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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 00:00

IMGP3526 Cayesh 5721m Quilcayhuanca

 

 

But au San Juan

 

cordillère blancheIMGP3520 Chevaux QuilcayhuancaLe 27 mai 2010, nous avons rendez-vous à 8h avec Juan Carlos, le chauffeur de taxi qui nous a sauvé la mise lors de notre descente du Huamashraju. Nous remontons donc en voiture jusqu'à l'entrée du parc, où nous nous acquittons de notre dîme (65 soles / 7 jours), puis il nous dépose tout au bout de la route. Nous rencontrons au début de la vallée Honorado, (mais non Nico, Honorado, c'est le prénom, ça veut pas dire qu'il est honoré de te rencontrer !). Ce gardien de vaches (240 bêtes dans la vallée) a fait quelques beaux sommets (Huandoy Norte, Huascaran...) et connaît quelques mots de français.

 

Nous chargeons les sacs et nous nous engageons dans la large vallée, parcourue par un torrent et globalement très marécageuse, sauf au niveau du chemin. En effet, il est drainé par des petits canaux, sinon la plupart du terrain est spongieux. Paissent ça et là les bovidés mais aussi des chevaux. Le sol est souvent jonché d'os : maladie ou oeuvre du puma ?

 

IMGP3552 Pucaranra et ChincheyAprès 2h30 de marche, nous sommes à la bifurcation des vallées du Chinchey et du Cayesh, que nous devons prendre. Mais nous sommes allés trop loin, ratant le pont qui franchit le torrent. Trop long de redescendre et pas de gué : nous optons pour un bain de pied vivifiant ! Nous croisons peu après 3 américains, revenant du Chopiraju. Nous faisons un bout de chemin avec eux en regardant le San Juan qui affiche impudemment son arête, pas vraiment rassurante vu le manque de neige. Du coup, nous hésitons, regardant la carte et les autres sommets possibles, pour nous décider à monter au camp de base du San Juan, en espérant que l'arête est meilleure mire de ce point et que le Quimarumi soit faisable.

 

IMGP3535 Montée San JuanNous dormons au frais, car la condensation gèle dans la tente pendant la nuit ! Au matin, nous remontons, entre 2 cascades, des pentes herbeuses très raides : pas facile d'autant que IMGP3556 Traces de Lutinnous portons de véritables lests... Nous faisons une petite pause puis nous reprenons pour une courte escalade, une quinzaine de mètres environ, dans une petite falaise humide. Pas évident non plus ! Un petit pierrier, quelques pas en II et nous sommes au bout des difficultés : restent un éboulis et la traversée de dalles morainiques pour monter notre tente juste au bord d'une lagune jaunâtre. Et oui ! Pas de chance, ici l'eau est très ferrugineuse, au point de donner du goût à la cuisine ! D'ailleurs les cailloux immergés sont recouverts d'une épaisse couche d'oxydation.

 

IMGP3545 CB San JuanPour la voir, impossible de remonter le glacier qui shunte la première partie de l'arête, car la fonte de ces dernières années laissent apparaître un gros ressaut rocheux. Demain, Nico ira faire une reconnaissance.

Nous nous reposons donc la journée du 29 mai. Il fait frais (camp à 5000m oblige). Le premier passage repéré n'est finalement pas faisable car il il y a trop de rochers délités. Nico monte alors au col, chargé du matos technique, en vue de la tentative du lendemain. Nous mangeons tôt, vers 17h, et nous nous couchons une heure et demie après.

Malheureusement, Pauline dort peu... A 1h, le réveil sonne le branle-bas de combat. Petit-déjeuner copieux, qui reste en travers de la gorge de Pauline, hésitante. Elle n'a pas vraiment envie d'aller se risquer sur cette arête, lui paraissant dangereuse... et laisse Nico y partir seul... Il avance bien, récupère le matériel nécessaire au passage, franchit le couloir menant à l'arête. Les corniches sont importantes et il se méfie beaucoup, tout en progressant rapidement, jusqu'à butter sur un ressaut trop raide pour être franchi sans assurance. Il fait donc demi-tour à 5400m, très déçu de ne pas pouvoir poursuivre son ascension. Vers 3h45, il redescend jusqu'à la tente où il attend le lever du soleil (et de sa compagne...).

 

IMGP3566 Arête du San JuanNous plions nos affaires et rechargeons nos sacs pour entamer une très longue descente, silencieuse face à notre échec. Nous évitons les passages les plus exposés, d'abord en prenant un long pierrier rive gauche de la vallée puis des pentes d'herbe qui finissent en forêt au-delà de la cascade de droite (toujours dans le sens de la descente), moins périlleuse que la montée cairnée.

Nous cheminons ensuite le long du torrent de la vallée Cayesh qui se termine en canyon si encaissé qu'on peut le franchir d'un seul pas, juste avant de se joindre à celui de la Quicayhuanca, où il reste plusieurs kilomètres avant de regagner la route (Didier et Tibo en savent quelque chose !). Encore une journée fastidieuse...

 

IMGP3515 Fleurs d'arbre antigel Quilcayhuanca PérouAu portail, nous croisons de nouveau Honorado, qui complimente Pauline sur son "chuco" (chapeau en quechua), à la mode campesina (= campagnarde) et nous poursuivons notre calvaire. Il est 16h, le dernier combi part vers 18-19h à presque 2h de marche. Nous avançons d'un bon pas, histoire de ne pas rentrer à Huaraz à pied, euh pas complètement... Nous cheminons sur le dos d'une colline, d'où nous voyons la route où nous sommes descendus du Huamashraju, mauvais souvenir. Finalement, à Llupa, nous tombons sur un combi, garé dans une cour. Nous demandons à nous faire descendre, mais impossible de négocier le prix : 20 soles, d'autant que le papi ne semble pas résolu à nous indiquer la station de colectivos la plus proche. Nous finissons par céder... mais sur le chemin, il ne gêne pas pour faire le plein de monde ! Il le rentabilise son Hiace ! Enfin, pour le prix, nous sommes déposés devant la porte d'entrée, le chauffeur étant incrédule de ne pas nous laisser devant un hôtel.

