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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 21:19

IMGP2560 Arête Gueshgue Ouest Tranca Ruricordillère blancheAprès quelques jours de repos et de préparation à Huaraz, nous envisageons notre premier sommet dans la Cordillère Blanche. Grâce aux conseils d'Hugo (www.caillouaventure.com), nous prenons la direction de la Quebrada Tranca Ruri d'où émergent le Pongos, le Jatunllasca et les Nevados Gueshgue. Nous sommes chargés comme des mules avec 6 jours d'autonomie en nourriture. Un combi nous amène de Huaraz à Catac où nous cherchons un taxi nous économisant les 15 premiers kilomètres d'approche dans la vallée. Aucun chauffeur ne semble intéressé par la course... L'appât du gain n'est pas assez fort par rapport à l'état de la "route", ça promet... Pourtant les Corolla des taxis ont la réputation de passer partout. Après quelques temps, Pauline en débusque un, inconscient ? Par contre il reste inflexible sur le prix, nous grappillons seulement 5 soles.

 

IMGP2474 Puya raimondi Tranca RuriIMGP2467 Tranca Ruri Pongos SurLe paysage se désertifie avec l'altitude pour n'être composé que de pampa. Notre chauffeur s'appelle Théobald, il vient de temps en temps par ici et semble assez bien connaître le coin, au vu de ses connaissances sur la flore locale. Le trajet se passe assez bien, mise à part une section très accidentée où nous devons sortir pour alléger la voiture, déplacer les grosses pierres et guider Théo. Nous sommes déposés au pied de la première lagune, à 4200m, Gueshguecocha, où nous nous changeons de notre fardeau. Les bords des lacs sont très marécageux et nous nous enfonçons souvent jusqu'aux chevilles, heureusement nous avons préféré les grosses (= chaussures de montagne) aux baskets pour l'approche pour ne pas plus nous charger. Dans cet endroit très sauvage, seules quelques maisons de bergers humanisent le paysage. Les lagunes superbes, se bordent des premiers sommets de la chaîne des Gueshgue. Les Puya Raimondi (cactus endémique) ajoutent à la beauté et à l'exotisme. Ces plantes croissent pendant 28, 40 ou 80 ans (nous avons tout entendu...) pour donner une fleur atteignant parfois 12m de haut, puis elles meurent ! Le sentier zigzague entre elles puis dépasse la lagune Jarpococha d'où nous apercevons la magnifique pyramide du Pongos. Le temps se gâte, nous sortons les bonnets et gants pour affronter le vent descendant de la vallée, amenant de fréquentes averses. A 4400m, après 6-7 km de montée, nous décidons de nous poser pour la nuit. Une belle averse s'annonce et c'est la course pour trouver un endroit et monter la tente.

 

IMGP2495 Antécime Gueshgue Tranca RuriIMGP2488 Arête Gueshgue Tranca RuriLe lendemain, le temps ne s'est pas amélioré, nous déplaçons notre campement jusqu'à 4600m sous la lagune Pamparaju. Nous occupons la fin de matinée par des parties de rami. Pauline refait son retard, les scores sont élevés après presque 300 parties depuis le début du voyage (7131 à 6956)... En début d'aprem, le crépitement de la pluie berçe notre sieste jusqu'à 16h. Puis il est temps de faire quelques repérages pour le lendemain : Pauline monte vers la lagune tandis que Nico part du côté du Pongos. La langue terminale du glacier W semble passée ou bien une rampe dans la falaise en rive gauche. De son côté, Pauline a repéré une arête vers les Gueshgue. Nous choisirons en fonction du temps.

 

IMGP2499 Antécime GueshgueLe réveil à 4h du matin n'émeut personne... ni même celui de 5h, le vent et les averses nous découragent. Mais à 7h, Nico n'envisage pas une nouvelle journée sous la tente et sonne le départ. Nous remontons un éperon longeant le glacier du Gueshgue principal (5403m). Arrivés sur l'arête (5200m), le temps est toujours splendide : couverture nuageuse oscillant entre 5100 et 5400m, vent et averses de pluies ou de neige à IMGP2515 Vue sur Catac Gueshgue Tranca Ruripartir de 4800m. Pauline est secouée par l'altitude et nous nous arrêtons pour manger un peu. Elle appréhende mieux la suite parce que plus technique et moins physique. Une première grande brèche nous stoppe dans notre élan et nous faisons demi-tour pour la contourner versant Lagunas Verdecocha. Pauline s'amuse à pousser des blocs rocheux en équilibre de la taille d'une armoire. Ici c'est sûr, personne ne se trouvera en -dessous, c'est pas comme dans le massif du Mont-Blanc ! Au niveau de la brèche, nous continuons sur le même versant pour gagner du temps.

