée jaune au milieu du paysage. De temps à autre un énorme nuage de poussière s'élève au-dessus d'elle, suivie par une grosse détonation.

 

IMGP1883 Coucher de soleil QuesquendaLa côte n'en finit pas, nous nous élevons graduellement, même si la route s'aplanit un peu. Au col, à plus de 4000m ( mais sur la carte il est indiqué plus bas), des nuages noirs s'amoncellent. Nous amorçons notre descente, juste avant de nous mettre à l'abri pour nous protéger de l'orage sous l'avancée d'une maison. Les éléments se déchaînent en tempête de grêle, blanchissant le paysage. Nous frappons à la maison mais les habitants ne nous répondent pas. Alors nous nous réfugions sous un appentis, au milieu des fers à béton. Très rassurant, alors que la foudre frappe les sommets alentours... Malgré tout, nous sommes trempés et la température a rapidement chuté. La couche de grêlons s'épaissit sur la route pour atteindre 5 cm. Nous tambourinons à la porte car les précipitations continuent de plus belle. Les propriétaires nous ouvrent, faisant semblant de ne pas comprendre ce que nous voulons. Ils nous laissent entrer, sans nous proposer une place près du feu. Pas la peine d'afficher des images religieuses dans la maison pour aider aussi peu les autres ! Dès que le déluge cesse, nous repartons, en sens inverse ! En fait, nous avons loupé la bifurcation ! et nous avons surtout repéré une maison juste à côté du croisement où les occupants avaient l'air plus aimables.

IMGP1885 Chez les Riquelme QuesquendaPour la première fois, nous faisons du vélo sur la neige, enfin pas vraiment mais cela ressemble un peu. A la maison en question, nous demandons carrément l'asile à la famille Riquelme, qui nous installe deux chaises prestement devant le poële à charbon. Nous mettons les pieds directement dessus ! Un vrai bonheur ! Ces gens sont vraiment gentils. Ici, c'est leur "maison de campagne". Román, le père, y reste avec une des filles Suleimana toute la semaine, alors que la mère Adriana ne vient que le week-end. Durant la semaine, elle habite Huamachuco avec les 6 de leurs 12 enfants qui vont encore à l'école (la dernière a 6 ans, les plus grands travaillent comme agriculteurs). Pendant ce temps, Román s'occupe des bêtes (vaches, chevaux, alpagas...) Il travaillait avant comme conducteur à la mine de Comarsa, mais a été renvoyé suite à un accident en vélo. Il cumule car en février dernier, il s'est fait opérer de l'appendicite et ne cessant pas ses activités, il a toujours mal au niveau de la cicatrice (il se soigne à la coca !).

IMGP1896 Femme au chapeau QuesquendaLa jeune fille est un peu timide avec nous, tandis que les parents discutent, elle s'occupe de toutes les basses besognes : cuisine, entretien du feu (il faut faire des boules avec le charbon trempé pour le sécher), nourriture des chiens... Elle doit avoir au plus 16 ou 17 ans. Elle nous prépare une bonne soupe, dont nous aurons droit à 2 assiettes. Après un dernier lait d'avoine, ils nous prêtent des couvertures que nous étalons au sol sur le tarp et nous nous enfilons dans nos sacs de couchage, tout juste réchauffés ! Ici pas d'électricité, on se couche tôt.

 

IMGP1890 Champara vu de QuesquendaLe réveil se fait à la lueur du jour. Les Riquelme nous offrent encore la couvert. Pour le petit déjeuner, soupe et maïs grillé. Il fait frais dehors, mais le ciel est clair. Nico est tout fou et pour cause : on aperçoit au loin la Cordillère Blanche enneigée. Nous repartons revigorés par cette chaleureuse rencontre. La route est maintenant en cailloux et terre, assez bonne cependant. Des ruisseaux courent de tous côtés, alimentés par la fonte des grêlons. Nous descendons en direction de la mine, vers Coñachugo, tout petit hameau à la croisée de plusieurs chemins. Nous ne savons quelle direction prendre (va trouver un panneau dans la cambrousse !) jusqu'à l'arrivée d'un motard qui nous renseigne judicieusement : la route la plus belle et la plus facile passe par Tembladora mais les mineurs en grève la bloquent. Restent deux routes, qui plongent sur Cachicadán, les deux mauvaises et augmentant le dénivelé. Nous partons sur celle à flanc de montagne. Très chaotique, par endroits les ponts sont effondrés. Nos patins de frein fument encore une fois, s'usant trop rapidement avec la boue et l'humidité.

IMGP1907 Descente vers CachicadánCachicadán, petit village perdu, possède des sources d'eau chaude mais nous poursuivons notre route, en direction d'un nouveau col. C'est dur après plus de 40 km de descente, de gravir ce chemin dans la chaleur. Petit à petit, nous gagnons du terrain, encouragés par la beauté du paysage verdoyant. Après deux essais infructueux, nous trouvons un très bon emplacement, à côté des maison de Francisco et son frère. Si nous montons la tente, ils nous serviront à dîner (et à déjeuner le lendemain). Ils sont particulièrement intrigués par la tente et les matelas auto-gonflants, qu'ils ne trouvent pas bien épais. .. C'est pour cela qu'on préfère l'herbe !!!

 

IMGP1914 Cavalier AlgallamaAu moment de repartir le lendemain, Francisco nous fait remarquer que le pneu de la remorque est crevé. Nous réparons sous les yeux d'une petite bonne soeur, la mère Maria, israélite. Nous lui apprenons quelques mots de francais (ils rigolent beaucoup avec "cochonnet") et nous échangeons nos points de vue sur la religion et l'écologie. La petite mère ne veut pas nous laisser partir, mais il nous faut poursuivre notre route.