Nous posons nos sacs à la chambre pour nous ruer au restaurant. Allez, c'est pas une victoire mais nous nous octroyons un steak-purée dans un bon établissement, mi-gênés, mi-amusés par l'odeur que nous dégageons. Et oui ! Trop faim, nous ne sommes pas passés sous la douche ! Pauvres serveurs...

 

 

 

IMGP3611 Ocshapalca et Ranrapalca Llaca

 

Grimpe à Llaca

 

IMGP3595 Ranrapalca LlacaPour la fin de ce séjour à Huaraz, nous optons pour de l'escalade. Cela nous permettra de reposer un peu nos corps avant de ré-attaquer le vélo. Trois jours plus tard, un taxi nous monte, via Marian, à la Quebrada Llaca mais nous sommes vite arrêtés par des travaux. Il nous faut redescendre à El Pinar, cité dortoir de la mine impressionante au-dessus de Huaraz, pour passer par Huanchac, Wilcahuain et rejoindre la vallée. En chemin, nous traversons le site de blocs de Cachipampa. Au IMGP3607 Ranrapalca Llacaposte de contrôle de la Quebrada, le gardien nous demande si nous restons plus d'une journée, notre ticket d'entrée du parc du Huascaranse termine le jour même. Nous lui répondons que nous descendons dans la soirée, ne voulant pas repayer cette taxe hors de prix. Au parking, nous croisons Hugo, en promenade avec sa famille.

 

La rive droite de la vallée est déjà à l'ombre et certaines cascades gèlent en partie... Les couennes (voies) ne sont que des dalles, Nico désepère et se lance dans un 5+ ("3 chapas"). Au bout de 30 minutes, il arrive tant bien que mal au dernier pas et laisse sa place à Pauline, qui ne fera pas mieux. Hugo nous rassure, pour lui le 5+ d'ici veut dire plus de 5... Ces dalles, lissées par le glacier, offrent autant d'adhérence que le parquet ciré de chez mémé et l'équipement rend leur parcours obligatoire. Nico repart en moulinette dans "Los Magnificos" (6a qui doit valoir 6c) et arrive à sortie le 5+ grâce à un câblé rassurant. Pauline se fait également plaisir dans cette longueur...

 

IMGP3625 Ocshapalca PérouNous décidons de trouver quelque chose de plus raide. Un peu plus haut, 2 couennes nous attirent. La première, "los norteños" (6a), nous brûle bien les bras. Dure la grimpe à 4500m ! Elle devrait continuer sur une seconde longueur, mais après le premier point, il n'y a plus rien, Nico tire un rappel sur un unique petit piton... La seconde couenne du secteur offre une belle escalade en petites niaquettes (ou gnakettes mais c'est le même effet, des réglettes quoi...) et placements techniques. Pauline finit la longueur sous les dernières lueurs de l'Ocshapalca (5888m) et le sublime Ranrapalca (6162m), Cette quebrada donne accès également au Wallunaraju, au Rima Rima et à l'énorme glacier qui se jette dans la lagune Llaca au fin fond d'une moraine. Nous campons au pied des voies.

 

Juste avant de s'endormir, le ronflement d'un animal se rapproche de la tente. Nous ne bougeons plus. Il semble broûtermais les hypothèses vont bon train : puma, ours ?... Nous penchons pour le second. Au bout de 30 minutes, à bout de crampes (pour ne pas faire de bruit...), nous nous décidons à identifier notre visiteur à l'aide de nos frontales. Ce n'est qu'un taureau... Nous nous endormons d'un trait, comme soulagés.

 

IMGP3623 Viscacha Llaca PérouAu matin, Pauline ne débusque pas moins de 4 viscachas dans la moraine. Dérangés, ils bondissent de rocher en rocher puis s'arrêtent et observent l'intrus. L'objectif de la journée est "Mission IMGP3656 Mission LunaticaLunatica", une grande voie de 170m, se trouvant sur l'autre rive de la vallée. 20 minutes de marche nous y amènent. Le soleil est déjà caché par les nombreux nuages. Autant il fait très bon, à ces altitudes, sous les rayons très forts, autant il fait frisquet à l'ombre et pire au vent. La première longueur est un 6a en dalle avec des passages assez fins. La suivante est un très beau dièdre en 6a avec un pas que l'on côterait un peu plus. La troisième longueur parcourt des petits ressauts en rocher cassé et en fissures, jusqu'au crux de la voie où il faut traverser à gauche sur le bord d'un surplomb aérien (6c ou 6a/A0). La sortie ne nous laisse pas sans émotion... Ainsi que le relais où des maillons sont juste pincés derrière un écrou et une petite rondelle, qui aurait pu être plus grande ! L'avant-dernière longueur est un superbe 6b, d'abord en fissure puis en réglettes athlétiques. L'ultime est une dalle en 5+. Nous descendons la voie en 3 rappels (55m, 55m, 35m). Parfois il est assez appréciable d'avoir 2x60 m de corde.

 

IMGP3658 Mission LunaticaNous sommes ravis d'avoir parcouru cette très belle voie dans ce cadre grandiose. Nous filons en direction du parking en espérant trouver une dernière voiture pour nous ramener à la ville. Seuls des taureaux y sont garés mais ne semblent pas disposés à offrir leurs services.

 

Nous nous décidons à commencer la descente sur Huaraz à pied, on a l'habitude... Seul ombre au tableau, il nous faut passer la "douane" sans nous faire amender. De plus, seule la route semble praticable et nous avons peu envie de traverser la forêt touffue avec nos gros sacs. Nous passons la frontière du parc au culot et nous sommes seulement interpellés par des "bye, bye". Il faut dire que le ticket d'entrée est de 65 soles (environ 20€) pour un mois, alors qu'il est mentionné qu'une semaine sur celui-ci, ce qui permet un sérieux quiproquo. Et de toute façon, nous n'aurions pas eu de quoi régler !

