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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 13:49

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La Paz


IMGP6019Nous voilà traînant en ville... Les activités à La Paz sont plutôt limitées, bien que ce soit une cité dans l'ensemble supportable, pour ne pas dire agréable. En plus, nous sommes installés dans un quartier sympa, au milieu du marché des sorcières. Nous arpentons les rues, à la recherche d'informations, mais l'office du tourisme et la compagnie aérienne (TACA), qui nous transportera au moins sur les premiers vols, sont fermées le week-end. Nous ne faisons pas grand chose de plus, fatigués par le vélo. Cependant le soir, sur les conseils de nos voisins d'hôtels, nous allons au cinéma voir "El Origen" (ou "Inception" en anglais), en VO sous-titrée en castillan ! Le film plaît à Nico, qui apprécie particulièrement ce type de science-fiction. Nous rigolons bien aussi : nous rentrons dans la salle avec nos numéros de place puis nous sommes accompagnés jusqu'à nos sièges par l'ouvreur. Le mieux reste, tout de même, que l'on déroule le tapis à l'ouverture des portes de la salle.

 

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Le lendemain, dimanche, la visite est plus culturelle : nous visitons le musée des instruments de musique, histoire de changer de l'ethnographie. Il s'avère didactique et intéressant : des instruments primitifs aux contemporains, en passant par les classiques et les inventions sorties de la tête du créateur de l'établissement, Ernesto Cavour, telle que la guitare sèche à 5 manches ! ou le bouteillophone ! Top du top : le droit d'en essayer certains, ce qui donne envie à Pauline de se mettre à la trompette ! Nous avons cependant vite épuisé les possibilités et nous déambulons sans but, jusqu'à trouver une idée : et si nous allions en montagne ? Devant un couscous (au Marrakech), nous évaluons les différentes possibilités et nous nous voyons déjà dans la voie des français au Huayna Potosi, qui on peut admirer du centre-ville, comme le Mururata et l'Illimani d'ailleurs. Nous consacrons notre lundi aux basses tâches : TACA et office du tourisme qui nous renvoient dans la rue de l'électroménager pour y trouver des cartons, à notre étonnement, payants (et chers : entre 30 et 35 bolos celui de frigo, la taille qu'il nous faut pour y ranger les vélos).

 

 

 

 

IMGP5875Ensuite, nous faisons le tour des agences de tourisme pour trouver un moyen de transport jusqu'au Col Zongo, point de départ pour le Huayna (le seul colectivo part à 6h du matin d'El Alto !). Nousen profitons pour demander les conditions mais ça n'a pas l'air terrible : 2 personnes y seraient mortes récemment. La voie serait dure à cause du faible enneigement de cette trop sèche année. Nous commençons à douter de notre choix... En tout cas, nous faisons une croix sur l'initiation au kayak envisagée car le prix est exorbitant (85 US$ / pers. pour une journée) faute de concurrence : une seule agence propose cette activité. Pour finir, on retourne au ciné, mais nous loupons Shrek 4, car les séances pour ce film, hautement intellectuel, ne sont qu'en journée !

 

Nico retrouve le sourire ce matin-là, grâce à la découverte d'un site de grimpe au bon potentiel, Aranjuez, à 1/2h de bus du centre ! Depuis le temps qu'il fait des pompes pour se maintenir en forme ! Puis nous nous attelons à la recherche de cadeaux et nous trouvons notamment notre bonheur chez Olivier, un français installé avec sa IMGP5881femme bolivienne et ses deux enfants, à la capitale. Il récupère dans les campagnes de vieux tissus (couvertures, ponchos, sacs à farine...) pour les intégrer dans des vêtements ou des accessoires. C'est vraiment réussi et Pauline se "lâche" sur les achats ! Au bas de chez nous, nous sourions des sorciers qui lisent l'avenir dans les feuilles de coca. Mais ils ne travaillent pas pour les gringos...

 

Mercredi, nous repoussons notre séance de grimpe, faute de voisins discrets ! Sont bien gentils, mais ils vivent "en décalé" : musique jusqu'à 23h, sortie en boîte après et retour entre 4 et 5h, ces messieurs discutant gaiement ! Auraient-ils pris un verre ou deux que cela ne nous étonnerait pas ! Bref, à chacun son mode de vie et son mode de voyage. Nous explorons les montagnes, eux le monde de la nuit des capitales !

 

Nuit suivante, rebelotte mais nous allons tout de même grimper : au moins, si nous sommes fatigués, nous espérons trouver le sommeil ce soir malgré le boucan... Le site est très sympa malgré la route passante : pas de marche d'approche, exposition au soleil à notre choix (mais nous préférons l'ombre, car malgré l'altitude, il est écrasant). La reprise est un peu dure, mais le caillou nous ravit : un conglomérat de galets. Nous profitons jusqu'à plus soif et le soir, après un passage chez Olivier pour discuter en français, histoire de se remettre dans le bain, nous retrouvons nos amis suisses rencontrés à Choquequirau. Non seulement nous sommes en cours de tractation commerciale (ils souhaitent racheter notre tente), mais nous pouvons faire taxi commun, car ils vont en montagne dans le même coin que nous. Nos plans ont été réajustés selon les conditions et nous visons le Pequeño Alpamayo par la directe et/ou la Cabeza del Condor. Nous verrons bien sur place.

 

 

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La Cabeza del Condor


IMGP5911Nous avons RDV à 9h30 devant l'agence d'un de leurs compatriotes, car Roger et Cristina ont dégoté un taxi pour 200 Bs. Il nous monte jusqu'à la laguna Tuni à 2h30 - 3h de marche du Camp de Base (CB). Nous longeons la retenue d'eau puis nous empruntons un sentier qui domine d'autres lagunes plus haut situées. Tout le long du sentier, nous croisons des lamas, qui poussent parfois de petits cris comme des gémissements (hummm). A la dernière, nous nous installons le long du refuge, mais d'une part nous sommes offusqués par le prix (20Bs / pers. / nuit) et d'autre part, nous ne voyons pas nos amis, qui comptent faire la cuisine sur notre réchaud. Du coup, renseignements pris, nous nous rendons compte que le CB est encore à 1/4 d'heure de marche, de l'autre côté du lac. Nous déménageons notre tente rapidement et nous trouvons un emplacement encore mieux que le premier, non loin des suisses.

 

IMGP5912En discutant autour de nous, nous rencontrons deux français que nous avions aperçus à Tuni, Stella et Mathieu. Nous nous couchons tôt, fatigués par les courtes nuits précédentes et la petite approche. C'est d'autant mieux que le réveil sonne à 2h05 ! Nous laissons tomber la directe du Pequeno Alpamayo car trop sèche et trop fréquentée. Nous nous levons sans trop de mal (exceptionnel pour Pauline !). Il ne fait pas trop froid mais la lune s'est déjà couchée, la veinarde ! Un des derniers petits déjeuners "made in America Latina" (avoine améliorée)... Nous partons à la lueur des frontales, le long d'un sentier que nous avons du mal à suivre dans la nuit noire. Au poteau blanc indiqué sur notre topo, nous nous trompons car nous avons en tête la photo de l'ancien tracé vu dans le topo de Biggar. Nous remontons un pierrier des gros blocs puis un couloir de neige puis de vieille glace, jonché de cailloux, qui nous oblige à enfiler crampons et baudriers, d'autant que les rives ne sont pas propices à l'assurage.

 

IMGP5911Nous tirons une dernière longueur dans le rocher branlant pour atteindre une brèche donnant, judicieusement, sur le sommet d'un pierrier à la sente bien marquée. Nous traversons jusqu'à prendre pied sur le glacier. Pauline se transforme de nouveau en Vomito ! Transformation aussi rapide que Superman se change quand il entend une sirène de police ! Le soleil termine de se lever alors que nous traversons le glacier, un beau dédale de crevasses et de pénitents ralentissant la progression en coinçant la corde. Au CB, nous avions été tentés par la très belle arête ouest de l'aile gauche du Condoriri, mais son approche est plus longue et nous ne voyons pas l'attaque qui risque d'être sèche due à son orientation NW.

 

IMGP5945Nous n'empruntons pas la voie normale, car 2 cordées bombardent le couloir, mais l'arête SW. Nous contournons la rimaye pour remonter une petite longueur de neige immiscée dans le "rocher", belles piles d'assiettes aussi fragiles qu'instables. Nous passons successivement 2 dièdres en III puis le cheminement se fait plus facile, bien que toujours délicat. Prudemment, nous tirons des longueurs dans les zones les plus expos. Après une courte redescente, nous nous retrouvons à la brèche où débouche le couloir, bien sec, de la voie normale. Nico tire une grande longueur dans du mauvais caillou puis dans de la neige. La suite est plus plate sur le fil de l'arête, sauf au niveau d'un ressaut en escalier, côté III, qui nous paraît plus facile. Restent  vingt mètres mais Pauline a besoin des encouragements de son compagnon pour se motiver car elle se sent fatiguée, le ventre vide...

 

IMGP5967A sommet, nous retrouvons deux français accompagnés par 2 guides. Ils nous expliquent qu'ils ont mis un peu de temps car les guides ont planté 3 spits (que nous n'avons pas vus) sur l'arête. Après quelques minutes, ils redescendent nous laissant savourer seuls des noix du Brésil et de la vue sur les montagnes alentour. A l'est, l'Amazonie se cache sous une mer de nuages. Il fait bon au soleil, on aurait envie de faire la sieste ici-même, mais il faut redescendre !

