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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 00:57

IMGP0913 Oña - Saraguro
Nous faisons nos adieux à Pablo le lundi 18 janvier pour prendre la direction de Cuenca. Il fait beau, nous refaisons rapidement le chemin parcouru quelques jours plus tôt, le long du Paute, fleuve boueux. Nous passons devant la fabrique de Zuhmir, rhum local, et devant de grandes serres de fleurs qui embaument l'air. Y est employée une main d'oeuvre essentiellement péruvienne. C'est très agréable de rouler par ce climat, ni trop chaud, ni trop froid. Du coup, nous arrivons rapidement à Cuenca, ville culturelle.
Nous nous installons a l'hôtel Pichincha, vétuste mais très propre. Le sommier en ferraille est consolidé par de grands cartons... S'en suit une balade dans la cité, à la recherche de notre pitance : brochettes et glace énorme.
Le lendemain, nous avions prévu de reprendre les vélos après un tour à la cathédrale. Mais voila, le temps d'aller chercher le linge déposé à la blanchisserie, Pauline est rattrapée par la fièvre : angine... Hésitations, nous commencons à être pressés par le temps imparti du visa. Impossible de rouler aujourd'hui, Pauline se recouche... Nico joue le garde-malade.
Le soir, nous sortons faire un tour et nous découvrons le marché artisanal. Puis nous nous arrêtons devant un panneau : "camembert pané " ! C'est un compatriote qui tient un café sur la place principale... Nous y mangeons un croque-madame.
Mercredi, pas d'amélioration, fièvre tenace. Nico part à la recherche de jus d'orange pour les vitamines. Journée lecture dans la chambre d'hôtel,frustrant de ne pas pouvoir bouger...
Pour finir, nous arrivons à partir grâce au cocktail paracetamol-aspirine. Comme d'habitude, la sortie de la ville, c'est un col ! La route grimpe fort, les camions sont en 2ème, nous en 1ère... Nous dépassons le bourg de Cumbe et continuons notre ascension un moment, pour trouver un recoin derrière une butte.
IMGP0879 Cuenca - Oña
Nico se fait "bouffer" par les moustiques pendant la séance cuisine. Même la pluie ne les chasse pas.

Le matin, il ne nous reste que 5 km de côte avant le col, une fois la bouillie avoine-chocolat-banane avalée. Nous traversons un plateau boisé, ciel couvert.
La route n'est pas fréquentée. Par contre, certaines parties sont en travaux, réduisant le bitume à une "média via", voie unique. La circulation reste identique pour autant : ni alternée ni moins rapide. Les camions pilent face à face ou face à nous... Du coup, nous empruntons la voie en construction !!!


Une fois les hauteurs traversées, nous plongeons en direction d'un fond de vallée : végétation tropicale... Acacias ou mimosas, bananiers et des nuées de mouches piquantes... IMGP0891 Acacias Cartagena

En demandant la permission de dormir sur un terrain près de la rivière, la propriétaire nous invite à nous installer devant la maison dans l'herbe grasse. Très sympa, mis à part les chiens qui, peureux, aboient toute la soirée après la tente.
Il fait déjà chaud quand nous partons en direction du prochain village : Oña.
A midi, nous y sommes, sous une chaleur torride. Nico calcule : nous faisons du 5km/h en montée. Malheureusement nous ne sommes pas au bout de nos peines : il nous reste une quinzaine de km à gravir pour atteindre la haute plaine suivante, qui a un petit air de Vosges avec ses plantations de pins.
Une petite route nous mène au champ ou nous plantons la tente. C'est calme et sans bête qui pique...

Nous traversons le plateau en direction de Saraguro, célèbre pour son fromage et sa population indigène : hommes et femmes tressés et chapeautés de feutres noirs. Nous pédalons pour fuir cet endroit aux gens à l'air malsain et amorçons notre descente vers Loja. 