 

Nous plantons la tente en contre-bas, avant la tombée de la nuit, à côté du torrent. Pour égayer un peu la soirée, nous tentons de faire un feu qui a dû mal à prendre à cause de l'humidité environnante. A moins IMGP3624 Arbre anti-gel Llaca Pérouque ce soit à cause de cet arbre étrange... Il porte de nombreuses couches d'écorce fine, contenant de l'éthylèn-glycol, le même anti-gel que pour les radiateurs de voitures. Toujours est-il que  Nico finit par employer les grands moyens avec l'essence de notre réchaud. Quand Pauline allume le tas de bois, surpris par l'embrasement, il a un mouvement de recul. Conséquence : il enflamme la bouteille d'essence ainsi que sa main. Son souffle puissant (ouaif..), heureusement, éteint le tout. Seul sa virilité en aura pris un sacré coup avec quelques poils en moins et une petite odeur de cochon grillé ! Le peu d'essence restant nous sert quand même à cuisiner de la polenta assaisonnée d'une soupe de légumes (t'as le choix en montagne : polenta, semoule ou pâtes chinoises, aromatisées par des soupes en sachet).

 

Le lendemain, une courte balade, en suivant un canal, bordé au début par des arbustres odoriférants -ça sent un peu comme dans le Sud de notre pays- nous ramène aux ruines de Wilcahuain où nous prenons un collectivos pour Huaraz : IMGP3644 Composée Llaca Pérouseulement 2 soles / pers. au lieu de 40 soles à 2 en taxi. Le confort n'est pas le même surtout quand l'on s'entasse à 20 dans un combi qui ne comprend qu'une dizaine de places ! Le chauffeur est même arrêté car un jeune est monté sur le toit. Pas d'amende, une chance pour lui...

 

P.S. On vous met les photos dès que le PC veut bien se laisser faire !

 IMGP3610 Ranrapalca Llaca

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 21:55

Shupluy

 

Caraz - HuarazReposés de nos dernières grosses étapes à vélo, nous nous mettons en quête de cailloux et nous jetons notre dévolu sur une petite falaise située à 25km de Caraz, en direction de Huaraz (avec tous ces noms en "az", on se croirait presque dans la Yaute). Un matin de grisaille, le 1eravril, nous "déménageons" de notre campement à l'hôtel vers celui du site. Nous sommes (presque) contents de migrer à vélo (presque parce que Pauline a toujours mal aux fesses !).

 

IMGP2160 HuscaranSur la route se trouve le ville de Yungaï, amputée d'une partie de ses habitants depuis une énorme catastrophe le 31 mai 1970. Un tremblement de terre (7.8 sur Richter) a déclenché une chute de sérac du sommet du Huascaran (sommet culminant péruvien - 6768m), ce qui a enseveli 18000 personnes. Ce même tremblement de terre a fait 70000 morts dans la région d'Ancash. Heureusement ce n'est pas long et nous nous retrouvons vite au village de Shupluy, où nous nous régalons d'un almuerzo avant de monter vers la IMGP2179 Huscaranfalaise. Nous la trouvons tant bien que mal car l'accès n'est pas indiqué. Nous descendons de vélo pour prendre l'étroit sentierrejoignant le fond d'une gorge. Tout en bas coule un torrent gonflé des pluies récentes et au-delà d'un petit pont, un premiersecteur de voies. Nous plantons la tente sur une petite terrasse, abritée par un acacia. Les cascades font un bruit d'enfer et nous aurons du mal à nous entendre les jours suivants... Nous faisons le tour du propriétaire un peu en amont pour voir les deux autres secteurs mais l'autre pont a été emporté par les crues et le pied des voies se perd dans le courant : échouage de la mission de reconnaissance !

 

IMGP2191 Huscaran NorteNous nous sentons bien ici: Nous ne voyons personne, seulement une paysanne, accompagnée de ses enfants, qui cultive l'alfalfa, la plante préférée des cuys. Une averse de courte durée nous a accueilli et nous nous sommes réfugiés sous notre toit de toile pour jouer aux cartes. Au bout de quelques parties endiablées, une lueur étrange éclaire la tente, si bien que nous mettons le nez dehors. Sur l'autre versant, le Huascarans'est dégagé de sa gangue nuageuse et luit au soleil couchant : un spectacle magnifique. 78 photos plus tard (vive le numérique)... nous préparons notre tambouille avant de nous glisser dans les draps pour des discussions philosophiques. Au sujet de ce soir : existence de Dieu et réflexions sur le livre de Théodore MONOD, "le chercheur d'absolu" (avis aux amateurs, ce livre ouvre l'esprit...).

 

IMGP2239 Peña ShupluyLa nuit a séché la falaise et nous déballons les affaires de grimpe, que nous faisons sécher sur le gros rocher où est adossée la tente. Une pointe de piolet a troué le sac de la remorque et laissé l'humidité entrer. Pas de gros dégâts cependant.

Nous entamons notre séance par une série de 5+, histoire de nous remettre en forme. Puis Nico par dans un 6a, qu'il trouve bien difficile... Oups, erreur de trajectoire : c'est un 6b ! Nous enchaînons un 6a+ et un autre 6a, puis Nico fait seul un 6b. Bonne journée ! Nous profitons en soirée du même régal des yeux, avec un embrasement des deux pointes du Huascaran encore plus fort que la veille. Nico descend vite fait au village faire quelques course et tombe sur une procession (semaine sainte oblige) baladant des statues de Jésus et Marie. Le vent balaye la file et la perruque du Christ, sous les rires des jeunes et les regards catastrophés des anciens...

 

IMGP2249 Camp ShupluyLe lendemain se profile le même programme, mais Pauline se sent un peu enrhumée. Pour éviter que cela traîne, nous décidons d'écourter la journée d'escalade et il y en a un qui se sent frustré. Alors Nico part visiter une fameuse grotte du coin, à environ 1h du campement. Il coupe en longeant le torrent dans les broussailles et finit par atteindre la caverne, une pauvre ébauche de mine inexploitable à cause d'une source d'eau chaude qui s'en écoule.