 

 

Regaillardie par l'instant et le goûter, notre cordée entame le chemin du retour, sans soucis sur l'arête faîtière. Seuls les soixante derniers mètres, jusqu'à la brèche, sont plus périlleux car aucun emplacement ne permet de poser une sangle pour un rappel. Nous trouvons bien l'emplacement d'un des spits, au sommet des difficultés, mais seulement la tige filetée. Les guides ont tout ramassé derrière eux ! Dommage, d'autant que Nico se fait chauffer le cou en moulinant, à l'ancienne, sa moitié (qui pèse le poids d'une entière (!?). Il déescalade ensuite...

 

 

A la brèche reste un spit, posé par d'autres et qui n'a pas été raflé. Nous tirons 30m de rappel pour prendre pied dans le couloir, d'abord étroit et en glace puis s'évasant en cône de déjections sales, parsemés de pénitents. La cordée précédente a tiré unrappel sur abalakov mais ils ont aussi retiré la cordelette. Seule IMGP5977Pauline descend en rappel tandis que les courageux déescaladent encore, le tout sur 90m, puis nous passons les rimayes, qui seconfondent avec les pénitents. Nous retrouvons un de nos sacs laissésur le glacier pour nous alléger et nous traçons rapidement jusqu'à la terre ferme, car il commence à faire chaud pour les ponts de neige. Nous retrouvons les français sur le début des cailloux, qui "nous attendent". Nous pique-niquons sommairement, avant de reprendre notre descente, sans passer par le même chemin qu'à l'aller : c'est plus facile par le nouveau sentier en rive droite du glacier. Nous ne regrettons pas d'être monté par le couloir, qui, bien qu'en piteuse condition, paraît beaucoup plus intéressant que cet immonde pierrier !

 

IMGP5988Assez rapidement, nous sommes au poteau blanc qui indique la bifurcation ratée à l'aller, puis la tente. Mathieu et Stella ne sont pas arrivés à leur sommet, car elle était brassée par l'altitude, tandis que Roger et Cristina ont pris un but au Pequeno Alpamayo, à cause d'un ressaut en glace. Christina est un peu frileuse dû à de nombreuses luxations d'épaule, alors... Nous mangeons un plat purement gastronomique : semoule + pâtes + soupe en sachet (lardons - lentilles) ! Bien câlés, nous nous effondrons, pour n'émerger qu'au lever suivant du soleil.

 

 

 

 

IMGP5992Au matin, Mathieu et des amis sont partis sur les traces des suisses en direction de l'aile droite (PD) du Condoriri, mais à 4h30 à la place de 2h30 ! De notre côté, nous plions la tente pour une ultime fois. Nous laissons le réchaud aux suisses et nous entamons le retour à la ville, juste derrière des anglais dont nous comptons profiter du véhicule. Nous les doublons, tranquilles, alors qu'ils bifurquent dans le fond de vallée, pour se faire prendre par leur chauffeur à un autre point de RDV, à 1h seulement du CB. Nous nous dépêchons en voyant partir le mini-bus, pour arriver à la route mais il en prend une autre ! Nous sommes dégoûtés, surtout pour les 500 m en footing chargés comme des mulets ! Nous poursuivons plus tranquillement jusqu'à Tuni, d'où le prochain colectivo partira que dans l'après-midi, à moins de prendre un taxi, qui ne se gêne pas, vue la situation reculée, pour faire grimper le prix. La situation est miraculeusement sauvée par un anglais (ou américain) qui rentre en beau taxi pick-up. Trois autres français profitent de l'aubaine et nous faisons le voyage-express (1h15, soit 3/4 d'heure de moins qu'à l'aller), dans la benne. Nous allons tellement vite sur la piste que la poussière ne parvient pas à nous rattraper !!!

 

 

 

Retour


IMGP6010Une fois à l'hôtel, nous réparons le tapis de sol de la tente puis nous mangeons, euh nous dévorons à El Amir, un autre marocain, assez bon marché. Nous réfléchissons à notre programme... Plus que 2 jours ! Nous aimerions visiter une vallée qui nous a été recommandée deux fois, la vallée de las Animas, mais nous manquons de temps. Nous finissons nos cadeaux, à deux près, ce qui nous prend beaucoup de la journée et nous cherchons notre copain Steph' et sa conquête argentine à leur hôtel, mais nous n'y trouvons personne. Dommage...

 

Le soir, nous avons RDV avec les suisses, mais quand nous sommes appelés par l'employé, c'est Steph' qui débarque ! Nous sommes très contents de le retrouver alors que nous avions espoir de le voir ! Cristina et Roger arrivent peu après pour la tente, mais ils sont indécis, car ils en ont trouvé une autre à vendre, moins chère mais moins bien et en plus, ils ont vu une fourgonnette WW à acheter ! Ils demandent un délai d'une journée supplémentaire de réflexion.

 

IMGP6016Nous partons tous les quatre pour rejoindre Steph' et Sabrina, afin de partager le repas. Nous trouvons un chinois, un peu "classe", surtout pour les franco-argentins, habillés style "comme chez mémé"... Mais en fait, les prix sont raisonables, surtout compte-tenu des bières vidées. La soirée se termine dans un bar, mais à une heure encore raisonnable car Steph' part demain pour le Huayna Potosi !

 

Dernier jour... Nous passons la journée dans les cartons... Comment faire rentrer un vélo dans un emballage de frigo ? Nous achetons les deux derniers cadeaux qui nous manquaient et nous en profitons pour nous en faire un : une flûte cheyenne (tribu canadienne, rien à voir avec la Bolivie ! ) fabriquée par notre "voisin du dessous", Agustin Porfillo, un luthier réputé ! Il est d'ailleurs vraiment serviable et nous discutons longuement avec lui. Il accorde tous les instruments de musique qu'il fabrique, contrairement à d'autres !

 

IMGP6029Les suisses ont fini par se décider et nous leur laissons la tente avec un petit pincement au coeur de vendre "notre maison". Mais elle aura une belle vie, encore en voyage ! Elle ira jusqu'à Ushuaïa, elle !!! En plus Roger et Cristina sont super sympas et le soir, ils nous offrent la pizza ! Nous ne regrettons pas de leur laisser notre coquille d'escargot ! Nous nous couchons vers 22h30, mais nous avons du mal à nous endormir... ce qui laisse peu d'heures de repos, d'autant que des fêtards nous réveillent 1h avant le réveil prévu à 5h ! Nous récupérons nos cartons, mais le taxi à qui nous avions réservé la course n'est pas au RDV. Nico nous dégotte un gars sympa et nous faisons le voyage avec un carton sur le toit, 1 à l'arrière et nous deux à la place avant droite... Mais nous sommes à l'heure !

 

L'enregistrement des bagages se fait non sans mal, surtout que le gabarit autorisé par TACA est ridiculement limité ! Il nous en coûte environ 500€ pour transporter nos montures, pour 150€ à l'aller ! Voyager low cost qu'y disaient ! On se demande s'ils n'ont pas compter tous les bagages en sur-poids ! (138kg au total). Mais ils acceptent... Ce n'est pas la fin des soucis, car les douanes ont choisi les cartons pour un contrôle inopiné. Ouf ! Ils n'ont pas de scotch, ce qui évite à Nico de tout démonter pour tout remonter. Après, c'est parti pour plus de 24h de vol : 1ère escale à Lima, où nous changeons au pas de course d'avion, car il y a moins de trente minutes entre les deux vols. Jusqu'à Caracas, nous sommes accompagnés d'un péruvien, Jaime, qui offre à Pauline une pierre correspondant à son signe archéologique (sic), non astrologique...

 

 

IMGP6039Au Vénézuela, 35°C ! Ca change de l'air frais de l'Altiplano ! Par chance, l'aéroport est climatisé, ce qui n'empêche pas les douaniers d'être cons ! Ils nous confisquent notre scotch, qui a passé trois contrôles de sécurité auparavant, le tout sans bonjour ni merci, ni aucune parole d'ailleurs. En plus, ils fouillent tous les passagers une 2ème fois avant de rentrer dans l'avion, avec une telle insistance que nous décollons une bonne heure en retard, pourla plus grande colère du personnel de bord. Nous sommes consoléspar la bienveillance des hôtesses et stewards et la qualité du service, y compris de la nourriture. Nous avons l'impression de manger au restaurant ! L'avion est envahi par lespompiers de Caracas en rouge, bleu et jaune, forts aimables car nous arrivons à leur échanger une place pour nous asseoirensemble.

 

IMGP6058Le vol se passe bien, Nico dort beaucoup ! A Francfort, nous attendons peu puis nous prenons notre dernière correspondance. Enfin sur le sol alpin ! Nous sommes presque au bout du voyage ! Nos bagages n'ont pas suivi, mais ce n'est pas grave : ils nous serons livrés directement à la maison. Au terminal, nous avons un beau comité d'accueil : Arlette, Geneviève et surprise : Céline, une délégation Desmet ! Elle a craqué et malgré son état, n'a pas résisté à accueillir son frère ! Nous sommes gâtés aussi, car le comité est venu chargé de chocolat !

 

Un petit trajet nous reconduit à Annecy et l'aventure est vraiment finie... pour cette fois-ci !

Un grand merci à tout ceux qui nous ont suivis et à bientôt...

 

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:36

IMGP3436 Cascade Tranca Ruritracé 2Nous voilà repartis pour les Nevados Gueshgue. Une très belle arête, repérée par Hugo (www.caillouaventure.com), nous attire et la fatigue, lors de notre premier passage, ne nous avait pas permis de la tenter. A Catac, un taxi veut bien nous monter, il s'appelle Emilio et c'est le neveu de Theo, le monde est petit... Le sol s'est quelques peu asséché et il nous dépose plus haut que son oncle, c'est toujours ça de gagné. Nous connaissons le chemin et nous ne nous attardons pas pour être le plus tôt au campement et nous reposer en vue du lendemain. Les Puyas Raimondi sont toujours à leur place, mais ô surprise, il y en a 3-4 en fleurs ! Chose rarissime apparemment, nous projetons de les voir de plus près à la descente.