 

IMGP2550 Gueshgue E Tranca RuriIMGP2517 Descente de Guesgue, neige Tranca RuriAvec notre départ tardif, la journée est déjà bien avancée, l'arête semble longue et nous n'avons aucune indication sur celle-ci. Nous contournons les 2 premières pointes versant Tranca Ruri puis reprenons le fil de l'arête. Notre progression est assez rapide pour envisager de nous faire plaisir en allant chercher les difficultés (modérées). Quelques pas courts de IV agrémentent la montée à l'antécime, Nico pose enfin un point ! Ça fait plaisir à Pauline qui reprend du poil de la bête en même temps que les éclaircies se font de plus en plus présentes. Nous atteignons le sommet 5345m, à 15h15, très heureux de ce magnifique parcours d'arête en granit. Une courte descente raide nous permet de prendre pied sur le glacier que nous quittons en rive droite pour une série de moraines nous ramenant à la tente. Il est 17h15, soit 9h après notre départ. Une petite purée de flocons et les aventuriers du jour tombent de sommeil à 20h.

 

IMGP2519 Camp de base Tranca RuriIMGP2576 Laguna Pampajaru Tranca RuriJournée de repos, le beau temps a refait son apparition. Nico a un bon mal de crâne dû à la déshydratation. Nous nous occupons avec une balade pour repérer notre objectif de demain et faire quelques photos, un peu de lecture et des discussions sur notre voyage, la date du retour... Bullage au camp de base... entre les chenilles et les cactus, tous poilus pour résister au froid.

 

IMGP2570 Marais Tranca RuriLe réveil à 4h est encore une fois mal accueilli, Pauline a pas beaucoup dormi et avec la fatigue, la course est annulée. A 8h, nous plions bagages et attaquons la descente, mais c'est promis nous reviendrons tenter cette autre arête qui nous fait tellement envie. Le retour aux lagunes se déroule assez bien malgré les sacs encore bien lourds. Le poids de la nourriture a été sensiblement réduit mais il ne représente pas grand IMGP2604 Maison traditionnelle Tranca Rurichose sur le total. La suite du chemin est bien plus difficile, il nous faut refaire toute la route parcourue à l'aller en taxi. Pauline a les chevilles qui bleuissent et enflent à cause du frottement des grosses, tandis que Nico a les épaules et le bas du dos meurtris à cause du sac. Après 6h30 et 24 km de descente, nous arrivons à Catac. Le moral est toujours au beau fixe après ces 5 jours de vie au coeur de la nature. Nous n'avons aperçu qu'un viscacha (lapin à queue) et quelques chevaux.

 

 

IMGP2692 Chambre2 HuarazDe retour à Huaraz, nous avons 7 jours devant nous pour nous reposer et accueillir les parents de Nico. En effet, depuis 5 mois, nous traînons des problèmes gastriques (diarrhées, maux de ventre, fatigue...) et nous commençons un traitement aux antibios pour être tranquille (merci madame Ifremont !). Nous devons également chercher une nouvelle chambre à louer depuis que les 1h de cuisson au four du fondant au chocolat de Nico ont fait craquer les nerfs de notre proprio. D'après elle, nous consommons trop de gaz et trop souvent alors que dans le contrat de départ nous avions demandé l'accès à la cuisine pour les 3 repas. De plus, nous sommes la moitié du temps en montagne. Après de vives altercations avec Nico, Pauline préférant rester à l'écart pour ne pas taper Blanca et sa fille avec une casserole, elles nous remboursent le restant du mois et nous quittons ces gens malhonnêtes pour un nouveau studio avec des proprios très agréables.

 

IMGP2653 Sculpture temple WillcahuainIMGP2626 Tombeau principal WillcahuainLe soir même les parents de Nico arrivent de Lima par le bus. Une grande bouffée d'air (odeur saucisson et reblochon) de France, ça fait du bien ! Leur séjour au Pérou débute par la visite de Huaraz avec quelques recommandations : ici la voiture est reine, le piéton n'existe pas pour les chauffards ; toujours négocier avant d'acheter et bien regarder sa monnaie de retour...

 

IMGP2676 Maïs WillcahuainLe deuxième jour, nous montons en partie à pied aux ruines de Willcahuaín, reliques de la culture de Chavín de Huantar. La soi-disante guide nous montre des pierres sortant du mur où étaient posées des torches pour éclairer les pièces sombres. Elle rajoute à cela, très sérieusement, qu'à l'époque il n'y avait pas d'électricité comme maintenant... merci pour l'info ! Il y a aussi un petit musée avec quelques pièces de poterie et des explications sur la découverte du site. Nous redescendons à pied pendant un moment, sur un vieux sentier oú nous pourrons admirer beaucoup de fleurs, et notamment des arums (voir album).