 

Jour de perf ! Le 4 avril, après la pluie, le réveil est douloureux pour Nico : une épaule récalcitrante ! Mais cela ne l'empêche en rien de repartir dans les voies. Petite échauffe puis Pauline sort quasiment un 6b à vue ! Nous continuons notre séance au soleil et Nico la conclue très brillamment : il enchaîne au premier essai (après l'essai à vue) un 7a ! c'est un pré-cadeau d'anniversaire. La voie n'a pas de nom, seulement la nº2 de Shupluy, mais peu importe. Il garde un sourire ravi toute la journée.

 

 IMGP2195 Huscaran

 

L'appart

 

5 avril : bon anniversaire Nico! Petit-déjeuner avalé, nous démontons le camp et nous nous dirigeons vers Huaraz. A peine 1h se passe que nous rencontrons 2 cyclotouristes qui tracent la route ensemble depuis Trujillo. Juan, un colombien de Bogota et Unaï, un basque de Bilbao. Du coup, nous continuons en leur compagnie car ils vont aussi à Huaraz. A 4 vélos, c'est encore plus sympa ! Ce qu'il y a de drôle, c'est que les gens interpellent aussi Juan par des "gringos" ! Toute personne voyageant à vélo est un gringo !

 

IMGP2264 Unaï et JuanNous mangeons ensemble à l'entrée de la capitale régionale d'Ancash, qui compte plus de 140 000 habitants et nous nous séparons un peu plus tard, chacun cherchant un hôtel. Notre seul contact sur Huaraz, Hugo ROBIN (www.caillouaventure.com), avec qui nous avions pris contact auparavant, nous donne quelques tuyaux sur les hôtels et les courses dans la région : bien sympa aussi et puis en français... Nous partons à la recherche d'un logement. Le premier hôtel est bien trop cher pour notre bourse, alors comme nous avons entendu parler nos 2 copains cyclos, nous essayons du côté du stade où ils avaient repéré un autre plus abordable. Ce sont eux d'ailleurs qui nous ouvrent la porte du Tambo, une sorte d'auberge de jeunesse, fréquentée par des jeunes plutôt dans le style "routards". Une fois nos bagages montés, nous embarquons Unaï pour un petit "menu" (soupe+ plat), même si pour lui c'est le deuxième souper ! Après ses études d'électronique, il a fait plusieurs boulots, le dernier en Angleterre comme nounou pour enfants ! Et depuis 2 ans, il sillonne le monde, à l'instar de Phileas Fogg, notamment un long passage en Inde et au Népal, la Thaïlande, l'Australie où il a acheté son vélo, puis de Los Angeles jusqu'ici "pura bici". Il compte aller jusqu'à Ushuaïa pour passer sur le continent africain et rentrer en Espagne en vélo. Beau programme !

 

Les 2 jours suivants, nous nous attelons à trouver un appartement pour les mois d'avril et juin. Nous avons fomenté un plan : un peu de montagne, un peu de vélo puis retour dans la vallée de Callejon de Huaylas pour des sommets un peu plus élevés (depuis ça a changé plusieurs fois...). Nous avons repéré, grâce aux petites annonces de la rue Luzuriaga, une chambre avec salle de bains qui a l'air assez bien et d'un prix plus raisonnable aue les hôtels, sauf pour El Tambo car nous n'arrivons pas à en connaître le prix au mois.

 

Le premier soir, nous discutons avec un couple de toulousains, en voyage autour du monde pour 13 mois : Anne-Catherine et Samuel (www.two-autourdumonde.com), puis avec Juan le colombien. Son trip, c'est la récup' ! Tout sur son vélo, déniché on se sait où, provient du bricolage : sacoches, drapeau, porte-gourde, selle... De même, il porte des habits récupérés, transforme les briques de lait en porte-feuille... Il milite pour la non-pollution et la sauvegarde de la nature pour les générations futures. www.colombiandantes.org

IMGP2440 AppartLe deuxième soir, nous emménageons dans notre premier appartement loué en commun, juste avant un gros orage de grêle qui inonde en partie la maison, avant de retrouver nos amis pour un repas d'adieux, qui se révélera fatal...

Le 8 avril, Nico est malade. Nous n'avons heureusement pas prévu grand chose, seuleument des courses, la recherche de renseignements et un passage sur le net. Nous avons entendu grand bien d'un site d'escalade, Hatun Machay et tout nous renvoie à une unique agence : Andean Kingdom. Nous y sommes reçu par un anglophone baraqué, à l'air sûr de lui, qui nous annonce des prix hallucinants : 20 sol / personne pour le trajet, 20 sol /pers. la nuit en tente et 40 sol / pers. celle en "refuge" (paillasse et sans repas bien sûr). Plus cher qu'un hôtel ! Nous sommes écoeurés...

Un peu plus tard, nous serons renseignés sur le personnage. Il a fait main basse sur le site, profitant de la crédulité de la communauté de paysans, en leur faisant signer un contrat d'exploitation qui devait leur garantir des revenus dépendants du nombre d'entrées. Or ce nombre n'est pas précisé. De plus, pour ce faire, il a déséquipé entièrement le site pendant un hiver, alors qu'il n'en ait pas l'unique ouvreur et par là-même en a interdit l'accès aux grimpeurs. Sa dernière bévue a été d'attaquer la camionnette d'un groupe d'archéologues (ce bosquet de pierres est un des hauts sites incas de la région), à coups de hâche ! C'est même passé au journal national ! Bizarrement, sauf pour ce violent coup d'éclat, il n'est pas inquiété par les autorités... Nous sommes blasés d'en entendre autant sur lui et nous renonçons à fréquenter le site, sauf peut être une fois à la journée.

 

IMGP2295 Laguna AntacochaNous optons finalement pour la paroi d'Antacocha, équipée, entre autres, par Hugo. Encore une journée ou deux pour nous préparer... et nous retombons sur nos 2 cyclos, Unaï et Juan ! Ils ne sont pas partis la veille au matin comme prévu, car, de même que Nico, ils ont eu des problèmes de ventre... Nous prenons RDV pour une pan-cake party à l'hôtel tambo ! La conversation tourne autour de la religion, de la nourriture (bouh...), la guerre (le service militaire colombien...), la drogue (des anglais s'essaient à une décoction de champis locaux...) et surtout de la montagne. Juan a un peu grimpé mais Unaï a fait plus de choses, entre autres 3 tentatives au Cervin. Nous nous proposons de transformer son 4èmeessai avec lui à notre retour en Europe ! Il a aussi essayé la grimpe (il habite non loin du Picos de Europa), le canyoning... Encore un qui a la bougeotte ! Juan nous offre avant de nous séparer, pour de bon cette fois, un porte-monnaie de sa fabrication en brique de lait décoré d'une montagne et fermé par un élastique à cheveux, contribution d'Unaï (étrange car il n'a pas de quoi se faire des couettes...)