 

IMGP3374 Arête Los sobrinos lever de soleilIMGP3395 Vue sur la lagune Los sobrinosLes précipitations ont dû se faire vraiment rares, de petites lagunes sont complètement à sec à cause du soleil andin, vraiment puissant dans ces latitudes. Un peu plus tard, un troupeau de "cornos" (vaches et taureaux à cornes) a remplacé les chevaux. Nous arrivons à notre campement à 14h30, après 3h de marche. La dénivelée est peu importante (environ 300m de 4250m à 4550m) mais les distances dans cette Cordillère valent facilement les vallées des Ecrins. Heureusement, nous avons échappé à la pluie. Malgré le temps menaçant, notre objectif semble en conditions. Donc l'excitation s'amplifie à chaque coup d'oeil : vivement demain ! Comme prévu, en fin d'après-midi, il commence à pleuvoir, nous dînons vers 18h pour nous coucher à 20h.

 

IMGP3378 1er pas de mixte de los sobrinosAu réveil, à 3h30, il pleut toujours... Nous remettons notre ascension au lendemain. A 7h, il fait assez beau mais la neige est descendue et a plâtré les montagnes environnantes jusqu'à 4800m environ. La journée se passe en grande majorité dans la tente, entre parties de rami et lecture. Dans ces contrées, où il n'y a pas de prévisions météo, il est judicieux de prévoir un jour supplémentaire en nourriture et d'être patient. De plus, cela nous permet de se reposer et de s'acclimater un peu plus. Côté météo, c'est pas mieux que la veille. Il pleut et neige même IMGP3385 Surplomb de los sobrinosdès le début d'après-midi jusqu'à l'altitude de notre tente. Même rituel que la veille, repas à 18h, sans grande faim après cette journée d'activité intense... A notre coucher, à 20h, la pluie a cessé ; espérons que cela tienne toute la nuit.

 

IMGP3397 Avant-dernière longueur Los sobrinosA nouveau, réveil à 3h30. Cette fois-ci, nous nous levons. Départ à 4h30 sous un ciel étoilé. Après un quart d'heure de marche, nous apercevons une lumière en contre-bas. Le doute nous envahit. Que fait quelqu'un ici à cette heure, si ce n'est pour nous piller la tente ? Un peu plus tard, Nico fait demi-tour. Le vol de notre réchaud ou de nos sacs de couchage marquerait probablement la fin du voyage, sans parler d'une nuit à venir sans protections. Il n'y a plus de lumières et personne aux alentours de la tente. C'est réconforté qu'il reprend sa montée dans les traces de Pauline.

 

IMGP3393 Petit dièdre Los sobrinosA 8h, nous atteignons le pied des difficultés, à presque 5000m. Le temps est radieux, on se croirait à l'automne dans les Alpes avec ces 10cm de neige fraîche qui recouvrent le terrain. Par chance, le versant E de l'arête est quasi sec, nous le rejoignons par des gradins en mixte (rocher enneigé). Une dalle bien fissurée nous permet de revenir sur le fil de l'arête, puis une longueur (protégée par un friend : coinceur mécanique) et une désescalade en mixte (habituez-vous à ce mot, il sera servit à toutes les sauces) nous amenent à la brèche caractéristique. A ce niveau, nous hésitons. L'arête se complique (dalles enneigées), le couloir versant W semble difficile et les rochers secs du côté E ne peuvent IMGP3390 Casse-croûte los sobrinoss'atteindre que par un rappel. Nous optons pour les dalles. Nico les déneige avec le piolet pour les passer en faisant quelques ancrages. Puis un pendule lui permet de rejoindre un couloir formé de deux dièdres. Une pierre coincée dans une fissure fait office d'assurage, quelque peu précaire, pour gravir plus sereinement le dièdre de gauche. C'est au tour de Pauline, elle se sert du piolet pour passer la dalle, Nico la mouline plus bas que prévu pour récupérer la sangle se trouvant autour de la pierre (qui a sauté...) et passe le dièdre la fleur au piolet.

 

 

IMGP3399 Longueur finale Los sobrinosLe prochain passage difficile est un surplomb suivie d'une fissure obliquant vers la droite, le tout en mixte. Deux friends sécurisent le passage où il est avantageux d'être grand. Nous arrivons sous des toits qui nous ne semblent pas franchissables. Après quelques recherches, nous trouvons une vire nous ramenant dans la face E. Nous la suivons sur une cinquantaine de mètres. Pauline a la fringale et tape le casse-croûte, le ciel s'est voilé et il commence à neigeoter. Nico ne perd pas de temps et continue pour rejoindre l'arête par un passage en surplomb : physique l'escalade en granit à plus de 5000m... alors que sa compagne engouffre au plus vite le reste de son sandwich. Nous traversons, vers la gauche, un couloir d'éboulis et nous nous tenons à suivre le fil jusqu'au sommet évinçant la solution la plus simple car Nico trouve cela plus esthétique. Chacun ses goûts, surtout à ces altitudes... Un premier dièdre donne IMGP3402 Cairn du sommet los sobrinosaccès au final où nous choisissons de passer dans un petit tunnel puis de suivre par un second dièdre enneigé dans son fond. Une vire vers la droite nous amène à la dernière longueur : un grand dièdre fermé par un surplomb d'où l'on s'échappe par la gauche par une série de fissures obliques assez physiques. Superbe final pour sortir directement à cette antécime rocheuse du sommet principal des Gueshgue.

 

IMGP3406 Descente Los sobrinosNous sommes vraiment heureux d'avoir gravi cette très belle arête et, dans un sens, c'est une chance, car le retour en arrière aurait été problématique. Il est 12h15, heure du thé. Nous profitons du paysage et entamons la IMGP3425 Viscachas Tranca Ruri Péroudescente vers 13h. Le soleil refait son apparition, le glacier est bien enneigé et cache assez bien les crevasses. Pauline y passe une jambe, première expérience de ce type pour elle, qui plus est en Amérique Latine ! Nous rejoignons la rive droite du glacier pour en sortir par une crevasse, chose peu orthodoxe mais efficace ! Nous atteignons les bords IMGP3432 Pongos y lunade la lagune Pamparaju par une succession de moraines et cerise sur le gâteau, nous apercevons 2 viscachas peu farouches qui se laisseront approcher pour une séance photos. Emilio nous donnera le planning d'une journée de ces petits mammifères : réveil à 6h, repas jusqu'à 7h, sieste jusqu'à 15h-16h puis dîner pour conclure cette journée éprouvante ! Il est 15h30 quand nous atteignons la tente, heureusement non pillée. Avons-nous vu une étoile se reflétant dans une petite mare ou était-ce bien une personne, le berger du coin ? Fin de journée farniente, à boire un maximum pour éviter les maux de tête et les courbatures. Le repos du grimpeur ne se fait pas tarder en soirée !

 

IMGP3460 Puya Raimondi Tranca Ruri PérouLe taxi nous attend vers 12h aux pieds des lagunes Gueshguecocha, nous ne tardons pas pour entamer la descente. Un petit détour nous permet d'admirer un Puya en fleur. Nico file pour tenter de pêcher une truite dans l'embouchure d'un lac. Essais infructueux pour cause de matériel inadéquate et manque de temps, ce n'est jamais la faute du pêcheur, bien sûr ! Pendant ce temps, Pauline chasse les animaux armée de l'appareil photo  : grillon ou sauterelle à l'air étrangement exubérant, mouette d'altitude ou encore une sorte d'oie (ou un canard)...Nous apprécions, pour cause, la descente en voiture, surtout en compagnie du sympathique Emilio. Il est pour le Brésil à la coupe du monde !

Il semblerait que nous ayons fait la première de cette arête. Comme de bien entendu, il est normal de la nommer, nous voulons la dédier à nos chers petits neveux (Anaïs, Estelle, Alessandro, Clément et la merveille à venir !) : Los Sobrinos Locos (surtout, qu'ils gardent toujours un peu de folie dans leur vie).

Cette voie aurait très bien pu aussi s'appeler : "Privés de bisous", ce dont est Pauline depuis 5 jours à cause de l'état diarrhéique de Nico...

IMGP3492 Bergère en rose et ses moutons Tranca Ruri

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 17:42

cordillère blancheNos jours d'inactivité forcés sont enfin terminés !

 

Nous décidons de réveiller les corps par une séance d'escalade. Nous pensons au site de Monterrey mais il n'est accessible que le dimanche ; quelqu'un s'est approprié le terrain et en interdit l'accès le reste de la semaine. Décidément c'est monnaie courante dans le pays, les flics doivent bien vivre... Nous partons donc pour Los Olivos. Les voies sont très courtes (10-12m) et les passages difficiles de types blocs. Pas évident pour une remise en bras. Le rocher ainsi que le site sont agréables, nous stoppons à l'arrivée de la pluie.

IMGP2834 Arrivée de l'ondée Huamashraju 

Dimanche 02 mai, c'est reparti pour l'andinisme. Notre objectif est le Nevado Huamashraju (5434m), un joli sommet dit d'acclimatation, bien visible de Huaraz. Le taxi nous monte dans la Quebrada Pariac  mais au passage d'un gué, il s'enlise. Séance Paris-Dakar ! Nous creusons sous les roues pour mettre des pierres plates et le chauffeur sort le cric pour enlever un caillou coincé sous le châssis. Après plusieurs essais infructueux, il nous abandonne là, à 3600m, alors que nous comptions sur lui pour nous amener à 4000m, 6km plus loin. Cela nous permettra d'apprécier plus longuement le paysage...