 

IMGP2695 Laguna Quebrada ParónDeux jours plus tard, nous programmons la visite de la lagune Paròn, facile d'accès et pas trop en altitude (4200m) pour Alain et Mireille qui ne sont au Pérou que depuis 4 jours. Un combi express nous amène à Caraz et réveille la sciatique d'Alain. Les nouveau arrivés se cramponnent pendant tout le trajet et se demande pourquoi parfois on roule à gauche (nids de poule obligent...) ! Le patron de l'agence Pony Expéditions nous fait une visite très intéressante en nous expliquant, entre autres, l'origine du mot Andes et Cordillère.

 

 

IMGP2751 Caraz Quebrada ParónAndes : chez les Incas, la montagne était composée de 4 régions, le nord (Equateur), la côte, le sud ( Pérou, Bolivie, Argentine) et le centre de la Codillère. Les gens habitant cette dernière partie étaient appelés les Antes, prononcé : "antis" (peuple mythique composé de géants , comme les Atlantes). En Quechua, le "e" se prononce également "i". Les espagnols, ne voulant pas confondre ce mot avec le leur qui veut dire "(avant"), ont remplacé le "t" par un "d", ce qui donna : Andes. Cordillère : les espagnols, arrivant par le nord de l'Amérique Latine, ont rencontrés les premières montagnes qui ressemblaient à leurs sierras. Au fur et à mesure de leur descente sur le continent, ils se sont aperçus que cette sierra était bien plus longue les leurs. Ils demandèrent à la cour d'Espagne de trouver un autre nom à ces montagnes hors mesures. Comme La Cordillère des Andes est IMGP2738 Aguja Quebrada Paróntrès longue (la plus longue chaîne de montagne du monde) mais peu large, ressemblant à une corde, un français eu l'idée de partir de ce mot pour donner Cordillère.

Le tour est constitué d'une marche le long de la lagune, d'une montée sur la moraine et d'une descente par la forêt. Malgré le temps nuageux, ne nous laissant pas admirer les sommets environnants (Caraz, Arteseonraju, Piramide Garcilaso, Huandoy), nous sommes enchantés par cette visite. Un combi, bien moins énervé qu'à l'aller, nous ramène à Huaraz. Nous profitons de la dernière soirée avec les parents avant leur départ le lendemain pour Cuzcó.

 

IMGP2797 RanrapalcaIMGP2792 Rataquenua HuarazÇa fait 4 jours que l'on profite des bons restos de la ville grâce à eux, après avoir tant bavé devant... Pour leur dernier jour à Huaraz, Nico les amène à Rataquenua (mirador de Huaraz) où ils peuvent admirer la Cordillère Blanche du Huandoy au Cashan en passant par le Huascaran, le Chopicalqui, le Hualcan, le Copa, le Ranrapalca, le Churup et le Huamashraju. Les soir nous les mettons dans le bus direction Lima puis Cuzcó. Nous devrions les rejoindre à Arequipa mais en attendant les sommets andins nous appellent !

 

IMGP2794 Photo Desmet !!! Rataquenua

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Published by Nikopol - dans montagne
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commentaires

stefgobet 02/05/2010 21:59



Salut les Andinistes!


Moi je ne dit qu'une chose: vivement le pérou!


A+



Nikopol 04/05/2010 20:06



Affûte tes crampons !!!!


à bientôt Steph !



Philippe Le grand simulateur de SNR 02/05/2010 10:47



Bonjour Nico et Pauline,


Nous suivons régulièrement vos aventures depuis le début de votre périple et nous n'avions pas encore eu l'occasion de vous laisser quelques mots. La lecture nous offre un sacré dépaysement et
quelques fou rires quand j'essaye de prononcer les noms des lieux que vous explorez (je ne suis pas hispanophone). Nous attendons avec impatience la suite ... Merci beaucoup de partager vos
pérégrinations, bon courage pour la suite ;-) 


Grosses bises de Philippe, Marion et les enfants



Nikopol 04/05/2010 20:19



Salut Philippe et cie,


Je veux bien te donner des cours de prononciation sur les noms du coin en échange de quelques traductions en anglais...


Le pire pour la prononciation est le quechua surtout que le "e" et le "i" sont identiques ainsi que le "o" et le "u", le binz quoi !


La suite arrive bientôt, ça fait énormément plaisir de vous savoir au rendez-vous


A bientôt