 

 

Antacocha

 

IMGP2269 Huamashraju Vue d'Antococha

 Nous partons en milieu de matinée pour prendre le "combi" en espérant de voir nos amis sur la route, mais le chauffeur les a croisés très tôt ce matin. Nous nous faisons déposer au pied du chemin qui monte à la lagune, chargés comme des bourriques de notre matériel de camping et de grimpe ! Nous faisons donc l'approche tranquillement, 500m de dénivelé à 3950m environ. Quel bonheur de se retrouver dans le calme de la nature ! Silence, vues somptueuses et efforts physiques, le cocktail idyllique... Nous faisons le plein d'eau à la lagune, qui se révèlera acidulée, avant de monter

IMGP2271 Cashan Vue d'Antocochaassez rapidement la tente à cause d'un orage. Nico aura juste le temps de repérer le pied des voies qu'il éclatera. Notre campement, nous l'avons installé sur la butte qui domine le petit lac, au pied d'un alpage ponctué de quelques cultures et de gros blocs détachés des falaises sous-jacentes. La flore est riche. Pendant la nuit, une grenouille s'est invitée et nous la trouvons, dormant, entre le réchaud et les gamelles. Nico descend faire le plein d'eau, mais ce coup-ci, elle est presque imbuvable, tellement elle est acide. Nous nous en contenterons pour aujourd'hui.

 

IMGP2318 Jatunllasca Vue d'AntocochaNous partons pour faire une première voie (Mallakaska) qui devrait s'enchaîner sur "Noches de Adrenalina". Les 2 premières longueurs sont en 5+. Nico commence, mais Pauline tire le mauvais numéro dans la seconde longueur, car sur 50m, il n'y a que 5 points ! Ça engage direct ! Ensuite impossible de trouver le relais de la voie suivante. Dommage ! Nous tirons un rappel et changeons de secteur. Deux personnes sont dans la "Roger-Guillen", à priori un guide et sa cliente. Nico part dans "le Duc", les premiers mètres n'étant quaiment pas équipés. Malheureusement, coup de grisou ! La pluie et un peu de grêle ! Repli stratégique jusqu'à la tente, un peu amusés par la panique de la cordée voisine. Ils ont laissé tomber les talkis-walkis et crient... Leur corde, un peu courte, ne permet pas à la fille d'être moulinée jusqu'au sol, alors le gars monte au deuxième point puis tire un rappel. va savoir pourquoi il avait gardé sur le dos son sac (de hissage, hic !), en tout cas, il le balance avant de faire son rappel (10m plus haut). Si c'est un pro (possible, il aura conservé les lunettes de soleil toute la journée), l'engagez pas !

 

IMGP2393 Sin titulo 3eme long AntocochaDe notre côté, nous attendons la fin de ce caprice céleste, bien au chaud sous notre petit abri, en grignotant des petits pains tellement secs qu'on dirait des biscottes et du fromage à l'arrière goût reblochonnesque. Nous reprenons notre ascension au bout d'une heure, Nico refait la première longueur et continue en tête dans le deuxième 5+ puis dans le 6b où il cale. Le dernier pas, 5m en-dessous du point suivant, en dalle lichenneuse, promet une chute dans une pante, type catus, aux piquants acérés ! Nous réchappons, par un pendule, dans la voie d'à côté, la "Roger-Guillen", qui sort en deux 5+, bien continus. Au sommet, Nico se fait mouliner jusqu'au pas difficile du 6b, mais ne IMGP2337 Shaqsha Vue d'Antocochapeut essayer la dernière longueur de 7a+, trop surplombante.

 

Nous rentrons par un sentier caïrné, qui chemine ensuite dans un vallon fleuri (voir album Du Vert et Des Bêtes), ramassant un fagot pour le feu du soir. Le dîner n'est pas terrible, à cause de l'eau, que nous buvons avec parcimonie, ne sachant pas ce qu'elle contient. La nuit n'est pas terrible, surtout pour Pauline. Tenaillée par la pépie, elle rêve d'une bouteille de Pepsi qu'elle a payée, mais qu'elle se fait voler !

 

 

IMGP2378 Sin titulo 2eme long AntocochaMission matinale : trouver de l'eau potable. Nico s'y colle ! Nous regardons la carte, représentant un ruisseau à 2 km. Il revient au bout d'une petite 1/2 heure, Mais comment IMGP2400 Sommet Antocochaa-t-il fait ? Bin, il y a un cours d'eau à 200/300m de la tente... Quel plaisir de retrouver le goût du chlore ! Pour notre deuxième journée de grimpe, nous faisons la "Roger-Guillen" (sin titulo, sans nom, sur le topo) : 5+, 6a et les deux 5+ d'hier. La deuxième longueur est vraiment superbe, avec quelques pas plus techniques et une vue imprenable sur le 8 d'Hugo (cotation à confirmer). Il y a de l'ambiance dans cette paroi, qui sort à 4200m environ, d'autant que c'est le parfait mirador pour observer le sud de la Cordillère Blanche : Cashan, Huatsan, Shacsha, Jatunllasca et Pongos... Nous en profitons encore un peu, le temps de rejoindre la route goudronnée, où nous attrapons de justesse un combi. Nos sacs finissent sur le toit du véhicule, comme le mouton de la campesina, balloté au gré des nids de poule. Ce voyage est plus engagé que les courses en montagne ! Nous retrouvons notre appart' avec un certain plaisir et Nico rêve déjà aux prochaines courses... D'ailleurs, nous allons rester ici avril et mai, plutôt que de faire des aller-retour peu écolo en bus...