 

 

 

IMGP2829 Vue sur Huaraz et caillasse du HuamashrajuNous quittons la route pour monter en direction de la Laguna Muarmi Huañusca (Philippe le simulateur : elle est pour toi celle-là !...). Le ciel se charge et nous prenons un bel orage de grêle suivi d'averses continues. A 4520m (merci Tibo pour l'alti), trempés, nous décidons de planter la tente, cela suffit bien pour aujourd'hui, faut laisser un peu de dénivelé pour demain. Nico part repérer l'approche pendant que Pauline chauffe la couette... A 18h, il est temps de dîner mais le réchaud montre des signes de faiblesse. Il ne carbure pas comme d'habitude et c'est péniblement que nous arrivons à chauffer l'eau pour les pâtes chinoises lyophilisées, goût "poule aux légumes", ça vous fait saliver, hein ?!!!

 

IMGP2824 Cumbre HuamashrajuA 20h, extinction des feux, Nico a choisi l'option sans duvet pour alléger le sac, heureusement ses habits ont quelque peu séchés et Pauline lui prête sa paire de chaussettes en 39 (à savoir qu'il n'a pas des pieds mais des palmes : 45 !) et ses vêtements inutilisés.

 

Réveil à 3h30, la nuit a été "pas pire". Malheureusement, les humeurs du réchaud sont identiques à celles de la veille, repoussant notre départ à 4h50. La première partie est un dédale dans les dalles morainiques, des cairns nous aident à trouver notre chemin. Le temps est au beau aujourd'hui et nous apercevons le superbe Nevado Cashan (5686m) en face de la vallée Rajucolta. La montée au glacier n'en finit pas, nous l'atteignons enfin à 5100m. Nico veut pimenter l'ascension et suit l'arête au plus près mais derrière la butte, ça ne passe pas et il nous faut descendre pour récupèrer la voie normale. Pauline accuse le coup mais continue à force de courage. Ça serait dommage d'abandonner à 150m du sommet. La dernière partie est enfin technique, c'est bien plus agréable que de mettre bêtement un pied devant l'autre. Cela commence par un mur de 20m à 70º max suivi d'une pente à 55º/60º. La neige est bonne et permet de bons ancrages. Nous arrivons sous le sommet, reste une longueur de 20m en mixte. Pauline est très heureuse d'être arrivée là malgré les nausées et la fatigue, elle laisse Nico se faire plaisir pour sortir à la cime.

 

IMGP2826 Cumbre HuamashrajuIl est déjà 11h et c'est tard pour les Andes. Le temps nous laisse cependant du répit. Un premier rappel sur anneaux de glace puis un deuxième sur un piton nous permet de rejoindre la rimaye. Le troisième rappel se fait sur champignon de neige mais la corde reste coincée, ce qui oblige Nico à désescalader pendant que Pauline entame la descente. Nous rejoignons rapidement les dalles puis la tente à 14h20 lorsque la pluie commence à faire son apparition. Nous sommes fatigués mais il nous faut rentrer à Huaraz pour trouver un bon repas et un bon lit.

 

A 15h50, nous voilà repartis. Cette fois-ci, nous choisissons l'option Pitec (village au-dessus de Huaraz) en espérant trouver au plus vite un véhicule motorisé. Pauline a demandé à Dame Nature (chacun sa religion !) de nous épargner et ça marche, les orages éclatent partout sauf au-dessus de nous. Nous atteignons Jancu et la route mais pas de voitures en vue. Nous évoquons la possibilité "d'emprunter" un âne ou un cheval au paysan du coin, si seulement... Les kilomètres défilent et la nuit IMGP2835 CB Huamashrajucommence à tomber vers 18h. Nous sommes fourbus, les pieds et les épaules nous font mal mais nous continuons à avancer, silencieux. Un monsieur nous dit que l'on peut trouver un combi à 1h30 de marche... Nous poursuivons jusqu'à un village pourvu de lampadaires avec l'espoir d'enfin trouver un moyen de transport. Nous posons la question à un jeune mais le dernier combi est parti il y a 20 minutes... Il nous propose d'appeler son cousin, chauffeur de taxi, nous acceptons avec joie: Il nous accompagne jusqu'à la route. Il est 19h30 et nous avons 11km et 2100m de dénivelé négatif dans les jambes.

 

IMGP2830 Descente du HuamashrajuDarwin attend avec nous et nous reacon qu'il travaille dans le bâtiment pour aider ses 3 derniers frères, les 2 plus grands sont bergers dans l'alpage sous le camp de la veille. Sa maman a été foudroyée et son père les a quittés. Nous sympatisons en attendant Juan Carlos, son cousin. Nous apprécions la dernière partie en voiture, lui aussi est sympa. Il s'amuse de son nom en français : Jean-Charles. Nous sommes heureux d'avoir fait leur connaissance  d'autant que les 6-7km restants pour Huaraz auraient été un supplice. La douche est bien méritée ainsi que le menu (soupe + plat : poulet + riz), malheureusement froid... Nous ne nous faisons pas prier pour aller au lit même avec la tentation, pour Pauline, du livre de Cizia Zykë (Oro)...

Le lendemain, les courbatures et les petits yeux sont au rendez-vous. Comment vous faire croire que nous faisons ça pour le plaisir ?!!...

 

 

PS Le site équatorien de Rodrigo fonctionne enfin, au moins en partie, alors, si vous voulez rigoler un peu regarder le lien suivant !!!

http://www.micariamanga.com/Flash_videos/escalada/escalada.html

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 21:19

IMGP2560 Arête Gueshgue Ouest Tranca Ruricordillère blancheAprès quelques jours de repos et de préparation à Huaraz, nous envisageons notre premier sommet dans la Cordillère Blanche. Grâce aux conseils d'Hugo (www.caillouaventure.com), nous prenons la direction de la Quebrada Tranca Ruri d'où émergent le Pongos, le Jatunllasca et les Nevados Gueshgue. Nous sommes chargés comme des mules avec 6 jours d'autonomie en nourriture. Un combi nous amène de Huaraz à Catac où nous cherchons un taxi nous économisant les 15 premiers kilomètres d'approche dans la vallée. Aucun chauffeur ne semble intéressé par la course... L'appât du gain n'est pas assez fort par rapport à l'état de la "route", ça promet... Pourtant les Corolla des taxis ont la réputation de passer partout. Après quelques temps, Pauline en débusque un, inconscient ? Par contre il reste inflexible sur le prix, nous grappillons seulement 5 soles.

 

IMGP2474 Puya raimondi Tranca RuriIMGP2467 Tranca Ruri Pongos SurLe paysage se désertifie avec l'altitude pour n'être composé que de pampa. Notre chauffeur s'appelle Théobald, il vient de temps en temps par ici et semble assez bien connaître le coin, au vu de ses connaissances sur la flore locale. Le trajet se passe assez bien, mise à part une section très accidentée où nous devons sortir pour alléger la voiture, déplacer les grosses pierres et guider Théo. Nous sommes déposés au pied de la première lagune, à 4200m, Gueshguecocha, où nous nous changeons de notre fardeau. Les bords des lacs sont très marécageux et nous nous enfonçons souvent jusqu'aux chevilles, heureusement nous avons préféré les grosses (= chaussures de montagne) aux baskets pour l'approche pour ne pas plus nous charger. Dans cet endroit très sauvage, seules quelques maisons de bergers humanisent le paysage. Les lagunes superbes, se bordent des premiers sommets de la chaîne des Gueshgue. Les Puya Raimondi (cactus endémique) ajoutent à la beauté et à l'exotisme. Ces plantes croissent pendant 28, 40 ou 80 ans (nous avons tout entendu...) pour donner une fleur atteignant parfois 12m de haut, puis elles meurent ! Le sentier zigzague entre elles puis dépasse la lagune Jarpococha d'où nous apercevons la magnifique pyramide du Pongos. Le temps se gâte, nous sortons les bonnets et gants pour affronter le vent descendant de la vallée, amenant de fréquentes averses. A 4400m, après 6-7 km de montée, nous décidons de nous poser pour la nuit. Une belle averse s'annonce et c'est la course pour trouver un endroit et monter la tente.

 

IMGP2495 Antécime Gueshgue Tranca RuriIMGP2488 Arête Gueshgue Tranca RuriLe lendemain, le temps ne s'est pas amélioré, nous déplaçons notre campement jusqu'à 4600m sous la lagune Pamparaju. Nous occupons la fin de matinée par des parties de rami. Pauline refait son retard, les scores sont élevés après presque 300 parties depuis le début du voyage (7131 à 6956)... En début d'aprem, le crépitement de la pluie berçe notre sieste jusqu'à 16h. Puis il est temps de faire quelques repérages pour le lendemain : Pauline monte vers la lagune tandis que Nico part du côté du Pongos. La langue terminale du glacier W semble passée ou bien une rampe dans la falaise en rive gauche. De son côté, Pauline a repéré une arête vers les Gueshgue. Nous choisirons en fonction du temps.