IMGP1919 Comarsa vue d'AlgallamaNous traversons le plateau d'Algallama et c'est reparti pour le secouage de pruniers afin de descendre à Angasmarca. La journée a débuté tard et il est l'heure de manger quand nous arrivons à la cité minière. Nous profitons d'un almuerzo (Nico moins car il tombe sur une patte de poule en mangeant sa soupe) mais nous ne pouvons repartir car l'enterrement d'un mineur bloque la circulation, d'autant plus que beaucoup sont saouls, augmentant les risques d'échauffourées. Le cortège se disperse au bout d'une heure, sans grand incident, mais nous sentons la tension de la population contre la société Comarsa. A priori, les conditions de travail sont plutôt dures et surtout, ces grosses entreprises polluent sans vergogne, notamment l'eau, comme à Yanacocha. Les habitants d'Angasmarca, en aval de la mine, en font les frais.

Nous redémarrons en milieu d'après-midi, sur une route pas bien meilleure. Après notre grosse journée de la veille, nous manquons un peu de peps', alors au premier emplacement serein, cachés par les eucalyptus, nous plantons la tente.

 

IMGP1945 Virages sous MollepataIMGP1927 Vers AngasmarcaC'est un peu la restriction d'eau, car nous n'avons pas fait le plein à Angasmarca (et pour cause). Nous repartons au matin quasiment à sec. Après quelques virages en pente bien raide pour nous échauffer, Pauline rencontre un jeune, Mariano, d'environ 7 ans, en retard pour l'école. Il faut dire qu'il a 1h de marche pour y arriver... Plus loin, Nico tombe sur une dame et ses deux grands fils. Ils nous proposent leur robinet (pas de mines au-dessus de nos têtes) et nous offrent des figues de Barbarie, les fruits du tuna, rafraîchissantes. Nous poursuivons notre ascension, le ciel devenant de plus en plus menaçant. La pluie commence à tomber alors que nous entrons dans un village. Nous nous installons sous le porche de l'église pour notre pique-nique. La pluie cesse, mais au moment de repartir elle se décide à nous accompagner un moment. Heureusement, les vêtements sèchent vite après l'averse, d'autant que nous nous attaquons à un petit col, suivi comme il se doit d'une petite descente vers Mollebamba. La pluie redouble, nous nous abritons sous un toit avec quelques dames. Le hameau se termine par une belle côte , sitôt gravie que la pluie rejoue sa partie. De nouveau, nous patientons pendant le plus gros du IMGP1954 Camp de Mollepatachagrin du ciel. L'architecture des maisons, toujours en pisé, change un peu, la partie centrale s'ouvre sur un balcon. Nous nous décidons à continuer, car il commence à se faire tard, quitte à nous faire rincer, ce qui ne manque évidemment pas.

Au croisement suivant, nous nous fourvoyons, heureusement pas plus de 1 ou 2 km à flanc de montagne. La descente vers Mollepata est vertigineuse, le village n'offre rien d'agréable, alors nous continuons jusqu'à trouver un emplacement en bordure de route (pas du tout fréquentée : 2 véhicules pendant la soirée) et non loin d'un ruisseau, pour un petit décrassage, des hommes et des vélos...

 

IMGP1955 Coucher de soleil MollepataLe 24 mars, après 5 jours de pédalage, c'est un peu la journée IMGP1967 Les mêmes virages, vus d'en face, Mollepatade trop pour Pauline. Pour terminer la descente jusqu'au Río Chupicará, cela va encore, mais dans la remontée sur le versant opposé, elle "coule une bielle" et pousse le vélo. Il faut dire aussi que le soleil se montre particulièrement violent aujourd'hui et surtout y'avait pas de bananes au petit-déjeuner, élément fatal à la déroute. Au dernier virage, nous mangeons tout ce qui reste de nos sacoches (et qui ne se cuisine pas) et nous repartons laborieusement. Les nuages moutonnent un peu, ce qui facilite la tâche et la route traverse maintenant en pente douce vers les quelques maisons de Shinbol, où nous reprenons nos libations, agrémentées de gâteaux et enfin de bananes salvatrices (cela vaut l'énergie nucléaire des mandarines d'Abner !). L'après-midi, le cheminement se poursuit à allure modérée, pour atteindre Pallasca, perché sur un éperon montagneux. Un seul hôtel est ouvert, bon marché (10 soles, soit 2,50euros environ) car n'ayant pas de lit double, nous ne payons que pour le lit simple utilisé ! Petit hic, la résistance de la douche ne fonctionne pas. C'est donc douche glacée à l'eau des montagnes. Nous nous offrons un jour de "repos" (lessive, courses, nettoyage des vélos), dans l'auberge à la peinture de Napoléon... pour reprendre des forces avant la suite de nos aventures sur la route du charbon... IMGP1981 Napoléon Hôtel de Pallasca

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Published by Nikopol - dans vélo
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commentaires

aline et jocelyne 05/04/2010 17:30



boujour de fontaine nous sommes avec michel et arlette pour ce lundi de paques


nous regardons des photos d'alessendro


nous apprecions bpc vos photos notamment celles des fleurs


enormes bises à vous deux



Nikopol 06/04/2010 20:35



Ça alors !


Un message de Fontaine ! Je ne m'y attendais pas du tout ! Quelle bonne surprise !


Je penserai à vous aux prochaines photos de fleurs, promis...


 


Nous vous embrassons toutes les deux bien fort, sur un air d'altitude car nous sommes à Huaraz, capitale de l'andinisme.


A bientôt