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 18:00

IMGP1549 Plaza de armas - CajamarcaNotre séjour à Cajamarca durera 2 jours, le temps d'apprécier l'histoire et l'architecture coloniale de cette ville. Elle fut le théâtre d'un grand évènement puisque Atahualpa, le dernier empereur Inca y fut exécuté par le conquistador Francisco Pizarro malgré le versement de fortes rançons (une maison remplie d'or 2 fois). Depuis, plusieurs églises y ont été érigées, le plus ancienne datant de 1665.
IMGP1518 Cunjunto Monumental Belén XVIIIème-CajamarcaIMGP1528 Iglesia San Francisco de 1699-Cajamarca
Les secteurs économiques de cette capitale de province sont la production de bétail (1ère du pays) et les ressources minières qui débutèrent au 18èmesiècle avec l'extraction d'argent. Elles continuent, aujourd'hui, avec les mines aurifères, notamment celle de Yanacocha, la plus grande du pays mais à la mauvaise réputation ( pollution, problème sanitaire, cancers et malformations...). Nous pouvons entendre plusieurs fois dans la journée les détonations de celles-ci.


Nous profitons également de notre passage dans les grandes villes pour trouver ce qui nous fait défaut, des manchons en mousse pour soulager la paume des mains sur le guidon, une chambre à air (avec une valve du bon calibre !), des denrées alimentaires plus variées, un bandana orange (hommage à la DDE) pour Pauline et un T-shirt à manches courtes et des claquettes pour Nico que vous apercevrez sur les prochaines photos.


Cajamarca---Huamachuco.JPGIMGP1551 Ventanillas d'OtuzcoQuittant notre auberge de jeunesse, nous prenons la direction d'Otuzco et de ses Ventanillas. Ces niches servaient de nécropoles ; les cimetières actuels sont élaborés avec la même architecture mais en béton. Nous continuons en direction de Combayo pour escalader la falaise de Chicche. Malheureusement elle est détériorée (points manquants, proximité de la route, poussières...), nous montons donc notre campement un peu plus en amont pour profiter du paysage riche en couleurs.


Rencontre avec un paysan du village, qui profite lui aussi de la beauté de son pays et s'arrête un bon moment pour regarder le jeu du soleil et des nuages.


IMGP1571 Chicche (ou Chipche)IMGP1628 Campement de La ColpaL'étape suivante nous fait parcourir un très joli plateau situé à plus de 3000m pour descendre sur Encañada puis Baños del Inca où s'y trouvent des eaux chaudes thermales. Nous ne désespérons pas de grimper et nous rejoignons le site de blocs situé au-dessus du village touristique de la Colpa. L'endroit est peuplé de chinchillas que nous n'apercevrons pas. Ils se planquent, peur des gringos ? Par contre, Pauline découvre un scorpion en récupérant une pierre pour s'asseoir. La prochaine fois, elle fera ce geste moins innocemment.


IMGP1626 Arc en ciel - La ColpaIMGP1648 Bloc La ColpaNous passons 2 jours paisibles dans ce lieu sauvage avec seulement comme ennemies "las moscas" (mouches piquantes) qui nous assaillent dès les premiers rayons du soleil, et comme amis les enfants bergers du coin. Ils se promènent dans leur petit monde, accompagnés de leurs moutons, chèvres, taureaux ou ânes. La venue de 2 étrangers est sûrement un évènement pour eux. Passé le cap de la timidité, Pauline commence à sympatiser avec eux, Nico préférant s'user la peau des doigts et les chaussons tant qu'il peut.

IMGP1740 Vue de la vallée de Cajamarca - Abra El GavilanAprès ces 5 jours dans la vallée de Cajamarca, nous reprenons la route du sud vers Cajabamba. Une première côte nous fait passer à côté de l'usine de déchets solides de la mine de Yanacocha, puis nous oscillons dans des paysages plutôt secs mais aux reliefs et aux couleurs apaisants. La terre est souvent rouge ce qui contraste avec la verdure de la couverture végétale. En fin de journée, nous plongeons sur la ville de San Marcos où retrouvons un peu le climat du nord du Pérou (entre San Ignacio et Jaen). Flore plus luxuriante avec bananiers, huabassiers...


IMGP1797 Campement MarcabalLe lendemain, toujours plus au sud et pour ne pas changer nous attaquons par une montée. La route est en moins bon état mais encore en asphalte. Passé le col, nous abandonnons las moscas à notre grand soulagement. Nous suivons le Río Crisnejas, les gens sont assez accueillants dans l'ensemble et répondent à nos bonjours. Cette vallée n'est pas bien desservie en électricité mais propose les meilleurs cuys du pays ! Des enfants sortent de l'école, ils ont classe de 7h à 13h, ils ont repris les cours depuis 1 semaine après les grandes vacances d'été. Richard et Reina nous accompagnent sur leur chemin de retour. Dans la montée de Cajabamba, nous trouvons un endroit pour camper à la confluence de 2 torrents, plus en amont une cascade jaillit entre deux falaises.

IMGP1807 Bergère MarcabalLa pluie de l'aube nous retarde, il est plus dur de se motiver à partir. La ville de Cajabamba est vite atteinte. Les banlieues de ces bourgades de campagne sont rarement agréables alors que leur centre réserve des surprises avec des rues étroites, des maisons à balcons en bois et des places toujours bien entretenues. Nico fait les courses et craque : il achète 1kg de chocolisto (chocolat en poudre).IMGP1821 Marcabal






Comme promis la route vers Huamachuco est en terre et avec la pluie du matin, certaines parties sont encore en boue sablonneuse ce qui encrasse énormément le pédalier de Pauline à cause d'un garde-boue défectueux que nous améliorerons dans la soirée. Ces flancs de montagne sont assez peuplés, nous ne faisons pas 200m sans passer près d'une maison. De temps en temps un village apparaît. La vue est encore plus riche en couleurs que les jours précédents. Les habitations sont en pisés rouges avec des toits en tuile style provençale. De petits ruisseaux jaillissent dans chaque creux de quebradas (petits vallons). Les cultures sont de maïs (en cette période chaude et arrosée qu'est l'été péruvien), de patates ou de blé et nous apercevons fréquemment le paysan labourer son champ au soc tiré par 2 gros taureaux. Cette région nous enchante.
IMGP1821 MarcabalEn fin de journée, nous ne dérogeons pas au rituel de la recherche de l'emplacement pour le tente. Notre première tentative tombe à l'eau, nos interlocuteurs sont "défoncés" à la coca et ils nous parlent en même temps en nous indiquant des lieux peu commodes... Depuis San Marcos, la plupart des homme chique et ils semblent être dans un état second tout en restant assez gentils voir trop aimables. Heureusement une famille nous accueille et nous propose de poser notre tente derrière leur maison. Ils nous offrent de belles pommes de terre que nous cuisinons pour notre dîner.