 

IMGP2499 Antécime GueshgueLe réveil à 4h du matin n'émeut personne... ni même celui de 5h, le vent et les averses nous découragent. Mais à 7h, Nico n'envisage pas une nouvelle journée sous la tente et sonne le départ. Nous remontons un éperon longeant le glacier du Gueshgue principal (5403m). Arrivés sur l'arête (5200m), le temps est toujours splendide : couverture nuageuse oscillant entre 5100 et 5400m, vent et averses de pluies ou de neige à IMGP2515 Vue sur Catac Gueshgue Tranca Ruripartir de 4800m. Pauline est secouée par l'altitude et nous nous arrêtons pour manger un peu. Elle appréhende mieux la suite parce que plus technique et moins physique. Une première grande brèche nous stoppe dans notre élan et nous faisons demi-tour pour la contourner versant Lagunas Verdecocha. Pauline s'amuse à pousser des blocs rocheux en équilibre de la taille d'une armoire. Ici c'est sûr, personne ne se trouvera en -dessous, c'est pas comme dans le massif du Mont-Blanc ! Au niveau de la brèche, nous continuons sur le même versant pour gagner du temps.

 

IMGP2550 Gueshgue E Tranca RuriIMGP2517 Descente de Guesgue, neige Tranca RuriAvec notre départ tardif, la journée est déjà bien avancée, l'arête semble longue et nous n'avons aucune indication sur celle-ci. Nous contournons les 2 premières pointes versant Tranca Ruri puis reprenons le fil de l'arête. Notre progression est assez rapide pour envisager de nous faire plaisir en allant chercher les difficultés (modérées). Quelques pas courts de IV agrémentent la montée à l'antécime, Nico pose enfin un point ! Ça fait plaisir à Pauline qui reprend du poil de la bête en même temps que les éclaircies se font de plus en plus présentes. Nous atteignons le sommet 5345m, à 15h15, très heureux de ce magnifique parcours d'arête en granit. Une courte descente raide nous permet de prendre pied sur le glacier que nous quittons en rive droite pour une série de moraines nous ramenant à la tente. Il est 17h15, soit 9h après notre départ. Une petite purée de flocons et les aventuriers du jour tombent de sommeil à 20h.

 

IMGP2519 Camp de base Tranca RuriIMGP2576 Laguna Pampajaru Tranca RuriJournée de repos, le beau temps a refait son apparition. Nico a un bon mal de crâne dû à la déshydratation. Nous nous occupons avec une balade pour repérer notre objectif de demain et faire quelques photos, un peu de lecture et des discussions sur notre voyage, la date du retour... Bullage au camp de base... entre les chenilles et les cactus, tous poilus pour résister au froid.

 

IMGP2570 Marais Tranca RuriLe réveil à 4h est encore une fois mal accueilli, Pauline a pas beaucoup dormi et avec la fatigue, la course est annulée. A 8h, nous plions bagages et attaquons la descente, mais c'est promis nous reviendrons tenter cette autre arête qui nous fait tellement envie. Le retour aux lagunes se déroule assez bien malgré les sacs encore bien lourds. Le poids de la nourriture a été sensiblement réduit mais il ne représente pas grand IMGP2604 Maison traditionnelle Tranca Rurichose sur le total. La suite du chemin est bien plus difficile, il nous faut refaire toute la route parcourue à l'aller en taxi. Pauline a les chevilles qui bleuissent et enflent à cause du frottement des grosses, tandis que Nico a les épaules et le bas du dos meurtris à cause du sac. Après 6h30 et 24 km de descente, nous arrivons à Catac. Le moral est toujours au beau fixe après ces 5 jours de vie au coeur de la nature. Nous n'avons aperçu qu'un viscacha (lapin à queue) et quelques chevaux.

 

 

IMGP2692 Chambre2 HuarazDe retour à Huaraz, nous avons 7 jours devant nous pour nous reposer et accueillir les parents de Nico. En effet, depuis 5 mois, nous traînons des problèmes gastriques (diarrhées, maux de ventre, fatigue...) et nous commençons un traitement aux antibios pour être tranquille (merci madame Ifremont !). Nous devons également chercher une nouvelle chambre à louer depuis que les 1h de cuisson au four du fondant au chocolat de Nico ont fait craquer les nerfs de notre proprio. D'après elle, nous consommons trop de gaz et trop souvent alors que dans le contrat de départ nous avions demandé l'accès à la cuisine pour les 3 repas. De plus, nous sommes la moitié du temps en montagne. Après de vives altercations avec Nico, Pauline préférant rester à l'écart pour ne pas taper Blanca et sa fille avec une casserole, elles nous remboursent le restant du mois et nous quittons ces gens malhonnêtes pour un nouveau studio avec des proprios très agréables.

 

IMGP2653 Sculpture temple WillcahuainIMGP2626 Tombeau principal WillcahuainLe soir même les parents de Nico arrivent de Lima par le bus. Une grande bouffée d'air (odeur saucisson et reblochon) de France, ça fait du bien ! Leur séjour au Pérou débute par la visite de Huaraz avec quelques recommandations : ici la voiture est reine, le piéton n'existe pas pour les chauffards ; toujours négocier avant d'acheter et bien regarder sa monnaie de retour...

 

IMGP2676 Maïs WillcahuainLe deuxième jour, nous montons en partie à pied aux ruines de Willcahuaín, reliques de la culture de Chavín de Huantar. La soi-disante guide nous montre des pierres sortant du mur où étaient posées des torches pour éclairer les pièces sombres. Elle rajoute à cela, très sérieusement, qu'à l'époque il n'y avait pas d'électricité comme maintenant... merci pour l'info ! Il y a aussi un petit musée avec quelques pièces de poterie et des explications sur la découverte du site. Nous redescendons à pied pendant un moment, sur un vieux sentier oú nous pourrons admirer beaucoup de fleurs, et notamment des arums (voir album).

 

IMGP2695 Laguna Quebrada ParónDeux jours plus tard, nous programmons la visite de la lagune Paròn, facile d'accès et pas trop en altitude (4200m) pour Alain et Mireille qui ne sont au Pérou que depuis 4 jours. Un combi express nous amène à Caraz et réveille la sciatique d'Alain. Les nouveau arrivés se cramponnent pendant tout le trajet et se demande pourquoi parfois on roule à gauche (nids de poule obligent...) ! Le patron de l'agence Pony Expéditions nous fait une visite très intéressante en nous expliquant, entre autres, l'origine du mot Andes et Cordillère.

 

 

IMGP2751 Caraz Quebrada ParónAndes : chez les Incas, la montagne était composée de 4 régions, le nord (Equateur), la côte, le sud ( Pérou, Bolivie, Argentine) et le centre de la Codillère. Les gens habitant cette dernière partie étaient appelés les Antes, prononcé : "antis" (peuple mythique composé de géants , comme les Atlantes). En Quechua, le "e" se prononce également "i". Les espagnols, ne voulant pas confondre ce mot avec le leur qui veut dire "(avant"), ont remplacé le "t" par un "d", ce qui donna : Andes. Cordillère : les espagnols, arrivant par le nord de l'Amérique Latine, ont rencontrés les premières montagnes qui ressemblaient à leurs sierras. Au fur et à mesure de leur descente sur le continent, ils se sont aperçus que cette sierra était bien plus longue les leurs. Ils demandèrent à la cour d'Espagne de trouver un autre nom à ces montagnes hors mesures. Comme La Cordillère des Andes est IMGP2738 Aguja Quebrada Paróntrès longue (la plus longue chaîne de montagne du monde) mais peu large, ressemblant à une corde, un français eu l'idée de partir de ce mot pour donner Cordillère.

Le tour est constitué d'une marche le long de la lagune, d'une montée sur la moraine et d'une descente par la forêt. Malgré le temps nuageux, ne nous laissant pas admirer les sommets environnants (Caraz, Arteseonraju, Piramide Garcilaso, Huandoy), nous sommes enchantés par cette visite. Un combi, bien moins énervé qu'à l'aller, nous ramène à Huaraz. Nous profitons de la dernière soirée avec les parents avant leur départ le lendemain pour Cuzcó.

 

IMGP2797 RanrapalcaIMGP2792 Rataquenua HuarazÇa fait 4 jours que l'on profite des bons restos de la ville grâce à eux, après avoir tant bavé devant... Pour leur dernier jour à Huaraz, Nico les amène à Rataquenua (mirador de Huaraz) où ils peuvent admirer la Cordillère Blanche du Huandoy au Cashan en passant par le Huascaran, le Chopicalqui, le Hualcan, le Copa, le Ranrapalca, le Churup et le Huamashraju. Les soir nous les mettons dans le bus direction Lima puis Cuzcó. Nous devrions les rejoindre à Arequipa mais en attendant les sommets andins nous appellent !