A San Lucas, nous nous engageons sur l'ancienne route, conseillée par notre hôte de l'avant-veille. Nous sommes surpris de rencontrer sur cette route en terre notre 1er bikeur ! Un Norégien de 43 ans, parlant seulement anglais. Gymnastique mentale pour changer de langue... Il a une jante fendue et pousse son vélo depuis 15 km car il ne peut rouler que sur le bitume. Nous décidons de passer la nuit au même campement. Une 1ère fois refoulés par un propriétaire peu conciliant, nous élisons domicile au bord du torrent, après l'avoir fait traverser à nos montures.
Anders le norvégien ne mange pas le soir, sauf du pain. Il a abandonné son réchaud rapidement car il n'aime pas faire la cuisine pour lui seul. Il a commencé son tour en Europe, est passé par Bangkok puis a atterri à Buenos Aires il y a 3 mois. Il enquille les km, les phrases aussi. Il parle avidement pour rattrapper les longs silences de ses journées. Il ne connaît rien à l'espagnol, d'où la logorrhée quand il rencontre des étrangers.
IMGP0920 Anders le norvégien - San LucasAu petit déjeuner, c'est reparti ! Nous finirons par le quitter vers 13h, sans avoir pu en placer une... Suivant la vallée qui va en s'encaissant, nous retrouvons un autre cours d'eau aux odeurs de Loja, que nous remontons jusqu'à déboucher dans les faubourgs de la ville.
Nous appelons Véronica, une amie de Pablo, pour trouver un toit pour la nuit. Elle est encore au travail, donc nous déposons nos affaires à son bureau pour faire un tour en ville. Plus tard, elle nous emmène à la maison familiale, où nous sommes accueillis par Luis et Laura, ses parents. La nuit tombée, le père nous balade en voiture de point de vue en mirador pour nous montrer les lumières de la ville. Nous compléterons notre visite demain. Cette ville, quoiqu'ancienne, n'a pas le charme de Cuenca. Quelques églises et bâtiments de style colonial, rien de plus. Nous nous goinfrons un peu de gâteaux, pour récupérer les calories perdues pendant les heures de pédalage. Pas une très bonne idée : Pauline prend ses appartements dans la salle de bains. A moins que ce ne soit le verre digestif (!) d'alcool de coco, ou baignaient quelques fourmis ?
Nous trainons jusqu'à midi chez les Gonzalez, avant de rejoindre discrètement l'hôtel mexicain en ville. Soirée mexicaine d'ailleurs, car nous mangerons dans un restau des buritos et des tacos. Ça change du riz-poulet...
La nuit, réparatrice, nous renvoie sur nos vélos. Il ne nous reste que trop peu de jours pour sortir du pays., surtout si nous voulons grimper à Cariamanga. Dans la journée, d'abord sous la pluie, puis sous la grisaille, nous avalons les 45 km jusqu'à Vilcabamba, ville où il y a le plus de centenaires au monde. Nous mangeons sur la place du village et attirés par des sonorités connues, nous faisons la rencontre de Rom' (Romain), qui tient un restau sur la même place : El otro lado (l'autre côté). ET IL FAIT DU PAIN !!!!!
Nous mangeons chez lui le soir et nous discutons bien. Cela fait 14 ans qu'il vit en Amérique du Sud, marseillais d'origine et chamoniard d'adoption... Bon feeling et bonne soirée... Nous reviendrons...

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Published by Nikopol - dans vélo
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commentaires

DAVID 03/03/2011 13:36



Bonjour,


c'est avec plaisir que je lis vos aventures ,de plus je vois que vous avez fait la connaissance de Romain (le restaurateur )qui est un ami d'enfance .


Bonnes continuations


DAVID



Nikopol 03/08/2011 17:42



Salut David,


Nous ne regardons plus le blog très régulièrement, mais c'est sympa de voir qu'il continue à vivre...


Va-tu voir Rom un de ces jours ?


A +



Odinius 12/02/2010 10:39


Un petit bonjour de France, je regarde votre blog, en fait je suis abonné depuis notre mail sur la popoote Evernew.
J'espère que vous en êtes satisfait, comme je le suis.
Bonne route à vous deux.


Nikopol 12/02/2010 23:44


Merci Odinius !
Pas eu de soucis avec la popotte : elle est très bien et se nettoye facilement. Seul le revêtement intérieur part un peu avec le frottage...
As-tu des projets de voyage de ton côté ?


arlette 07/02/2010 13:28


Voilà quelques pages très denses, rencontres, maladie, vélo etc...
Je suis votre trajet avec les noms que vous indiquez cela permet de voir votre progression et de situer les villes et avoir quelques renseignements sur ces contrées lointaines.  
Je vous envoi un message pour les nouvelles d'ici.
 


Nikopol 11/02/2010 22:19


Coucou Maman !
Le prochain arrêt sera Jaen si tu veux voir sur la carte. Sinon, l'objectif est Cajamarca via Chachapoyas. Nous devrions trouver sur le chemin de nombreux vestiges incas.
Bisous


anna 04/02/2010 14:45



Hola los atletas!!
feliz de leer sus historias plenas de anécdotas
espero que usted llegue a su objectivo antes de la espiracion de su visados
buen coraje
besitos
anna!!

 



Nikopol 11/02/2010 22:15


Hola Chica !
Gracias por escribir a nos !
Mission especiale accomplida ! Estamos en Peru ahora et descansamos un poco...
Suerte et hasta lueguito !
Besitos
Paolina!