IMGP1835 Descente vers la lagune SausacochaLe réveil est un peu pénible avec le chant du coq qui commence à 4h du matin à 2 mètres de nos oreilles, pour finir vers 6h... Nous évoluons toujours dans ces montagnes très souvent ornées de plantations d'eucalyptus, source de bois de chauffage très rapide à renouveler mais malheureusement cela appauvrit énormément les sols. Une descente nous amène à la lagune Sausacocha ("lagune qui ne sèche pas" en quechua) où nous prenons une belle saucée au passage avant d'arriver à Huamachuco par des routes raides et chaotiques. La ville semble assez touristique avec des sites archéologiques non loin comme Markahuamachuco et Wiracochapampa. Nous mettons quasiment 2h à trouver un hôtel abordable avant de pouvoir nous reposer. Le soleil est très vif par ici, ce qui accentue notre déshydratation causée également par l'altitude.
Demain nous permettra de choisir notre prochain itinéraire en prenant conseil auprès de la police. Les dernières informations que nous avons eu mentionnent des problèmes de viabilité des routes dans les campagnes avant Huaraz.
IMGP1826 Famille péruvienneIMGP1827 Famille péruvienne

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 21:38

A quelques 40 km à l'est de Quito, sur la transcocéanique, se trouve le village de Sigsipamba. Nous l'avons atteint après une journé de vélo, en plein cagnard, ce qui aura valu à Nico une bonne insolation ( et une journée de repos obligatoire !).
Nous avons trouvé à loger entre deux maisons, au bas du village. José Manuel nous a gentillement laissé squatté entre le poulailler et le champ de papas ( =patates). Du coup, nous avons rencontré sa famille, car tous ses frères et soeurs vivent dans le même village et sa soeur ainée, Mamines, et son beau-frère Oxebio, paraplégique suite à un accident, dans la maison d'en face. Ils sont étonnés par le réchaud à essence et surtout par le prix de la tente !
Le lendemain, remis de son coup de chaleur, nous partons grimper. La falaise fait une petite trentaine de mètres, et c'est ...payant : 1$ pour les équatoriens, 2 pour les gringos ! Le caillou, bien que poussièreux, est sympa . Une roche volcanique, ça change de d'habitude ! Comme c'est samedi, le site est un peu fréquenté, par des jeunes de Quito surtout. Les voies côtent dur... Un 5, deux 6a+ et ça grimpe jusqu'au 8 ! Le coin est agréable, le vent rendrait presque le soleil supportable, mais nous sommes attaqués par des mouches piquantes...
Le lendemain, nous reprenont la route en direction de Papallacta, un col au pied de l'Antisana, pour traverser ensuite dans une zone montagneuse moins fréquentée par les camions que la transocéanique. Nous dormirons dans un village, à côté de la maison communale en construction. Les gens remontent de la ville où ils ont été faire leurs courses, et se rassemblent pour jouer au volley ou au foot. Certains se déplacent à cheval, beaucoup à pied. La population est majoritairement agraire, et donc, plutôt pauvre.
Nous redescendons après la nuit sur la Pana (-méricaine), avec un arrêt le long d'un canal pour nos ablutions, qui ne sont pas quotidiennes... Nous nous faisons surprendre par l'orage au croisement avec la route de Pintag, qui monte vers la réserve écologique de l'Antisana. Nous atterissons dans un "hôtel", en fait dans un appartement où la propriétaire loue certaines chambres aux touristes : la bien nommée auberge Antisana... Nous séchons....

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 17:16

Une petite envie de grimpe, pourquoi pas essayer les belles falaises qui surplombent la vallée de l'Arve ?

Alors, le samedi, nous filons pour Balme  : la classique du coin nous appelle. Le Vieux Montagnard nous réserve quelques surprises... L'approche est courte, nous sommes vite au pied de la voie. Nous partons confiants : le premier 6a se passe bien, dans les gouttes d'eau, un peu technique et abrasif... Suit un dièdre "à l'ancienne" : il faut un peu zigzaguer et sortir son crochetage de racine ! Pour L3, le début se passe assez bien mais l'espacement des points n'incite pas à la chute. Heureusement, la difficulté est bien protégée (et permet accessoirement à Pauline de passer au tire-clou). Nico s'engage dans le surplomb suivant : seulement c'est pas à droite qu'il faut sortir, mais à gauche !!! Du coup, il y laisse quelques plumes... La suite est un peu moins physique, plus dans le placement de pied, sauf le pas teigneux de la fin : une sorte de colonnette qui sauve la mise. La descente se fait assez rapidement en rappel.
Le temps de rejoindre la voiture et le ciel commence à larguer ses humeurs...
Pour notre recherche de matériel, nous filons à Genève, voir si ils ont des articles intéressants, mais le magasin convoité est fermé à partir de 16 heures le samedi. Tant pis : nous nous vengeons sur les yaourts et le chocolat suisse... Nous regagnons le Chablais pour trouver un squat. Ce sera Saint Sigismond, tout au sommet. Nous faisons notre popote sur le banc du foyer de ski de fond devant les mômes du coin qui ne veulent pas rentrer chez eux, malgré les protestations maternelles. Le repas est un peu arrosé (14,5° !) et relevé par les poulpes marinières, puisque nous avons oublié le sacro-saint fromage...
Une nuit lourde, humide, nous laisse tout juste reposé. Nico a fait de drôles de rêves, où il finit en BASE avec son frère !
Le p'tit déj' est vite avalé pour repartir vers Indiana Jaune, à la Maladière.
Nous partons dans la forêt, qui a revêtu son habit d'automne. Après une courte marche, ponctuée de petits panneaux jaunes "tropiques", nous atteignons les rappels de la dite voie. C'est le grand plongeon : cinq jets de corde. Nous commençons de la tirer, au quatrième rappel, elle se coince au milieu ! Le coup de flip' !!! Nous essayons toutes les feintes, elle ne veut plus bouger. Nous échafaudons déjà des plans pour la récupérer (aller à Annecy pour prendre une autre corde, remonter par le 7b sur un brin...) quand elle se détache presque toute seule... Sauvés !
Le pied de la voie se gagne sans soucis. Le nom est même marqué sur le caillou. L'ascension attaque fort avec un 6b pour échauffe... De toute façon la suite, c'est 6b+, deux fois... Nico est content : il enchaîne la troisième longueur. Les prises ne sont pas difficiles à choisir, quoi qu'elles soient tellement peuffées que ce ne sont pas toujours les bonnes... L6 est engagée : seulement quatre points... La suite est assez bien équipée, avec un passage un peu compliqué en L8 : Nico tente vainement de passer entre deux blocs. Il a beau enlever le casque, dégager les baskets qui pendent au baudard, rien n'y fait ! Il faut sortir dans le gaz pour passer... Le dernier 6b n'est pas vilain non plus, avec deux réta' techniques.
Nous rentrons bien fatigués mais heureux d'avoir sorti ce "petit" morceau de rocher jaune.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 20:43