 

IMGP2794 Photo Desmet !!! Rataquenua

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 22:20

IMGP0406 Campagne de San Juan
Chimborazo chapitre 1
Deux jours de répit à San Juan nous permettent de regagner des forces, après cette longue route. Nous trouvons un logement dans un hôtel pas très propre, que nous fuyons rapidement pour nous retrouver à la Casa Communal, maison qui sert de lieu de réunion pour la communauté du Chimborazo et les différentes associations qui s'y attachent. Notre chambre se situe au dessus d'un restaurant, cuisine assurée par une petite femme aussi rondouillette que gourmande, Elsa ! Ce sera notre camp de base pour les deux prochaines semaines, tant nous nous sentirons chez nous.  Ici, comme dans tout le pays, l'électricité est coupée deux ou trois heures par jour, faute d'eau pour alimenter les barrages. Le repas se finit parfois à la bougie et la douche, à l'eau froide !
IMGP0455 Chimborazo vu de San Juan IMGP0439 Champs San Juan
Nous rencontrons un soir un père francais, qui office dans le pays depuis 10 ans, dans une paroisse avoisinante. Le Padre Pierrick nous éclaire sur le fonctionnement des communes, fondé sur le consensus (pas de vote, des discussions sans fin jusqu'à trouver un accord qui les satisfait tous), sur les coutumes et un peu sur la médecine andine, à base de lecture dans les oeufs et les entrailles des cochons d'Inde. D'ailleurs, ces pauvres bêtes ont la vie dure : c'est leur plat préféré et pour les grandes occasions, un massacre est organisé. Parfois plus de 50 morts pour les mariages !!!                                                                                           IMGP0476 Cuyé
Le 10 décembre, nous nous mettons en route pour le volcan qui domine la ville. Nous avons hésité sur le moyen de transport, mais ayant déjà parcouru le chemin en vélo et ne pouvant trouver de ravitaillement plus haut, nous prenons le bus, jusqu'à l'entrée du parc, oú nous nous étions arrêtés quelques jours plus tôt pour demander des renseignements. Nous continuons le chemin à pied, une fois délestés de notre dîme "environnementale". Le concept est un peu particulier, puisque, dans la réserve "écologique" du Cotopaxi, le 4X4 est roi ! Les touristes arrivent par cars entiers et les plus riches dans leur propre voiture ou en taxi, jusqu'au premier refuge, 4800 m d'altitude !
IMGP0344 Chimborazo et vigognes
Le paysage, lunaire, est habité par les seules vigognes (cousines des lamas) et quelques rares oiseaux. La végétation est réduite à la fleur de l'andinisme, buisson aux extrémités oranges et des touffes de ce qui ressemble à du carrex. Le brouillard nous environne et nous glace, notre allure empesantie par nos sacs contenant 5 jours de nourriture et tout le matériel de camping. Nous nous arrêtons près d'une maison ruinée, pour nous restaurer un peu et par chance, nous trouvons de l'eau dans l'ancienne cuve qui servait de réserve. Nous décidons de passer la nuit non loin, derriére une butte, pour nous protéger des regards et du vent. La nuit est dure pour Pauline, mal au ventre et insomnie... Nous ne savons encore pas si c'est l'altitude ou une maladie due à l'eau du robinet. Par la suite, Nicolas sera atteint aussi, mais au village. Ce n'est donc pas faute d'acclimatation. Péniblement, nous reprenons la marche jusqu'au deuxième refuge, nommé Whymper, où nous sommes accueillis par Eloi Flores, le gardien évangéliste et un bon feu. Nous passons un bon moment avec lui et nous sommes rejoints par deux russes, qui prétendent aussi au sommet.  La nuit est de nouveau mouvaise pour Pauline et le lendemain, le petit déjeuner ne passe pas : c'est la gastro avérée.  Du coup, conciliabule et décision, Nico tentera seul le sommet pendant la nuit. Enfin, seul... avec une floppée de touristes allemands, francais et espagnols !
Départ tardif pour lui, aprés un court sommeil, mais il file rapidement, doublant les cordées guide-client. En 5 heures environ, il avale les 1300m de déniv' et se "caillant" trop, n'attendant même pas le lever du soleil pour entamer la descente. Deux heures plus tard, il retrouve sa douce, encore fourrée dans son duvet !
Nous rechargeons nos sacs pour rejoindre la route et regagner notre domicile dans un de ces engins rafistolés et brinquebranlants, dont les noms sont souvent des dates : 2 de octubre ou 11 de noviembre nous ramène à la maison... Malheureusement, nous trouvons porte close à la Casa Communal. Pas de douche et pas de cuisine, sauf sur le réchaud ! Consolation, Pauline réussit à forcer la fenêtre de la salle TV ! Nous nous couchons, sales, Pauline va mieux, Nico prend la suite et ne dormira pas beaucoup à cause des maux de ventre.
Les jours suivants, le pauvre reste souvent couché, ce qui inquiète Elsa et sa collègue Consuelo. La première nous apporte de la tisane de camomille et des anti-inflammatoires, n'approuvant pas la méthode coca-repos.  Finalement, la voie du coeur l'emporte et il applique la recette occidentale. Pendant ce temps, Pauline est embauchée en cuisine pour l'épluchage des patates et le service en salle, d'autant que le mercredi, il faut préparer á manger pour les 70 personnes qui participent à la réunion de la communauté du Chimborazo !
Nous faisons une petite excursion à la ville la plus proche, faute de pouvoir accèder à internet à San Juan. Les nouvelles des amis et de famille font du bien, même si eux, ils peuvent faire du ski !

Chimborazo chapitre 2
Pour ne pas perdre notre acclimatation, nous repartons assez rapidement, le jeudi 17 décembre, pour une nouvelle tentative, Pauline un peu frustrée de pas avoir pu tenter le sommet. Nous reprenons le bus et après une montée écourtée grâce à des américains qui nous proposent la benne de leur voiture, nous nous installons au 1er refuge, nommé Carrel.
Nous croisons les allemands que nous avions rencontrés aux Illinizas. Ils en sont eux aussi à leur deuxième tentative, mais partirons du refuge Whymper. Le jeune gardien, David, qui a commencé son travail au mois d'août dernier, souffre du mal des montagnes : il pleure presque tellement il a mal à la tête. Du coup, nous lui partageons notre repas avec lui et l'asiatique qui, monté en vélo, dormira avec nous, s'occupe du feu. Pas très discret, ce dernier nous empêchera de dormir cette courte nuit, se couchant et se levant plusieurs fois alors que nous avons réglé le réveil à 22h30. Nous partons rapidement dans la nuit noire, nous nous sommes rajouté 200m de dénivelé, mais cela ne nous fait pas peur, surtout à Nico. Nous progressons lentement, il fait froid à partir du moment où nous atteignons le glacier. Un vent pénétrant descend du sommet. La progression devient difficile quand nous parvenons au-dessus de 5600m, chaque pas coûte, Nico est toujours malade et la température nous pompe beaucoup d'énergie. Le manque de sommeil a raison de Pauline et à 6000m à l'altimètre, elle renonce, malgé l'envie de réussir le sommet.
IMGP0479 Chimbo sous le sommet 6000m
La descente est  plutôt rapide et réchauffe les mains et les pieds transis par l'onglée. Le soleil nous rejoint lorsque nous atteignons le croisement des deux voies : le Castillo ou l'arête, plus longue mais moins exposée aux chutes de pierres, que nous emprunterons. Pauline est une peu penaude, mais quand même contente d'être montée aussi haut ( plus haut que les allemands, qui renonceront à 5900m).
Les jours suivants, nous faisons "relâche" ! Le samedi, nous descendons à Riobamba, avec Elsa, pour faire quelques courses en vue d'une soirée "savoyarde" avec les membres de la Cordutch, l'organisation écotouristique qui nous loue la chambre, et aller sur le net. Le reste du week-end, nous sommes seuls à la Casa, avec le DVD, mais aucun film traduit ou seulement sous-titré en francais... Nous travaillons donc notre espagnol ! Et nous entamons la série crêpes et gâteaux au chocolat-banane, ce qui fait baver notre amie Elsa. Consuelo, elle, préfère le cuy, le cochon d'Inde. Mais elle n'a pas de recette de gâteau de cuy !
IMGP0445 Femme en habit trad'
Le dimanche (20 décembre), nous partons grimper, sur un site à 15 km de San Juan, El Acantilado De San Juan. Le rocher est volcanique, toujours un peu sale, et les cotations sont un peu sévères, mais ca fait du bien de mettre les chaussons ! Daniel Dulac, un gars bein de chez nous, a ouvert quelques lignes ici, mais hors de notre portée. Nous faisons quelques longueurs, avant de nous balader dans la quebrada (vallée) où paissent les vaches. Ah ben non, en fait la seule vache est enfermée et tous les autres sont des taureaux ! Nous nous faisons discrets !
IMGP0541 Acantilado 2                  IMGP0534 Acantilado 3
Le lendemain soir, c'est la fameuse soirée savoyarde. Nous avons invité nos amies Elsa et Consuelo, et un des policiers du bled, Wilson, lui, s'est invité tout seul. Mais il est sympa, alors, ce n'est pas trop un problème. Nous avons fait des achats pendant la journée, pour préparer les cadeaux de Noël des membres de la Cordutch. Avec lui, nous allons commencer la distribution du premier paquet ! C'est bien la première fois que Pauline monte dans une voiture de flic ! (Nico, lui, avait  déjà testé au Portugal...) Bon, pour jouer au Père Noël, nous n'en tiendrons pas rigueur. Nous rigolons bien, parce que nous avons  fortuitement expliqué aux filles, quelques heures avant, que nous appelions les flics des poulets. Du coup, elles s'adressent à Wilson en l'appelant "pollo" (poulet en espagnol) !!! Ce n'est pas dans la France de Sarko qu'on peut se premettre cela ! Pour le repas, la tartiflette a un vague goût de chez nous, grâce aux lardons chèrement acquis. Le fromage refuse de fondre et ce n'est pas vraiment du rebloch', plutôt de la mozarella !
IMGP0489 Fiesta San Juan IMGP0506 Fiesta San Juan 2
Les jours suivants, nous aidons à la cuisine et nous nous reposons. Nous assistons aux festivités de la Navidad : chacun, s'il en a les moyens, paie, ou s'il est moins riche, participe, à un défilé pendant lequel est baladée une effigie de Jésus, suivie d'une troupe de danseurs traditionnels. La musique à fond et la bière à flot !
Les voitures et les camions sont bloqués, mais qu'importe, ils passent en contre-sens sur l'autre voie !
IMGP0555 Fiesta San Juan 2
Nous, nous sommes tous les deux, en tête à tête, loin de nos familles et sans neige. Les journées se passent tranquillement, le réveillon, c'est encore des crêpes (on ne s'en lasse pas) mais avec jambon pas reconstitué et Nutella pour le dessert ! Trop bon !
Nous repartons grimper le vendredi, personne à la falaise, sauf le berger que nous distrayons un peu. Ainsi, nous pouvons refaire quelques globules, puisque le site est à 3700m.

Chimborazo chapitre 3
Le samedi, c'est reparti. Nous retentons le sommet du volcan, non mais ! Il résiste, mais nous l'aurons. Nous connaissons le chemin, sur lequel nous croisons d'ailleurs notre ami Wilson el pollo, accompagné de ses gallinas (poules)... enfin, de sa femme et de deux amies... Les gardiens du parc sont un peu étonnés de nous voir discuter avec la police locale ! Nous remontons tranquillement jusqu'au 1er refuge.
Sur le parking, surprise, un camping-car immatriculé 74 ! Nous frappons et nous réveillons Alain et Claude en pleine sieste. Ils sont de Charvonnex, juste à côté de chez nous, et parcourent le monde depuis leur retraite : 2 ans en Afrique, 2 autres en Amérique Latine et le voyage n'est pas terminé. Ils nous invitent au thé (petits gâteaux et bon chocolat) puis au dîner, une chance, les restes du repas de Noël (rôti de porc). Nous passons la soirée en leur compagnie, échangeant les impressions sur les pays visités et les "trucs" de voyageurs (site en lien).
Nous partons nous coucher au moment où les autres occupants du refuge se lèvent pour tenter le sommet. Une bonne nuit avant de retrouver Eloi, qui garde ce refuge cette fin de semaine. Nous restons un moment dans la salle principale, à discuter avec les deux savoyards qui nous ont rejoints, puis nous partons pour le refuge Whymper, où nous retrouvons "notre" chambre.
IMGP0568 Chimborazo 3 IMGP0571 Chimborazo 3
Nous lisons un peu, il commence à neiger. Le ciel finit par se dégager, les rayons nous éblouissent de leur réverbération sur le manteau blanc. Finalement, nous retrouvons un peu de notre hiver... Nous discutons un moment dehors, nous réchauffant au soleil, avec le gardien, Nolberto, et quand nous rentrons, nous nous trouvons dépossédés de notre alti ! Coup de blues ! Nous partons nous coucher un peu amers et sans réveil. Les autres prétendants au "cumbre" (sommet), nous réveillent, mais nous trouvons le temps incertain, un épais brouillard enveloppant le paysage. Nous restons au lit... et nous dormons vraiment longtemps, car, nous nous sommes couchés à 17h...
Le lendemain, nous paressons puis Nico descend au 1er refuge pour aller acheter des gâteaux à Eloi. Il remonte vite, et le paie un moment, les poumons brûlants... Après un repas de petits pains et maintes maté de coca, nous nous baladons un peu au-dessus de notre abri, avant de retrouver le coin du feu. Repas de nouveau tôt avant le coucher à 18h, pour un réveil quand nous pourrons sans montre !
IMGP0573 Chimborazo 3 
Les autres cordées s'agitent, Nico continue  à dormir. Pauline, elle, ne veut pas laisser sa chance passer et le secoue. Nous allumons l'appareil photo, seule facon de savoir l'heure, et ahhhhhhhh 23h30 ! Il est plus que temps d'aller déjeuner. Vite fait, nous sommes dehors. Il fait moins froid que lors de la précédente tentative et nous sommes plus en forme. Nous avons presque l'impression au début de faire une balade. Nous atteignons le Castillo rapidement, chaussons les crampons et entamons la partie plus raide. La neige de ces derniers jours fait un coussin agréable sous nos pas et nous prenons plaisir, malgré l'incertitude du temps, des nuages progressant dans notre direction. Finalement, ils se transforment en mer, qui parviendra pas à nous rattraper. Pauline, pas de chance, commence à avoir mal au ventre. Nous soupconons l'eau du refuge. Peu de temps après, le petit déjeuner achète son ticket retour et par deux fois ! L'estomac vide, c'est un peu plus difficile et les deniers 300m sont vraiment fastidieux. Mais la cime se laisse fléchir. Nous sommes au Ventimilla et nous avons un moment la tentation d'aller à la maxima ou sommet Whymper, mais les crampes abdominales (sensation de couple) nous font renoncer. La descente se passe bien, nous doublons une cordée de 3 anglais avec guide et nous nous pressons de gagner la zone dangereuse qu'il faut traverser avant l'arrivée du soleil pour des raisons de sécurité.
IMGP0578 Chimborazo 3 IMGP0584 Chimborazo 3
Arrivés dans la moraine, nous retrouvons une dame guidée par un équatorien avec lequel nous discutons des sommets environnants et des sites d'escalade. Nous poursuivons notre retour, passant par le refuge pour récupérer nos duvets et nous retrouvons notre Casa à San Juan. Les filles sont contentes de nous voir revenir sains et saufs et nous, de retrouver la délicieuse cuisine d'Elsa.
Nous pouvons tourner la page du Chimborazo et continuer notre route vers le Sud, direction le Pérou en passant par les sites de couenne !

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 21:55

                                           IMGP0266 Iliniza vu de El Chaupi
Nous n'étions qu'à peine reposés que nous sommes repartis... En vélo pour environ 65 km, de Pintag à El Chaupi, petit village au pied des Illinizas... Une bonne journée dans les mollets... Nous nous arrêtons à cause de la pluie, en demandant l'hospitalité dans une maison, enfin, un bout de terrain pour monter la tente. Les gens nous font visiter le poullailler dont ils sont très fiers, car les poulets ont bien chauds. Le soir venu, ils sortent faire des fagots pour le feu. La maison est décorée de dessins qui ressemblent un peu à des dessins d'enfants... Un petit air étrange...
Le lendemain, nous filons au village pour un petit déjeuner gargantuesque, avant, une fois les provisions achetées, de partir en direction de la montagne. Les vélos sont alourdis, mais nous les abandonnons bientôt à la cabane du gardien du parc. Le chemin devient impraticable avec nos montures et au moins, nous les laissons en lieu sûr.
Du coup, nous faisons les sacs. Ils ressemblent un peu à des sapins de Noël : nous sommes surchargés avec de la nourriture pour 5-6 jours, le matériel de montagne et de l'eau car nous ne suivons pas de ruisseau pendant notre montée. C'est rude : environ 17 kg pour Pauline et 25 pour Nico ! Qui a dit que nous avions besoin de mulets !!!!
Un chien nous suit, une sorte de border haut sur pattes et du coup, c'est la guerre devant chaque ferme ! Nous allons doucement et nous nous arrêtons en cours de route pour planter la tente. Le chien est toujours là... Petite partie de cartes (merci Carmen, sans ton jeu light...) et dodo ! Etrangement, pas deIli le chien problème d'endormissement ces derniers temps...
Le matin, rebelotte : nous chargeons nos fardeaux et nous repartons, suivis toujours par notre chien... Il fait plus frais, ciel nuageux et vent transperçant. Notre compagon à quatre pattes ne veut pas nous lâcher. Nous sommes contents de sa compagnie, mais nous n'avons pas prévu sa pitance ! Finalement, nous lui donnons un petit pain, avant de l'envoyer suivre une troupe de suisses qui rentrent au village. Leur nombre l'aura convaincu qu'il y avait plus à manger avec eux !
IMGP0202 Montée aux IlinizaNous gagnons une moraine plutôt raide avant de trouver le refuge et là surprise, le camping est payant ! Négociations, négociations, nous réussissons à faire baisser le prix. Freddy, le gardien, fait ses premières semaines au refugio "nuevos horizontes". Nous retrouvons un malaisien et une russe croisés au village. Elle redescend du sommet N des Ilinizas, lui est resté au refuge, malade... Deux catalans dormiront dans le refuge ce soir : ils tenteront, sans succès, le Sud demain. La discussion est animée. Lun deux a fait du cyclotourisme avec une remorque ( la même que la nôtre), en France et au Sénégal. Nous échangeons nos impressions... Il est tôt, mais nous ne traînons, ni pour remplir nos estomacs, ni pour aller nous coucher : 21h, tout le monde dort ! La neige est de la partie pendant la nuit et il faut secouer la toile. Au matin, coup de blanc sur le paysage : c'est joli (et un peu frais !).
IMGP0209 Iliniza NordPetit déjeuner de cheval (avoine et chocolat) et nous montons pour nous acclimater un peu à l'lIliniza Nord (5105m). C'est une balade dans les cailloux, sans difficulté si ce n'est le souffle un peu court ! Les nuages défilent et nous masquent la plupart du temps le paysage. Parfois, le voile se déchire et laisse apparaître le sommet Sur, dont la face est bien sèche. Cela augure de la glace pour demain ( et sans wisky breton !). IMGP0241 Sommet Nord1h30 aller, 1h retour, avec une belle descente dans un pierrier. Nous nous reposons pendant l'après-midi, cartes et grignottage, un peu de lecture ( Kramer contra Kramer, laissé par les Catalans, mais c'est super dur à comprendre quand on ne connaît pas la langue !!!). Nous sommes rejoints par un coréen qui vit à Quito et son fils, d'une dizaine d'années. Il est drôle : il a gardé les intonations de sa langue maternelle tout en parlant un espagnol parfait ! Nous le comprenons mieux que le gardien !
Petite nuit, le réveil sonne à 3h, mais il pleut... Nous traînons pendant une heure et demie dans les duvets, avant de nous décider... Le coréen nous ouvre la porte, Freddy, lui, ne bouge pas de son lit ! Nous avalons notre porridge et nous partons, à 5h45. Il ne pleut plus. Nous cheminons dans une morraine, traversons un bout de glacier pour atteindre un ressaut rocheux. Nous nous équipons, abandonnons les bâtons (et la poche à eau que Nico a emmenée par mégarde, nostalgique du poids...) et nous passons les quelques pas de III. Puis nous gagnions le glacier qui s'écoule le long de la face Nord Nord Ouest. IMGP0250 Montée à l'Iliniza SurLa remontée est longue, toute en glace, parfois un peu plus raide (45-50 degrés). A 9h30, nous atteignons le sommet, dans les nuages ! Un instant, une fenêtre s'ouvre et nous apercevons le Cotopaxi, notre prochaine destination...IMGP0257 Sommet Iliniza Sud La descente s'effectue sans encombre, un peu pressés seulement de passer les séracs qui craquent au-dessus de nos têtes...
Nous sommes de retour au refuge vers 13h, où nous nous trouvons un peu dépaysés : un couple d'allemands et une cordée de trois ... allemands, avec un guide, sont attablés... Nous sommes rejoints dans la soirée par deux autrichiens... Décidément, nous ne nous sentons pas en Amérique du Sud, mais plutôt dans le Tyrol !!! Heureusement, l'ambiance reste assez sympatique...
Le lendemain, nous traînons un peu avant de de démonter notre abri, humide de la bruine qui ne veut pas cesser depuis la veille au soir. Et nous descendons, un peu moins chargés qu'à l'aller, mais quand même... 2h45 pour ce que nous avions mis 2 jours à gravir !!! Ça dégoûte... Nous retrouvons nos vélos à la maison du parc et ... notre chien au village !
Les photos suivront un peu plus tard...