Avec trois jours, nous avions un grand week-end, nous en avons profité pour faire un tour dans le Sud de la France pour prendre le soleil. Et nous avons eu de la chance, car il était au rendez-vous.
Le vendredi soir, nous débarquons à Marseille, avec nos gros sabots, euh, nos gros chaussons... Les routes sont coupées sous peine d'amende (135 €, c'est dissuasif), sauf celle de Morgiou, la dernière que nous ayons testée, forcément ! Après une balade au clair de lune à la recherche d'une plage de sable, nous finissons sur un parking, car en lieu et place du sable, nous ne trouverons que des galets... Courte nuit et prompt réveil, puisque la menace des 135 € plane toujours au-dessus de nos duvets !

Le p'tit déj' sur le port de Morgiou est bien agréable.

Nous trouvons ensuite une falaise à l'ombre, bien sympa vu la température étouffante. Un brin d'air nous pousserait presque à mettre notre pull !
Nous testons une voie classique : Le dièdre du Renard, ouvert en 1942 par le fameux Livanos (5b deux longueurs et une de 6a). Les deux premières longueurs sont un peu patinées à cause de son succès.
Nous enchaînons par deux voies de deux longueurs : Violences Passagères ( 6c, 6c) et ... Une belle vue sur la Candelle agrémente l'escalade technique et pas si facile.

Nous sommes bien tranquilles jusqu'au débarquement d'une collective, qui squatte méchamment les lieux. Du coup, nous descendons jusqu'à la mer, juste bonne. L'eau est limpide, un régal...

Nous cherchons un endroit où passer la nuit et nous finissons dans une forêt de pin. Une bonne nuit... mais un réveil en fanfare : c'est l'ouverture de la chasse !



Nous ne nous pressons pas pour aller grimper le deuxième jour, à cause du soleil quelque peu agressif.
Farniente sur la plage de galets, mais attaqués par les moustiques, nombreux et virulents, bons bouquins et un p'tit saut dans l'eau du haut de la falaise ( 8 à 13 mètres).


Vers 18h, nous attaquons Sound Patrol, dans le socle de la Candelle. Une belle voie, surtout la troisième longueur, sur le fil du pilier, en beau rocher.



La dernière en 6a+ n'est pas mal non plus, bien continue.


Nous tirons les rappels juste avant la tombée de la nuit et nous rentrons à la lueur des frontales, puis à celle de la lune qui se lève.



Désertés par les randonneurs, nous débusquons le long des sentiers paisibles, une fouine qui s'enfuit à toutes pattes.





Le lendemain, nous sommes obligés de nous reposer, suite à une douleur à l'épaule de Nico. Du coup, nous reprenons notre lecture, après une belle balade jusqu'à la calanque d'En Vau, où l'eau turquoise invite à l'exploration des fonds marins.







C'est déjà lundi,  nous avons profité d'une journée supplémentaire de répit avant les turpitudes du boulot mais nous devons remonter le soir dans notre Haute-Savoie.

Nous passons devant la Sainte Victoire dont le caillou blanc appelle à la grimpe lui aussi.

La transition est difficile puisque nous perdons une bonne vingtaine de degrés en quelques heures !

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 17:34

Avant de reprendre le boulot, nous nous sommes dit qu'il fallait finir en beauté nos vacances... Direction le granit de Chamonix... Nous avons fait les fainéants : nous sommes partis tard, pour arriver à 13 h au pied de la voie. Le rocher est magnifique, dans les tons orangés.  Une cordée de deux autrichiens nous précèdent. Ils reviennent de la Walker aux Grandes Jorasses, sortie dans la journée. Ils sont partis sans topo et nous demandent le nôtre. Visiblement, le premier n'est pas dans la bonne direction mais ils continuent droit au-dessus : "c'est pas grave ! ".
Nous, nous suivons scrupuleusement (!) le bon itinéraire, de beaux passages, en dalle et fissure.
Le temps est mitigé : le brouillard nous poursuit et le soleil se fait rare. Nous mettrons même le pull lorsque nous arriverons au sommet !
Les rappels sont vite tirés et nous retrouvons le plancher des vaches, lorsque le soleil apparaît.

Nico débusque une jeune marmotte au détour du chemin qui se planque vite sous un rocher et nous faisons une halte au lac bleu pour une courte baignade. L'eau est fraîche, mais ça fait du bien. Nous avions prévu notre coup. Il ne nous reste que la popotte à réchauffer, puisque nous avons monté notre tente au passage ce matin, avec la couette (c'est beau, les remontées mécaniques !).
Encore une journée trop vite p
assée...

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