P.S. Bon anniversaire, dans l'ordre des dates, à Denis, Papa et Jérôme...

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:19

Et nous voilà repartis pour de la montée... Nous sommes à Pintag, à 3000m d'altitude et le camp de base se situe à 4600 ! Nous commençons par la traversée de ce village, sous un soleil de plomb, entrecoupées de haltes à l'ombre pour s'hydrater. Nous passons dans une carrière avant de nous retrouver à l'entrée du parc de l'Antisana. Le gardien nous demande 20 $ par personne, nous hésitons et le prix baisse à 20 $ pour deux, à moins que nous n'ayons mal compris.
Le parc, très vert, semble sorti d'un autre temps. La roche affleure parfois, couleur lie-de-vin, ce qui contraste avec le sombre de la végétation. Et la route monte, plutôt régulièrement par bonheur. Nous nous arrêtons au bord d'un ruisseau et nous avons juste le temps de monter notre carpa (tente) que l'orage éclate une nouvelle fois. Du coup, nous jouons au rami et nous faisons la cuisine sous l'avancée, fait extraordinaire, sans mettre le feu à notre abri.
La pluie persiste au matin et cesse petit à petit. Le ciel reste gris, mais ce n'est pas pour nous déplaire tant les rayons sont agessifs... Grosse étape : nous passons notre 1er col à environ 4100m. Il fait presque froid, le vent s'est levé... Nous mangeons à l'abri d'une bicoque, qui sert de refuge aux colibris. Les taureaux peuplent les immenses espaces.
Nous continuons un peu pour trouver un petit coin le long d'un torrent, fréquenté par les moutons. Nous apercevons au loin le berger, tout seul.
La nuit est peu réparatrice, compte tenu de l'altitude et le mal au crâne est tenace. Nous montons peu, pour rejoindre une carrière désaffectée, près de l'hacienda Antisana. Nous y resterons une journée de plus pour nous acclimater. L'eau du torrent est très chargée en minéraux, d'ailleurs, ils crissent sous la dent... Des lamas divaguent, ainsi que des chevaux sauvages, des lapins et de nombreux oiseaux. La végétation est plutôt surprenantes pour l'austrérité des lieux : une multitude de petites fleurs et des buissons type cactus aux hampes orangées. Il fait chaud dès que le soleil se pointe, entre les nuages qui par un effet de foehn, viennent de l'Amazonie, derrière la masse du volcan. Le repas se consitue de riz, de riz et parfois de riz avec du  sucre !
Au matin du troisième jour, nous cachons les vélos et nous chargeons nos sacs pour atteindre le camp de base, plus empesés que des mules. Nous montons la tente au bas de la moraine, rejoints ensuite par trois équatoriens et deux allemand(e)s... Coucher tôt à 18h30 pour lever tôt à minuit. Nous décollons vers 1h. Il ne fait pas trop froid. Nous évoluons sur le glacier après 300m dans la moraine, suivis par les équatoriens.  La nuit est claire mais sans lune. Nous ferons demi-tour vers 5300m, à 450m du sommet, à cause de la trop grande fatigue et d'un petit sorroche pour Pauline. 
Du coup, après une petite sieste, nous levons le camp pour rejoindre Pintag, d'où nous vous écrivons. Pas même trois heures pour redescendre nos 5 jours de montée ! Nous nous faisons deux restau' d'affilée... avant de retrouver notre chambre chez Maritza. Une bonne douche et encore un repas pour terminer par une soirée à discuter avec sa mère qui tient la gargotte en-dessous et notre logeuse. 
P.S. Vous pouvez voir d'autres photos dans l'album Ecuador... A bientôt...

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 11:58
Un jour de congé pour profiter entre collègues du calme des Bauges ! Viviane, Josette et Pauline, la fine équipe !
Nous avons choisi le Charbon, alpage reculé, pour une randonnée. Départ un peu tardif à 10 heures du Reposoir. Le temps est au brouillard, qui nappe les paysages. Nous avançons dans la forêt revêtue de ses couleurs d'automne puis nous entamons le passage creusé dans la roche qui nous emmène au refuge de la Combe, un petit clin d'oeil à Céline (la belle-soeur) et Nico L., qui l'ont tenu l'année dernière. Les vaches ont remplacé les chèvres, mais il ne reste que les génisses et les veaux, les autres ont déjà démontagné.
Un canon de blanc, un copieux casse-croûte pour reprendre des forces et nous repartons pour rejoindre Banc Plat, histoire d'aller à un sommet. La brume se déchire et nous apercevons le lac tout en bas dans la vallée. Une belette s'enfuit à notre approche et nous repérons au loin, dans un pierrier, un chamois en pleine sieste...
Le sommet joue avec les nuages. Le temps d'une photo, nous redescendons. Le soleil se montre un peu plus généreux au retour. Nous trouvons quelques bolets et nous regagnons la voiture. Les filles sont un peu fourbues, mais heureuses de leur journée.
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 19:36

C'est trop long d'attendre d'être en voyage, alors, nous avons profité de nos vacances pour monter un peu en altitude, ou même d'aller tâter le bloc de Bleau... 
Nous avons commencé par un p'tit tour au Moine, puis nous avons traversé la France direction Pornic, pour nous baigner une dernière fois avant longtemps dans l'Atlantique. Passage à Cholet pour le cousin qui se marie et retour en faisant un crochet par Bleau, pour la famille... et les blocs...
Un p'tit coup dans les Ecrins et nous allons terminer par Cham' et son caillou si sain (ça changera du Pelvoux !!!!)
Vous pouvez voir le récit des courses en cliquant sur les Jorasses. Nous avons mis aussi quelques images des sorties de cet été et nous alimenterons cette page d'ici notre départ...
A bientôt
Pauline et Nico

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:26

C'est parti pour l'Amérique Latine ! Une idée, le délire d'un jour d'hiver, tout s'enchaîne...

Les disponibilités demandées au printemps 2009 auprès de nos employeurs, la famille est prévenue. D'abord et avant tout, il nous faut des montagnes ! Nous avons cherché, nous avons hésité et nous nous sommes décidés pour les Andes, en raison de la langue - nous ne parlons pas russe... - et des facilités administratives. Objectif : Quito-Ushuaïa en passant par les sommets...


Hormis la chasse au gramme dans le matériel, le mode de déplacement fut un véritable casse-tête. Notre choix premier s'était porté sur la marche afin d'être au plus près des populations rencontrées. Cependant, nous ne pouvions nous passer de visiter les cimes alentour : le matériel adéquat alourdissait le paquetage d'un nombre conséquent de kilos, impossible alors à trimbaler à dos d'homme. Clin d'oeil à David : nous ne pouvions pas partir sans les chaussons et clin d'oeil à Calou : nous nous posons encore la question pour la corde de couenne !!!! La poste restante paraissait une bonne solution, mais nous imposait des détours par les villes. La mule fut ensuite évoquée puis abondonnée au profit du vélo, qui, lui, n'a pas besoin de foin... La petite reine respecte notre principe "écolo" : pas de moyen polluant pour se déplacer une fois atterris sur le continent.

Autonomes et libres de notre rythme, nous pourrons rencontrer les populations locales sans nous imposer à elles pour le gîte et le couvert. Il sera riche d'échanger et de comparer nos modes de vie, notamment quant à l'adaptation aux contraintes climatiques liées à l'altitude. Nous profiterons de cette immersion en territoire inconnu pour nous remettre à notre place, celle de simples êtres humains, voyageant dans une nature belle et dure. La recherche de la confrontation aux éléments nous anime autant que le besoin de partage avec nos semblables. Eliminer le superflux pour ne conserver que l'essentiel : la satisfaction des besoins primaires. Peut-être aussi une quête de nous-mêmes, de la transcendantale des âmes de nos semblables.

Cet esprit nous pousse déjà vers les hautes terres des Alpes. Nous espérons atteindre quelques beaux sommets andins, tout au long des cordillères visitées, parfois avec des amis ou des proches venus nous rejoindre pour un moment. Et surtout, profiter... Comme nos aïeux, ne pas avoir l'heure, mais avoir le temps...

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